- La majorité du Parlement panafricain a exigé mercredi à Midrand (près de Johannesburg) la démission immédiate de la présidente de l'institution, la Tanzanienne Gertrude Mongella, et réclamé l'élection d'un nouveau bureau.
"Nous devons, dans l'immédiat, urgemment et sans aucun délai, élire un nouveau bureau. Cette élection est venue à son heure. Nous devons tout de suite fixer la date de cette élection et donner mandat au secrétaire général du Parlement de l'organiser", a insisté le député zambien Michael Mulemi Mabenga.
Les deuxième et troisième journées, mardi et mercredi, de la 11-ème session du Parlement panafricain ont été marquées par des appels à la démission de Mme Mongella dont le mandat de cinq ans a expiré en mars dernier.
Mardi, la présidente avait vite suspendu la séance, après avoir senti que les débats sur le renouvellement du bureau avaient suscité beaucoup de passion.
Dans une résolution votée lors de la conférence des chefs d'Etat en janvier dernier, l'Union africaine (UA) a demandé au Parlement de "fixer d'urgence une date limite (...) pour organiser dans l'immédiat de nouvelles élections pour renouveler le mandat de son bureau actuel ou élire un nouveau bureau".
"Le mandat du bureau doit être renouvelé. Ce mandat de cinq ans a expiré, ce que personne ne saurait contester. Reste à voir comment nous allons organiser le renouvellement du bureau", a dit le député zimbabwéen Fortune Charumbira.
"Nous devons dans l'immédiat renouveler le bureau" du Parlement, a affirmé son collègue du Sénégal Bocar Sédikh Kane.
"Nous sommes un organe de l'UA qui n'a plus confiance en nous", a souligné Gitobu Imanyara, originaire du Kenya. "Je voudrais, Mme la présidente, que vous présentiez immédiatement votre démission, pour restaurer la confiance de l'Union africaine envers nous. Le mandat du Parlement est terminé, démissionnez donc !", a lancé M. Imanyara.
Pour le Gabonais Sylvestre Ndong Assoumou, le Parlement africain doit sortir de sa 11-ème session --- qui s'achève le 29 mai --- "avec un nouveau bureau, une nouvelle législature, pour rentrer dans le droit chemin auquel l'invite l'Union africaine" .
La Camerounaise Marie-Rose Nguini-Effa tient elle aussi à "l'organisation immédiate" du renouvellement du bureau. "Saisissez l'occasion d'être un phare de l'Afrique, en démissionnant de votre poste", a-t-elle suggéré à Mme Mongella, en qui elle reconnaît une "légaliste".
La présidente de la chambre s'est montrée inflexible devant ces appels à la démission. "Je vais démissionner sur la base du règlement intérieur et du protocole portant création du Parlement. Nous devons suivre les règles. Je suis la Présidente. Continuons !", a-t-elle réagi, avant d'éclater de rires.
Voyant que les appels à sa démission et la tenue d'une élection persistaient, elle a affirmé : "il ne s'agit pas de discuter de Gertrude Mongella, mais des principes d'une institution africaine. Il ne s'agit pas de débattre de ma personne" .
Ces paroles ont déchaîné un brouhaha dans l'hémicycle, certains députés n'ayant mieux fait que de tapoter des mains ou des objets contre leur pupitre, en signe de désaccord.
Le député nigérien Mohamed Bazoum a proposé que l'élection d'un nouveau bureau se tienne vendredi. Il a été approuvé par de nombreux collègues.
Certains députés dont Bokar Sédikh Kane du Sénégal et l'Algérien Azzedine Abdelmadjid ont émis l'idée de tenir l'élection du bureau en juin ou juillet, à l'occasion d'une réunion extraordinaire. La séance a été levée sans la conduite d'une décision claire sur la tenue ou non de l'élection. Les débats reprennent jeudi.
Le Parlement panafricain est l'assemblée consultative de l'UA. Il a été mis en place en mars 2004.
Il est constitué de 230 députés venus de 46 pays africains, en raison de cinq membres représentant la diversité politique de chaque Etat. Parmi les cinq députés de chaque pays figure au moins une femme.
Les Comores, la Côte d'Ivoire, l'Erythrée, la Guinée-Bissau, la République démocratique du Congo (RDC), Sao Tomé et Seychelles ne sont pas membres de la Chambre. Ils n'ont pas ratifié le protocole portant création de la chambre et/ou ne l'ont pas déposé auprès de l'UA.
Ne disposant jusqu'ici que de pouvoirs consultatifs, le Parlement ambitionne de se doter de pouvoirs législatifs. Un amendement de son acte constitutif, allant dans ce sens, sera discuté lors de la présente session.
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