Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Opération « Kimia II »

Kinshasa — Peu avant le déclenchement de l'opération «Kimia II» au Sud-Kivu, le secrétaire général adjoint des Nations unies et Coordonnateur des secours d'urgence, John Holmes, a demandé au gouvernement congolais, d'assurer la protection des civils.

Depuis New York, il a averti que des centaines de milliers de personnes au Sud-Kivu, encourent le risque de nouveaux déplacements et d'abus à cause de nouveaux conflits. Dans un communiqué, ce haut fonctionnaire des Nations unies a précisé que «ces personnes, qui ont déjà été maintes fois victimes de violence dans la région, font de nouveau face à la terreur et à l'insécurité».

M. Holmes a souligné que «dans l'éventualité d'une intensification des combats entre les forces gouvernementales et les groupes armés dans les semaines à venir, tous les groupes armés dans le Sud-Kivu doivent avoir comme principale priorité la protection des civils et de leurs moyens de subsistance. Ils doivent aussi garantir et faciliter l'accès inconditionnel des humanitaires aux populations affectées».

Depuis le début de l'année, on estime qu'environ 100.000 personnes ont été déplacées dans le Sud-Kivu, fuyant les attaques de milices contre leurs communautés et se déplaçant pour protéger leurs familles contre la menace de violences. Les tensions dans la province ont augmenté dans la perspective de nouvelles opérations planifiées par l'armée congolaise contre les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR).

Cas dénoncés

Dans les zones où sont basées les FDLR, les attaques et les menaces contre les civils ont dramatiquement augmenté ces dernières semaines. Dans les localités de Kachiri et Rumondo, plus d'une douzaine de villages ont été pillés et des centaines de maisons incendiées.

Sur l'axe Kigulube - Bulungu, dans l'Est du territoire de Shabunda, des groupes de FDLR utilisent la violence et l'intimidation afin de forcer la population à leur fournir de la nourriture. Sans accès à leurs champs, et victime de vol de ses récoltes, la population risque de subir une sévère crise alimentaire, notamment sur l'axe Bunyakiri - Hombo, dans le territoire de Kalehe.

De façon alarmante, le nombre de cas de viol est de nouveau à la hausse ces dernières semaines dans les zones sous contrôle aussi bien des FDLR que de l'armée congolaise, les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Des femmes et des filles sont à la merci de groupes connus pour leur utilisation systématique.

A Shabunda, quatre cas de viol et dix incidents d'extorsions par des soldats gouvernementaux ont été rapportés sur une période de quatre jours seulement. Autour de Hombo, dans le territoire de Kalehe, des troupes gouvernementales ont chassé les populations de plusieurs petits villages afin d'occuper leurs maisons. Avant de déclarer: «Nous condamnons ces attaques épouvantables contre les civils dans les termes les plus forts. Les auteurs des violations du droit international humanitaire auront à répondre de leurs crimes ».


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