Kinshasa — Encore une très belle semaine sur les marchés des métaux où le cuivre affiche une forme sans pareil. La voie vers les 5.000 Usd la tonne est bien ouverte. Ce qui réconforte l'industrie cuprifère congolaise.
Le Katanga minier se réveille, et avec lui, tout le secteur minier de la République démocratique du Congo. Rien ne semble désormais arrêter le cours du cuivre dans sa pente ascendante. Il côtait jusque vendredi dernier à la clôture des marchés autour de 4.685 Usd la tonne.
Au regard de dernières tendances, les cours mondiaux du cuivre se sont envolés de près de 66% depuis la fin de l'année. En cause, les importations toujours massives de la Chine. Personne ne sait cependant si ceci reflète un début de redémarrage de l'activité industrielle - en particulier dans le secteur des exportations - ou une simple reconstitution de stocks qui avaient été sabrés durant l'automne.
Concernant le cuivre, le stock sur le London Metal Exchange (LME) continue à se replier, ce qui est une excellente nouvelle. En revanche, celui de Shanghai lui, croît. Jeu de vases communicants ? Possible
Bonne nouvelle donc, pour l'industrie congolaise du cuivre qui se prépare à une grande reprise. Dans le rang des majors tels que Tenke Fungurume Minig ou First Quantum Minerals, l'on affûte déjà les armes pour ne pas être pris de cours.
Une fois de plus, la boulimie chinoise est à l'oeuvre. Boulimie chinoise intacte. Jusqu'en juin 2009, les producteurs chiliens sont en rupture de stock, les commandes chinoises compensant la désertion des clients américains ou européens, témoignent certains analystes. Une influence confirmée par la masse de cathodes arrivant dans les ports chinois: les importations ont progressé de 14% sur le mois de mars pour atteindre 374.000 tonnes, du jamais vu!
Dans cette hypothèse, les achats chinois se sont reportés sur la bourse aux métaux londonienne, les négociants chinois y obtenant une tonne de cuivre livrable dans trois mois pour 4.760 Usd ; alors qu'à Shanghai ils doivent débourser 1.000 Usd de plus. Les autres opérateurs ont suivi. Pris à revers, ceux pariant sur la baisse ont été forcés de «couvrir» ces positions «short» en rachetant des contrats. Ce qui a amplifié la hausse des prix.
La grande énigme
Défiant la gravité, l'appréciation de 66% des cours du cuivre depuis Noël dernier demeure une énigme. Sa résolution suscite pourtant un intérêt dépassant les seules mines, raffineries et groupes de négoce: cette envolée des cours pourrait en effet signaler un début de reprise de l'activité mondiale.
Il y a quatre mois, personne n'aurait parié sur un tel renchérissement. Non seulement en raison de la crise : la planète cuivre abordait l'année 2009 avec un surplus de 360.000 tonnes de métal n'ayant pas trouvé preneur, rappelle le Groupe international d'études du cuivre (ICSG).
De retour du Cesco - la grand-mess annuelle du secteur -, Kevin Norrish, spécialiste de Barclays Capital, évoquait, début avril, une «atmosphère morose, les participants évoquant un effondrement de la demande en Europe aux Etats-Unis et au Japon et tablant sur un déclin de 5 à 10% des besoins mondiaux en 2009».

Comments Post a comment