Kinshasa — La Rencontre des professionnels de la musique de l'Afrique centrale et des Grands Lacs, initiée par le Conseil francophone de la chanson, aboutit à la mise en place de l'Agence pour la promotion de la musique en Afrique centrale (Apromac).
Le Conseil francophone de la chanson dispose désormais d'une structure en Afrique centrale et des Grands Lacs. C'est l'aboutissement de trois jours de travaux au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa de la Rencontre des professionnels de la musique. Ces derniers proviennent d'horizons divers dans les deux sous-régions. Ces travaux se sont achevés le vendredi 8 mai. Cette nouvelle structure s'appelle Agence pour la promotion des musiques en Afrique centrale (Apromac), avec le statut d'une Organisation internationale non gouvernementale (OING).
Le bureau provisoire de l'Apromac est coordonné par le Centrafricain Régis Sissoko. Il va travailler dans un premier temps avec des chargés de mission dans six pôles importants qui sont les piliers du bureau provisoire. Le pôle juridique est assuré par le Congolais de Brazzaville Ibel Ibela qui travaillera avec un juriste de la RDC dans la conception des statuts d'une ONG selon la loi locale; le pôle de la mise en marché revient au Camerounais Lucas Yakotcheu; celui de la circulation échoit au Congolais de Kinshasa Jacques Mondonga; Léon Joseph Dia du Burundi va s'occuper de la formation. Enfin, Régis Sissoko se charge, outre son rôle de coordonnateur, du pôle partenariat. Il travaillera avec Ibel Ibela. Le bureau demeure provisoire en attendant la rédaction des statuts qui fixera le cadre juridique de l'existence et du fonctionnement de l'Apromac.
Prenant la parole à la cérémonie de clôture de cette rencontre, le Camerounais Joe Mboule, président du Conseil francophone de la chanson direction Afrique, est revenu sur le succès des travaux: il s'agissait de donner aux professionnels de la musique de l'Afrique centrale et des Grands Lacs l'occasion de se retrouver, de soulever les points de convergence, de créer une dynamique pour constituer un structure. Joe Mboule a également mis en exergue l'efficacité de la dynamique sous-régionale au sein du Conseil francophone de la chanson avec le bureau océan Indien, l'Afrique de l'Ouest et maintenant l'Afrique centrale et les Grands Lacs. Cette dynamique sous-régionale assouplit le fonctionnement du CFC en Afrique lorsque tout devrait être dirigé par le bureau Afrique.
Répondant à une question, le vice-président du Conseil francophone de la chanson, le Congolais (RDC) Manda Tchebwa a donc établi le distinguo entre la chanson et la musique. L'on retient que la chanson apporte un message ou raconte une histoire, tandis que la musique est une combinaison des sons de manière agréable à l'oreille. Ainsi, il y a même la musique instrumentale sans texte. Et Manda Tchebwa de faire savoirque tout ce qui se fait dans l'espace francophone dans le domaine de la chanson est considéré comme francophone.
Par rapport à la disparition de maison de disque au pays, Manda Tchebwa a appelé les professionnels de la musique (musiciens et opérateurs culturels) à oeuvrer de manière à convaincre les investisseurs et les hommes d'affaires à s'intéresser, à nouveau, à la musique qui est de nos jours une filière porteuse. Après avoir présenté bureau provisoire le coordonnateur Régis Sissoko a, dans son mot de circonstance, plaidé pour la mise en place des sociétés civiles culturelles pour défendre le domaine de la culture dans les pays de deux sous-régions. La Déléguée de la Communauté française de Belgique de Kinshasa, Kathyrn Brahy, a souligné l'importance de l'indépendance des artistes par rapport aux politiques. Pour le président du Conseil francophone de la chanson, le Suisse Jean-Marc Genier, les professionnels de la musique de l'Afrique centrale et des Grands Lacs ont décidé, par ce premier acte, de prendre leur destin en main et ils auront besoin de l'apport de l'appareil de l'Etat pour mieux fonctionner.
Le Sénégalais Remy Sagna de l'Organisation internationale de la Francophonie a salué la mise en place de la structure. «C'est le début d'une démarche qui va contribuer à asseoir la filière musicale en Afrique centrale et des Grands Lacs. L'argent n'a pas d'importance, c'est ce qu'il génère qui est important», a-t-il déclaré avant de lancer un appel aux autorités de soutenir la nouvelle structure.
Clôturant officielle les trois jours de travaux des professionnels de la musique de l'Afrique centrale et des Grands Lacs, le ministre de la Culture et des Arts, Esdras Kambale Bahekwa a fait savoir que la musique va enfin confirmé sa place parmi les activités culturelles sous-régionales dans le concert des nations.
Il a également relevé la portée politique indéniable de la Rencontre des professionnels de la musique de deux sous-régions, notant que les conclusions de travaux vont servir d'éléments importants dans l'élaboration de la politique culturelle. «La musique a l'avantage de briser les frontières, d'instaurer les liens », a-t-il conclu

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