Coordonnateur de la défense des conjurés de la Pentecôtes- du nom d'un mouvement insurrectionnel des ex FAZ organisé dans la nuit du 27 au 28 mars 2004 à Kinshasa, Me Peter Ngomo, avocat au barreau de la Gombe, a élevé la voix le week end passé pour dénoncer le caractère discriminatoire de la nouvelle loi sur l'Amnistie pour faits de guerre récemment votée à l'Assemblée nationale. « C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons suivi la décision.
Nous sommes écoeurés de constater que pour presque les mêmes fautes commises, certains fils du pays bénéficient d'un élargissement, d'autres non. Comment et pourquoi peut-on accorder l'amnistie pour ceux qui ont tué, volé, violé et commis des crimes aussi graves et ignorer, par exemple les "pentecôtistes", qui n'ont pas fait couler le sang d'un seul Congolais ? Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures ? » s'est-il interrogé.
Estimant que c'est encore une occasion ratée de la part des élus nationaux pour cimenter un « semblant » de cohésion nationale, Me Ngomo s'est dit dépassé et étonné de voir que c'est la voix des armes qui est la plus écoutée au Congo démocratique. « D'ailleurs à quoi bon voter une loi qui continue encore à diviser les Congolais autant qu'auparavant ? Que ce soit à Kinshasa ou à l'Est du pays, tout le monde n'est pas d'accord avec cette sentence » a martelé Me Peter Ngomo.
Ainsi pour lui, les députés auraient du bannir la discrimination dans toutes ses formes conformément à l'article 13 de notre Constitution qui dispose que tous les Congolais ont les mêmes droits devant la loi. Mieux encore, poursuit-il, la sphère d'action des parlementaires ne pouvait pas être limitée à deux provinces pour une loi aussi sensible qui touche à l'ensemble du territoire national. « Ce qui est sectoriel est et reste de la prérogative des Assemblées provinciales. Une loi sectorielle dans un sous-continent comme la RDC si on n'y prend garde, serait un noyau de balkanisation contrairement à une loi d'amnistie générale, socle de l'unité et de la prospérité du pays »
Soulignons par ailleurs qu'à la suite de ce défenseur de la justice, des observateurs de la vie politique de notre pays sont abasourdis de constater que plusieurs acteurs qualifiés à tort ou à raison d'«insurgés ou de perturbateurs d'ordre public» continuent à croupir dans des prisons nationales ou contraint à l'exil par rapport à ces faits là. A titre exemplatif, on cite : les déportés de l'Ituri (Seigneurs de guerre et leurs militaires) ; les compagnons d'Eric Lenge ; les déportés du Sud Kivu, officiers et combattants Maï Maï ; les adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) ; les indépendants (Gabriel Mokia et le pasteur Kuthino) ; les militaires issus du Mouvement de Libération du Congo (MLC) ayant refusé l'intégration dans l'armée nationale (événements du 22-23 mars 2007) etc.

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