Le Soleil (Dakar)

28 Mai 2009

Sénégal: Gérard Senac, Pdg d'Eiffage - Le Btp exige rigueur et respect des normes

A bâtons rompus avec nos reporters, le directeur général d'Eiffage, Gérard Sénac et son directeur de l'Exploitation, Alioune Badiane se sont livrés à un tour d'horizon du secteur des Btp.

Dans l'entretien où les deux voix ont joué la complémentarité, le top management d'Eiffage a décliné une vision de l'entreprise peu connue des Sénégalais. D'abord, sur l'ancêtre de Fougeroles, l'Entreprise pour les travaux du port de Dakar (Etpd) à l'origine, aujourd'hui Eiffage, dont le premier métier était donc axé sur les travaux maritimes.

« De là, on s'est modifié en se diversifiant et maintenant, on touche à tous les secteurs des Btp (Bâtiments et Travaux publics), on fait des routes et tout ce qui est aménagements hydro-agricoles. On continue à faire des travaux maritimes, des travaux de Génie civil et des barrages, on fait tout », dit Alioune Badiane. Quant au changement de nom en Eiffage, il s'est agi, selon M. Sénac, d'une décision qui a touché tout le groupe actif tant en Europe qu'en Afrique, « une simple question de notoriété internationale et de sécurité financière et technique ». Mais rien n'a réellement changé pour le Sénégal qui demeure la tête de pont à partir d'où Eiffage rayonne dans les pays de la sous-région. Cette diversification est vécue comme une chance puisqu'elle permet au groupe de se tirer d'affaire lorsque la récession frappe en 2007 et surtout en 2008. L'exemple le plus illustratif a été l'autoroute à péage où la société était en partenariat avec la Compagnie sahélienne d'entreprises (Cse). Un souvenir qui s'efface peu à peu après les problèmes vécus sur la route Pâte d'Oie-Dalifort.

« Chacun avait des tâches bien définies », précise-t-il, tout en se félicitant de la réussite de l'échangeur en forme de trèfle qui est aujourd'hui exhibé comme une image de marque. Une fois hors des difficultés liées à la dette intérieure qui avaient occasionné un arrêt temporaire des chantiers, c'est aujourd'hui « une fierté pour l'entrepreneur et les usagers de la route ».

Cap sur l'horizon du futur, avec les grands chantiers de l'Etat, notamment l'autoroute à péage dans sa partie Pikine-Diamiadio en perspective.

« A l'heure actuelle, on est pressenti adjudicataire et on négocie avec l'Apix, à partir de ce qui était dans le dossier, pour finaliser », dit Alioune Badiane. Et de préciser que ce n'est pas un marché classique où c'est un devis quantitatif qu'il faut remplir et le moins-disant ou le mieux-disant est choisi. Cette fois-ci, c'est ça une concession qui a des règles spéciales, dit-il. Mais Eiffage s'estime bien préparé, puisque la société sénégalaise y est en partenariat avec le reste du groupe. Et d'expliquer : « parce qu'on n'a pas l'expérience qu'il faut. Personne ne l'a ici, c'est une première ». Sans faire dans la langue de bois, le directeur général Gérard Sénac précise que même s'ils sont N° 1 au niveau national dans les Btp, la grosse artillerie est en Europe où le Groupe est 7ème au classement. « Ça aussi, c'est une politique de l'agence. Ne dit-on pas qui trop embrasse, mal étreint », demande l'ingénieur qui souligne, « au lieu d'aller chercher des marchés un peu partout, on se concentre sur le Sénégal où le gros de notre chiffre d'affaires se fait ». M. Sénac renchérit : « on est une entreprise de proximité, on travaille en équipe et on répond à tous nos clients avec une totale disponibilité. Tant qu'on a un chiffre d'affaires important, qu'on peut réaliser au Sénégal, on ne va pas aller prendre des risques sur un ou tel pays, car cela coûte de l'argent, il faut déplacer le personnel, les familles, le matériel, il faut se réorganiser, etc. Et tant que l'on peut gagner de l'argent au Sénégal, on reste là, même si de temps en temps on travaille en Mauritanie ».

