Le délégué du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), Nestor Yombo-Djema, a exprimé, hier au cours du point de presse de la Monuc, les nouvelles inquiétudes de son organisation face aux exactions commises par des éléments des groupes rebelles rwandais hutus (FDLR), de combattants Maï Maï ou par des forces gouvernementales (FARDC).
En effet, témoigne OCHA, de part et d'autre, ces hommes font subir aux populations civiles les mêmes traitements : pillages des habitations, des commerces et des cultures, transport forcé de leurs matériels et de leurs biens, occupation abusive des maisons, violences sexuelles, suspicion et représailles suite à la complicité supposée des habitants avec l'ennemi. « De fait, ces pratiques obtenues sous la menace d'armes face à des civils sans défense, favorisent l'instauration d'un climat de terreur dans les zones concernées » a-t-il clamé.
Concernant l'insécurité qui gagne le Sud-Kivu, OCHA rapporte qu'une vingtaine d'hommes lourdement armés en uniforme militaire ont arrêté, le mardi 5 mai dernier à une dizaine de kilomètre de Numbi, un convoi humanitaire composé de 18 personnes travaillant à International Rescue Commitee (IRC). Ces agents ont été dépouillés de leurs sacs de voyage et de leur argent, alors qu'ils avaient pour mission de préparer la distribution de biens de première nécessité à 2.800 ménages déplacés à Numbi, Shanje, Lumbishi, Murambi et Kavumu. Cette zone, a-t-on souligné, se trouve officiellement sous le contrôle des troupes gouvernementales.
Hormis cet incident, une autre attaque contre une Ong canadienne WAR CHILD a été signalée en date du 22 avril 2009 à 5 km au nord de Lulimba, dans le territoire de Fizi, causant deux blessés par balles, transportés immédiatement à l'hôpital général de Fizi pour des soins. Les bandits leur ont extorqué de l'argent et du matériel de construction, a-t-on appris.
Selon des sources humanitaires toujours, pour la semaine du 20 au 26 avril, soit en 6 jours seulement, le nombre d'exactions contre les civils est en hausse. A Shabunda centre, 24 cas d'exactions enregistrées dont 5 viols, 1O cas d'extorsions, 4 victimes de coups et blessures.
Au regard de l'augmentation des incidents sécuritaires contre les humanitaires dans l'exercice de leurs missions pour alléger les souffrances des populations affectées, la communauté humanitaire a tenu à attirer l'attention des autorités congolaises pour assurer la protection de ses agents. Dans l'entretemps, elle annonce déjà la suspension des distributions des vivres et des biens non alimentaires dans la zone de Bunyakiri, de peur d'exposer davantage les bénéficiaires suite à la présence massive de militaires FARDC dépourvus de rations alimentaires et de logistique. « Des discussions sont prévues avec les autorités au niveau provincial pour sensibiliser et inciter les communautés à prendre des mesures dans le but de mieux garantir la protection des bénéficiaires et des opérateurs humanitaires ».

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