Dakar — Le président sénégalais Abdoulaye Wade a engagé son gouvernement à mettre en place "une politique de contrôle" menée par des "comités locaux de certification" des semences, engrais et autres biens cédés aux paysans afin d'éviter tout détournement à d'autres profits, a appris l'APS de source officielle.
"Pour lutter contre ce commerce illicite des biens appartenant à la communauté paysanne, il (Me Wade) a donné des instructions fermes au gouvernement pour la mise en place d'une politique de contrôle par le biais de comités de certification", indique le communiqué du conseil des ministres, réuni mercredi.
Selon le texte, le rôle de structures ad hoc sera essentiellement la vérification du respect des cahiers de charge en matière de distribution des intrants. Ainsi devront-elles s'assurer "qu'ils sont bien remis aux paysans à temps" et "dans le seul but d'être utilisés dans les terres".
"Devant veiller à l'application stricte de la réglementation et à la conformité aux cahiers de charge, en toute impartialité, les comités de certification seront composés de sous- préfets, d'agents de la gendarmerie, de la police, de chefs de village et de paysans", précise le communiqué.
Le gouvernement a abordé d'autres aspects de la préparation de la campagne agricole qui s'ouvre ce jeudi.
"Le chef de l'Etat a beaucoup insisté sur un bon approvisionnement des agriculteurs en intrants de qualité et en quantité suffisante", pour la réalisation des objectifs de la phase 2 de sa Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance (GOANA).
La première édition de cette initiative a été lancée en mi-avril 2008, au fort de la crise alimentaire mondiale pour enrayer ses effets dans le monde rural sénégalais et ensuite en profiter pour relancer la production vivrière, par une mobilisation plus accrue des populations. Les résultats sont diversement appréciés, même du côté du régime.
Mardi, lors d'une autre réunion, le chef de l'Etat a rappelé "les sommes énormes" investies dans la GOANA dans cette initiative, comme jamais auparavant au Sénégal. "Et je me suis aperçu que ça n'a pas eu d'impact sur le niveau de vie des paysans", regrette-t-il.
"Le président de la République, ardent défenseur du monde rural a, à cet effet, fortement déploré les scandaleuses affaires de détournement de semences, d'engrais et autres biens destinés aux paysans, et qui, hélas, atterrissent sur le marché parallèle", ajoute le communiqué du conseil des ministres.
Quelque 12.000 tonnes d'engrais pour l'arachide et 3.000 tonnes pour le mil sont en production aux Industries Chimiques du Sénégal. Ces tonnages s'ajoutent aux 25.000 tonnes de phosphates granulés de Matam déjà mobilisés pour le ministère de l'Agriculture, selon la même source. Ces intrants subventionnés sont destinés aux agriculteurs.
"Le chef de l'Etat s'est, par la même occasion, dit satisfait de la qualité des phosphates de Matam dont la quantité est largement au dessus des prévisions et qui constituent un bon soutien à la révolution rurale."
Comments Post a comment