Kinshasa — En prévision de ses nouveaux pourparlers avec le Fonds monétaire international, dont le directeur général est annoncé en fin de ce mois à Kinshasa, le Gouvernement ratisse large pour avoir l'appui d'autres partenaires extérieurs à cette ultime étape. A Dakar, Kinshasa tente de rallier la Banque africaine de développement à sa cause.
De Dakar où il conduit la délégation congolaise à la 44ème assemblée annuelle du Conseil des Gouverneurs de la Banque africaine de développement et la33ème assemblée annuelle du conseil des Gouverneurs du Fonds Africain de Développement, le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, multiplie des contacts à cette fin. Mercredi dernier, il a été reçu en audience par le président de la BAD, Donald Kaberuka. Il a saisi cette occasion pour solliciter le soutien de la BAD dans les négociations que la RDC mène avec le FMI, dont l'acte se joue dans quelques jours à Kinshasa. L'état des rapports avec la BAD a également abordé pendant cet entretien.
Plus de 97 millions Usd en renfort
Mais, le plus important à retenir est que la BAD vient de confirmer, depuis Dakar, sa nette volonté d'aider la RDC en cette période difficile de crise financière internationale.
Ainsi, après l'approbation par le Conseil d'administration de la BAD d'un accord de don de plus de 97 millions Usd en faveur de la RDC pour l'aider à faire face à la crise financière, c'était le tour mercredi dernier du ministre congolais des Finances de sceller officiellement cet important apport de la banque panafricaine de 65 millions d'unités de compte, soit l'équivalent de 97,18 millions de dollars américains au titre de la Facilité de la BAD visant à atténuer les effets pervers de la crise financière. A ses côtés se trouvait, Mme Zeinab El Bakri, vice-présidente de la BAD.
Ce financement couvrira quatre volets essentiels, à savoir le renforcement des réserves internationales de la Banque centrale du Congo et un appui substantiel aux importations des biens, le règlement de quelques mois de rémunération des enseignants, la prise en charge des factures de consommation d'eau et d'électricité de l'Etat en faveur de la REGIDESO et de la SNEL, le soutien au plan de relance de la SNCC.
Cette facilité découle des actions de plaidoyer continu d'Athanase Matenda auprès des partenaires au développement pour trouver des moyens à court terme visant au raffermissement des réserves internationales de la RDC, durement atteintes par la crise financière internationale.
Sur ce point, l'appui de la BAD s'ajoute aux 100 millions Usd de la Banque mondiale et aux 200 millions Usd du FMI, consenti dans le même cadre pour aider la RDC à résister aux graves turbulences créées sur le plan interne par la crise financière.
Il est vrai que les besoins de la RDC vont au-delà de ces ressources, mais bien canalisées, elles devraient permettre une certaine reprise, surtout en faveur des entreprises directement bénéficiaires, sans compter l'assouplissement des pressions sur le budget de l'Etat.
Unis pour une même cause
Le même mercredi, le ministre des Finances a procédé, avec son homologue du Congo/Brazzaville, Pacifique Issoïbeka, à la signature de l'accord de financement de l'étude de faisabilité du projet pont-route-rail entre Kinshasa et Brazzaville pour un montant de 5 millions d'unités de compte, soit 7,5 millions Usd.
Ainsi, en dépit des efforts déployés par le Gouvernement pour la stabilité du cadre macroéconomique, la crise financière précédée de crises énergétique et alimentaire ont fini par saper les acquis de politiques orthodoxes que le pays avait commencé à mettre en place. Les conséquences n'ont pas tardé, dès le dernier trimestre 2008, à se manifester avec une virulence particulière. Le taux d'inflation mensuel qui se situait à moins d'un pourcent fin 2007, a pris une ascension, culminant le summum de 8,3% en janvier 2009. Il en est de même du taux de change qui fluctuait à moins de 500 FC contre 1 dollar américain, et qui suite aux chocs exogènes principalement, a percé ce plafond, atteignant 800 FC en mars 2009.
Si le secteur de l'économie monétaire a accusé un relâchement remarquable dès le début 2009, l'économie réelle a consécutivement souffert d'un renversement des tendances aux conséquences sociales dramatiques. En effet, de nombreux emplois, surtout dans le secteur minier, ont été supprimés dès le dernier trimestre 2008.
Cette tendance s'est non seulement propagée en effets boule de neige, mais a surtout contribué à exacerber la situation déjà précaire des entreprises publiques inscrites au Programme d'urgence de relance mis en place par le Gouvernement.
C'est dans ce contexte que le Gouvernement, au travers du ministère des Finances, a mobilisé les partenaires multilatéraux pour appuyer un programme minimum de redynamisation de ces entreprises. Ce programme dont les financements sont disponibles à ce jour touche actuellement la SNCC, la REGIDESO et la SNEL.

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