Les danseurs ont profité de la célébration de la journée mondiale dédiée à leur art, le 29 avril, pour solliciter un renforcement de leurs capacités. La formation s'avère aujourd'hui nécessaire pour mettre fin au mimétisme et à l'amateurisme en vogue dans le secteur.
Les danseurs sénégalais ne sont pas généralement formés. Ils ont un bas niveau d'études, ou sont carrément analphabètes. Le constat a été fait par les principaux concernés lors de la célébration de la journée mondiale de la danse (le 29 avril) au centre culturel Blaise Senghor. Une occasion saisie par les danseurs pour énumérer les maux du secteur. La liste est longue, mais le manque de formation des professionnels du milieu est le plus criard.
Car au Sénégal, la danse est un métier qu'on pratique faute d'avoir autre chose à faire ou en attendant de trouver mieux. Le président de la fédération nationale des ballets et danses fondamentales du Sénégal, Malal Ndiaye explique que certains danseurs pratiquent le métier parce qu'ils n'ont pas réussi ailleurs. Les recalés du système éducatif sont les plus nombreux dans la troupe. A côté, il y a ceux qui ont hérité du métier, les griots de naissance.
Pour redresser la tendance, les danseurs sollicitent un renforcement des capacités au niveau de la section danse de l'Ecole nationale des arts (Ena) de Dakar. Il ne s'agira pas pour eux de suivre des cours académiques d'apprentissage de six ans - durée légale de la formation d'un danseur - mais de bénéficier de modules de formation ou d'une instruction accélérée dans le domaine. 'Les danseurs des ballets n'ont pas besoin de réapprendre la danse de façon générale. Il nous faut mettre l'accent sur les techniques de maîtrise du corps', fait savoir Malal Ndiaye. Selon Pierre Lopy, professeur de danse à l'Ena, le métier de danseur exige une bonne culture générale, ce qui fait généralement défaut aux pratiquants.
Entre l'absence de formation des danseurs et le faible niveau de la créativité constaté sur les planches, le lien est vite fait. Directeur artistique de la biennale de danse (Kaay Fecc), Jean Tamba indexe l'inexistence d'une recherche dans les chorégraphies. 'L'imitation est plus visible dans les chorégraphies', se désole le président de la fédération des ballets et danses fondamentales du Sénégal.
Le noeud de toutes ces difficultés rencontrées par les professionnels du milieu est l'absence d'aide à la création et à la diffusion de la danse. Si Jean Tamba déplore le manque de volonté politique, Malal Ndiaye fustige le privilège fait à la compagnie du Théâtre national de Sorano, le ballet La Linguère, pour représenter la danse sénégalaise à l'étranger.

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