Alors que le changement de nom n'a rien enlevé au poids de l'entreprise sénégalaise qui était crédité de 800 emplois directs et de près de 2.000 emplo caussi Fougerolles. Sauf qu'il y a plus longtemps lorsqu'il y a eu le regroupement ; le cycle Eiffage est apparu et après, il y a eu les filiales. Ici, les hommes sont restés les mêmes, le matériel, la direction, les équipements, les comptes bancaires, les clients, on n'a rien changé », ajoute-t-il. L'équipe sénégalaise n'a pas changé. D'ailleurs la publicité disait : « Fougerolles devient Eiffage, rien ne change, continuons ensemble ».

Fort d'une expérience de 83 ans de présence au Sénégal, dont plusieurs décennies pour Gérard Sénac depuis qu'il a débarqué du Gabon, cette entreprise, qui se veut citoyenne, a participé à la réalisation de la plupart des routes du pays. Ce qui autorise nos interlocuteurs à défendre l'éthique, face à l'état de dégradation de chaussées qui fait penser que « les anciens faisaient de meilleurs ouvrages ».

C'est avec passion que M. Badiane lance : « tout ça, c'est un problème de dimensionnement et de structures. Il suffit que l'on ait une bonne structure, que les gens qui font la route s'appliquent comme il faut en respectant toutes les prescriptions techniques, il n'y a pas de raisons que la route se dégrade à une vitesse exponentielle comme on le constate à l'heure actuelle. »

Pour lui, c'est un idéal que doit se fixer l'entrepreneur puisque son boulot et son image sont en jeu. Une manière de fustiger ceux qui se laissent seulement guider par l'appât du gain, puisque la rigueur voudrait qu'on y mette les moyens nécessaires, en termes de matériel et de personnel. Allant plus loin, Alioune Badiane soutient qu'il ne saurait y avoir de problème si tout le monde fait son travail. Parce que, selon lui, « le contrôleur est en permanence sur le chantier pour surveiller les travaux ». M. Sénac intervient pour pointer du doigt l'étroitesse de certaines routes et expliquer qu'à un autre niveau, tout manquement dans l'entretien des routes et l'assainissement peut aboutir à des dégradations rapides. Pour lui, si la largeur réglementaire de 7 mètres est adaptée en campagne, il n'est est pas de même en ville, surtout dans la capitale où le trafic a explosé. Là aussi, « il faut que l'assainissement fonctionne », dit-il. Il s'y ajoute les encombrements divers sur la chaussée, les détritus et le trop-plein des poubelles, qui finissent par boucher les caniveaux. « L'eau monte, la route va être imbibée et alors, quand les camions passent, elle ne tient plus », dit-il. D'expérience, ils retiennent dès lors qu'en plus du bon dimensionnement des routes, il faudrait tenir compte davantage de l'entretien des projets routiers après la période de garantie légale de 10 ans pour les ponts et autres ouvrages. D'autant qu'aujourd'hui, il semble qu'il n'y a guère de contrôle sur le tonnage des véhicules.

« A la sortie de Dakar, les camions sont de plus en plus nombreux et prennent la direction de l'axe Dakar-Mali. Mais je ne vois pas de ponts-bascules comme dans les pays africains ; je ne voie pas de points de pesage », dit Gérard Sénac. D'autres facteurs aggravant comme la chaleur, l'eau de pluie et le poids à l'essieu lui font dire qu'il serait temps de passer à d'autres types de matériaux, comme des bitumes déjà testés ailleurs. « Et ce n'est pas une question d'argent, c'est une évolution technique. » Pour M. Sénac, qui dit en avoir discuté, il serait aussi temps que « les administrations maliennes et sénégalaises y travaillent ensemble, en associant les bailleurs de fonds, compte tenu de l'importance de cet axe pour les deux pays avec l'énorme trafic de marchandises dans les deux sens. Ensuite, il faut mettre les moyens de contrôle, assortis d'une bonne politique d'information, de communication et de formation. En résumé, pour le brainstorming d'Eiffage, éviter le gaspillage de l'argent du contribuable, c'est d'abord au niveau du bon dimensionnement des routes pour supporter des charges déterminées dans le cahier des charges du dossier d'appel d'offres ; ensuite de l'assainissement qui doit être correctement pris en charge, même s'il coûte cher ; enfin, de l'entretien qu'il faut assurer comme il faut. En attendant, le constat est celui de tout usager : « les routes sont surchargées par certains camions qui ne respectent pas la charge à l'essieu ». Parole d'hommes du métier.

