Kinshasa — Le gouvernement et le CNDP se sont réunis, le mardi 5 avril à Kinshasa. Cadre choisi: le ministère de la Coopération internationale et régionale. Quand bien même la réunion se soit tenue à huis clos, il sied de noter que les deux parties ont focalisé la rencontre sur les points urgents, importants et pratiques.
Pour l'abbé Jean-Bosco Bahala, l'objectif de cette séance de travail était «de passer en revue le calendrier de mise en oeuvre de l'accord adopté à Goma, le 23 mars dernier. C'est-à-dire voir, par exemple, quels sont les points de l'accord qui devaient être mis en oeuvre, à court, à moyen et à long termes». Avant de déclarer: «Nous avons d'abord passé en revue les points les plus importants. Comme vous le savez, c'est le passage du CNDP de mouvement politico-militaire à parti politique. Quelles sont les conditions dans lesquelles cela peut se faire. Il y a la question importante de la libération des prisonniers, de la prise en charge des blessés de guerre et des orphelins ».
Pendant ce temps, à Goma, des responsables de sept ex-groupes armés du Nord-Kivu se sont réunis le même mardi pour exprimer leur mécontentement. Ils dénoncent les décrets du Premier ministre nommant les membres du comité national de suivi de la mise en oeuvre des accords de Goma.
Selon eux, leurs revendications n'ont pas été prises en compte par le gouvernement à Kinshasa, et certaines personnes nommées dans ce comité, au nom des groupes armés signataires des accords, ne les représentent pas.
Les responsables de ces ex-groupes armés exigent donc l'annulation pure et simple de ce décret qui, disent-ils, ne les engage pas.
Le général Dion Shobora, du groupe Maï-Maï Mongols et porte-parole de ces ex-groupes armés, reprend les conclusions de la réunion de mardi : « entendu que notre procès-verbal du 27 mars 2009, relatif à la désignation de nos représentants au comité nationale de suivi n'a pas été respecté, entendu que le gouvernement a clochardisé les chefs des groupes armés abandonnés à Goma, ainsi que leurs troupes mises à la disposition des FARDC et de la PNC, considérant la tricherie opérée par le gouvernement pour anéantir et décourager les chef des ex-groupes armés, avons décidé ce qui suit : primo, l'annulation du présent décret qui viole l'esprit et la lettre de l'accord de paix de Goma, secundo, le retrait de nos combattants mis à la disposition des FARDC et de la Police nationale congolaise, tertio, notre retour dans nos états généraux et fiefs respectifs, quinto, notre suspension de l'accord de paix de Goma du 23 mars 2009 ».

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