Le Sénégal va accueillir le 3e Festival mondial des Arts nègres, du 1er au 14 décembre 2009. Le coordonnateur général, Alioune Badara Bèye, estime qu'au-delà des retombées économiques, ce festival est une confirmation de l'Art nègre face à la mondialisation, pour la renaissance africaine.
Organisation du Fesman III
« Il est important d'expliquer comment fonctionnent nos structures. La mobilisation intellectuelle, la préparation des colloques, la mise en place du jury, la programmation des manifestations et les concours sont des missions confiées à la coordination générale que je dirige. La dernière réunion du comité d'organisation a mis en place tous les comités. Il y a eu deux pré-colloques qui se sont tenus à Rabat et à Bamako. Le comité scientifique est présidé par Théophile Obenga et le président d'honneur est le professeur Iba Der Thiam. Dix thèmes sont déjà retenus, dont deux sous-thèmes : la problématique de la résistance africaine et l'apport de l'Homme noir dans la science et dans la technologie. Ces deux points, proposés par le président de la République, Me Abdoulaye Wade, ont été défendus par le professeur Thiam à Rabat. Ils ont été acceptés par acclamation par le comité scientifique. Le rapporteur général de ce comité est le professeur Mary Tew Niane, recteur de l'université Gaston Berger de Saint-Louis. Nous avons identifié trente communicateurs pour le colloque et quarante autres font l'objet d'un appel. Toutes les communications seront prêtes au mois de juillet de 2009 et nous aurons six mois pour faire la programmation. Un symposium se tiendra sur la problématique de la résistance africaine. La coordination générale s'occupe aussi de la mobilisation et nous avons organisé avec succès des lancements aux Etats-Unis et en Ethiopie. Un autre se tiendra le 25 mai prochain au Brésil, sans oublier ce que nous allons faire à Berlin et en Italie. Nous avons également sillonné toute l'Afrique de l'Ouest avec l'ex-ministre de la Culture, Mame Birame Diouf. Les régions d'Afrique de l'Est et Centrale seront visitées sans oublier les Caraïbes. Rappelons que le Brésil est l'invité d'honneur du Fesman III. Au Sénégal, la commission nationale s'occupe de la bonne participation de notre pays et elle a huit mois pour cela. Le troisième volet est relatif à la production déléguée qui s'occupe de l'organisation matérielle du festival et c'est la structure Médiatique Events qui s'acquitte de cette tâche ».
La sélection des participants
« Ce sont les Etats qui composent leur délégation. Il y a déjà 53 pays qui ont confirmé leur participation. Par ailleurs, le président de la République a souhaité qu'il n'y ait pas d'exclusion. Le ministère de la Culture et la coordination générale ont le loisir d'inviter toutes les sommités qui peuvent contribuer au succès du Fesman III. Il y a aussi des invités spéciaux du chef de l'Etat. Le comité de sélection se réunit au mois de juin pour faire des propositions de sélection ».
La communication
« Le comité international de la communication est présidé par Mactar Sylla, l'ancien directeur général de la RTS. Au niveau de la coordination générale, nous avons une commission communication. La grande campagne de médiatisation a commencé en ce mois de mai et nous avons de nombreuses propositions de sponsorisation à travers le monde. La communication est au coeur de nos préoccupations pour l'atteinte de nos objectifs et la diaspora sera très bien représentée ».
Acteurs nationaux
« Toutes les associations sont impliquées. Et il faut préciser que ce n'est pas un festival sénégalo-sénégalais, mais un événement mondial. Il appartient aux gens d'aller s'inscrire dans les différentes commissions. S'ils ont des projets, qu'ils les soumettent à la commission nationale. On ne peut pas sélectionner tout le monde, mais les meilleurs seront retenus pour une participation digne du Sénégal ».
Impact économique
« Plus de 200 000 personnes sont attendues. Les retombées sont énormes pour le Sénégal. Les acteurs culturels pourront saisir toutes les opportunités qui s'offriront à eux lors du Fesman III. La sponsorisation va largement alléger le coup d'organisation. De nombreuses infrastructures seront réalisées. Le Théâtre national Daniel Sorano, le CICES, les centres culturels Daniel Brothier, Léopold Sédar Senghor ainsi que de nombreux autres sites seront réhabilités. Il est même prévu l'implantation d'un théâtre pluridisciplinaire dans chaque capitale régionale qui vont bénéficier aux populations après le festival. Vous imaginez donc l'impact économique de cet événement ».
Fesman de 1966 et de 2009
« Amadou Lamine Sall (poète et directeur de la Maison africaine de la poésie, ndr) ne connaît rien du festival de 1966. C'est ridicule de ne pas parler de ce qui s'est passé en 1966 et 1977, ne serait ce que pour ne pas faire les mêmes choses et pour souligner les innovations. En 1966, le festival s'était arrêté à Dakar et les régions n'étaient pas impliquées. A l'époque, seuls 30 pays étaient présents à Dakar alors que nous en attendons 80 pour l'édition de 2009. Le Fesman III est ouvert aux grandes fondations et aux collectivités territoriales. En 1966, il y avait 103 organes de presse dont 25 du continent africain. Cette fois-ci, nous attendons 1500 organes de presse. Il n'y avait pas de télévision en 1966 et aujourd'hui l'événement sera retransmis en mondovision sur 500 chaînes. En 1966, le Sénégal avait pris en charge 1200 participants et ils seront 6000 cette année. Sur le plan intellectuel, le colloque dont-il (Amadou Lamine Sall) parle s'était déroulé sur une semaine, avant le festival, et c'était à l'Assemblée nationale. La plupart des intellectuels ayant pris part à ce colloque n'ont pas assisté au festival. Le Fesman de 1966 était un festival de questionnement et d'interrogation sur l'art nègre. En 2009, c'est un festival de confirmation de l'art nègre face à la globalisation, la mondialisation et en perspective à la réalisation des Etats Unis d'Afrique ».
Mame Birame Diouf ministre d'Etat chargé du Fesman
« C'est une nomination méritée compte tenu de la qualité du travail qu'il a effectué à la tête du département de la Culture, particulièrement du Fesman III et nous en remercions le président de la République. Maintenant, Mame Birame Diouf va se consacrer exclusivement au Fesman compte tenu de la proximité de l'événement, en synergie avec la coordination générale et la production déléguée pilotée par Jean Pierre Pierre Block et Gadveil ».

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