Au cours d'un point de presse tenu hier, l'Intersyndicale a dévoilé les propositions qu'elle a faites à l'Etat pour faire face à son besoin pressant d'argent « sans brader l'entreprise ».
Les travailleurs de la Sonatel ont proposé à l'Etat de faire porter par une banque régionale (Boad, Bad, etc.), les 9,87 % des actions qu'il compte céder à France Télécom. En contre partie, celle-ci mettrait à sa disposition l'équivalent du produit des ventes du bloc d'actions. Ensuite, la banque porteuse organiserait, dans le cadre d'une offre publique de vente encadrée, une cession de ces actions en faveur des investisseurs sénégalais et ouest africains, avec une priorité pour le secteur privé national.
Une fois le besoin en argent de l'Etat réglé, ces travailleurs ont aussi proposé à l'Etat de redéfinir le pacte d'actionnariat le liant à France Télécom qui éviterait à l'entreprise de revivre l'épisode qu'elle traverse actuellement. Ils ont soutenu que ce changement garantirait « le fonctionnement optimal de l'entreprise au profit de toutes les parties ». Dans ce nouveau pacte, ils préconisent que France Télécom demeure un partenaire stratégique, mais sans dépasser le seuil des 42,33 % des actions qu'elle détient actuellement. « L'Etat doit préserver dans le capital de la Sonatel un seuil critique, c'est-à-dire ne pas descendre en deçà des 17 % après cette opération de vente qui est déjà parmi les plus bas au monde (..) », ont-ils affirmé. De même, l'Etat est invité à s'impliquer dans la gestion de la société.
Toujours dans un souci d'une meilleure gestion de l'entreprise, les travailleurs ont préconisé la mise en place d'un « pacte de bonne gouvernance » avec un rôle plus important du Conseil d'administration. « Il est fondamental de supprimer, pour le groupe Sonatel, tout lien avec le comité d'investissement en réaffirmant le rôle moteur du Conseil d'administration qui doit être le seul organe suprême de gestion chargé de déterminer les orientations de l'activité et de veiller à leur mise en oeuvre », a plaidé Ousmane Ndiaye. De l'avis de ces travailleurs, une telle mesure aiderait à la « définition d'une ambition orientée vers la croissance externe ». Leur ambition est de faire de Sonatel un « champion des télécommunications.
Les négociations entre l'Etat et les travailleurs se poursuivent. Hier, à 18 heures, les deux parties devaient se retrouver à nouveau pour discuter. Seulement, les travailleurs regroupés en intersyndicale veulent des assurances quant à l'abandon de la piste France Télécom. Aussi ont-ils déploré le jeu de yo-yo. « L'Etat entretien le flou quant à la piste France Télécom et nous voulons être rassurés sur ce point. »

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