Notre Voie (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Fagnidi Djédjé Gustave, PCA de la CGRAE - "La fête de la liberté est une fête d'hommage à tous ceux qui sont morts pour la démocratie"

interview

Monsieur le PCA, pourquoi avez-vous accepté de parrainer une fête de la liberté qui s'organise de façon sectorielle dans un village.

J'ai été invité par la population de Kakrédou et notamment par la coordination de ce village. Depuis près de 5 à 6 ans, je suis le président de la coordination des cadres des 20 villages du canton guébié. Donc, j'ai répondu de façon naturelle à l'appel de mes coordinations.

Généralement, la fête de la liberté est fêtée de façon populaire par tous les militants du FPI. Pourquoi avoir décidé de fêter ça de façon sectorielle à Kakrédou ?

Ce sont les gens de Kakrédou qui m'ont invité. On m'a invité dans d'autres villages, mais pour d'autres sujets. Vous savez, moi, la fête de la liberté, je la conçois aussi autrement : c'est une fête avec des tam-tams, des grelots, avec des danseurs. C'est une réjouissance populaire. C'est cette dimension qu'on veut donner à la fête. Depuis 2002, la situation de crise ne permet pas d'organiser cette fête. Mais, n'empêche, en tant qu'intellectuel, nous pouvons expliquer à nos parents au village les enjeux de cette fête. La dernière fête a eu lieu à Daloa. Figurez-vous, ce ne sont pas tous les habitants de Kakrédou qui y sont partis. Cette fête est donc organisée pour qu'on parle, pour qu'on échange, pour qu'on situe l'enjeu de cette fête initiée par le FPI.

Quels sont les enjeux de cette fête, selon vous ?

Moi, je suis d'un certain âge. Je considère que, le 30 avril 1990, à l'appel du président Gbagbo, homme courageux, tous les démocrates se sont levés pour arracher des mains de Félix Houphouet-Boigny le multipartisme. C'est ce qui a été fait le 30 avril, qui est devenu une fête pour que nous nous remémorions tous ceux qui sont tombés sur le front de cette lutte pour la liberté. Je ne dis pas seulement les jeunes d'hier, mais depuis l'époque coloniale. Vous savez qu'il y a eu plusieurs partis politiques que le PDCI a combattus. Les combats ont été émaillés de beaucoup d'assassinats, d'intimidations, de peur inoculée au peuple. Parce que le président Houphouet voulait être le seul à construire le pays. Tous ceux-là, on a oublié leur mémoire. Nous pouvons citer Digna Bahi, président de la SFI. Nous voulons parler également de Djama, qui avait quitté le PDCI-RDA pour créer son parti et que le PDCI a combattu. Vous êtes jeunes et je peux vous dire que le premier Warf de la Côte d'Ivoire était à Sassandra, mais il a été déplacé à cause d'un homme qui s'opposait à Houphouet. Nous avons également le parti progressiste de Côte d'Ivoire de Kouamé Ben Tous ces morts sur l'autel de la démocratie et d'autres encore. La fête de la liberté est aussi une occasion de se rappeler ces combattants. La fête de la liberté n'a donc pas seulement un caractère festif, c'est également une fête du souvenir et d'hommage à tous ceux qui sont morts pour la démocratie.

Avec la crise que la Côte d'Ivoire connaît depuis 2002, avec des relents de récolonisation, est-ce que la fête de la liberté a encore son sens ?

Aujourd'hui plus qu'hier, elle a son sens. Je vous ai dit que c'est une fête du souvenir, mais aussi d'éveil des consciences. La liberté est une quête permanente et perpétuelle. Aujourd'hui, ce pays est en crise par la faute des ennemis de la liberté. Cela veut dire que nous n'avons pas encore la liberté totale. Donc, moi, je parle de la fête de la liberté pour éveiller les consciences afin de pour dire qu'on n'est pas arrivés à la fin de notre parcours, Gbagbo a fait sa part et il continue de le faire. Les générations futures devront continuer de rechercher la liberté et la démocratie pour notre vraie indépendance. Voilà ma vision.

Quelle devrait être l'attitude des générations nouvelles dans cette quête de la liberté et de la démocratie ?

L'attitude de la nouvelle génération est déjà connue. Vous avez les jeunes patriotes, les démocrates de tous bords. Beaucoup ne sont pas du FPI. Mais j'encourage Gbagbo à continuer la résistance à toutes les formes de recolonisation, pour que, demain, nos enfants soient totalement libres. On n'est pas encore au bout de nos peines. On n'est pas encore un pays développé. La liberté débouche souvent sur ce qu'on appelle la liberté universelle et c'est celle-là qui donne droit à un pays de discuter librement avec les autres pays, pour qu'on puisse dire que ce pays-là a une identité. Et c'est pour cela que je peux dire que la fête de la liberté peut prendre d'autres formes. Il faut que chaque ivoirien sache que nous ne sommes pas encore entièrement libres. Ce n'est pas parce qu'on aura demain la paix grâce à l'accord de Ouagadougou qu'on sera libres et qu'on aura la démocratie et notre indépendance vraie. La lutte est permanente. Tant qu'il y aura la pensée unique dans la tête de certains, alors la lutte pour la liberté continuera. et, lors de la fête de la liberté à Kakrédou, nous allons dire aux populations quelle forme cette lutte doit désormais prendre.

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