Le métier, l'expérience en plus

Il le dit le plus simplement du monde : « notre métier, c'est le Btp ; nous y sommes pour faire de l'argent. Une fois qu'on en fait, nous pensons que nous pouvons contribuer au développement du pays. »

Il n'y a pas plus direct pour décrire le patriotisme d'entreprise. Puisque quelques minutes suffisent en face de Gérard Sénac pour se rendre compte que c'est un homme « pas pressé » du tout, qui avance tranquillement vers un but, qui s'en donne les moyens et qui sait que ses atouts majeurs, ce sont ce pays d'adoption et les hommes qui l'entourent. Eiffage promeut ainsi une politique soucieuse du bien-être de ses employés et de la réalisation des grandes ambitions de l'Etat. Ainsi, de son ancien nom, Fougerolles qui a écrit de pages au fronton de tant d'édifices au Sénégal, à Eiffage symbole de renommée internationale, le patron au regard sympathique qui s'identifie à ses hommes marque un paradigme inédit pour deux raisons majeures. D'abord au niveau des rapports transversaux tissés avec les travailleurs (toutes catégories confondues) et, dont la cession d'actions n'est qu'une illustration -fort belle- de la générosité des membres du groupe, car même si le directeur de l'Exploitation Alioune Badiane ajoute que « ça les motive davantage », ça rend l'humanisme de Gérard Sénac plus « palpable ».

Puis, en dehors de l'entreprise, par son implication dans le pouls des priorités définies pour le développement économique et social. Pour les Btp, c'est naturel de bâtir ces infrastructures sans lesquels il n'y a nul développement, comme aime à le dire le président Abdoulaye Wade. Eiffage sait le faire, la fait bien et l'a démontré avec « le mur écologique » de Ouakam ou le dernier échangeur en forme de trèfle au Cices. C'est moins évident quand il s'agit d'art, cette passion, son « dada », qui lui vaut de faire de l'entreprise un lieu de rencontres, un carrefour du donner et du recevoir, « entre amis ».

Ça l'est encore moins quand il s'agit du social, d'éducation et de santé, ces domaines du pôle régalien de l'Etat qui peine souvent à combler tous les besoins et sans lesquels, le développement n'a aucun sens. Pour l'avoir compris et s'y être engagé depuis qu'il a débarqué du Gabon, Gérard Sénac reste un homme de coeur, qui gagne en construisant un Sénégal qui gagne. Dans un bel élan d'ensemble.

L'ART DANS L'ENTREPRISE : Un mécène à l'écoute des créateurs

Le concept « Art et entreprise » fait son chemin au Sénégal dans la mouvance du foisonnement artistique et culturel. De plus en plus d'entreprises et sociétés de premier plan s'investissent dans ce créneau dans un partenariat très profitable à la création des oeuvres de l'esprit en particulier. Eiffage-Sénégal est sans doute l'un des exemples les plus illustratifs sous ce rapport.

C'est sous le label de son ancienne appellation « Fougerolles-Sénégal » présent au Sénégal depuis 83 ans, que le cheminement a commencé entre Gérard Sénac, le directeur général d'Eiffage-Sénégal et le monde de la culture et des arts sénégalais.

Il faut préciser que le mécénat culturel d'Eiffage-Sénégal (ex-Fougerolles) a commencé d'une façon très officielle avec des expositions artistiques, notamment depuis une quinzaine d'années.

L'implication de cette entreprise dans la vie culturelle et artistique sénégalaise est aujourd'hui si prégnante qu'on ne peut plus imaginer une édition de la Biennale de l'Art contemporain africain de Dakar « Dak'Art » sans une exposition dans ses locaux (Av Félix Eboué/Rte des Brasseries). Inscrite dans les manifestations « Off » du « Dak'Art », l'exposition d'Eiffage se déroule toujours dans le bâtiment de l'entreprise, un site classé dans le patrimoine architectural national.

Le cadre semble beaucoup plaire au public diversifié qui a pris l'habitude de s'y retrouver le temps d'un « after work » en concert, autour d'un spectacle ou comme c'est souvent le cas pour une exposition d'arts plastiques.

Ce n'est pas un hasard si Gérard Sénac a été président du Comité d'orientation de la Biennale « Dak'Art 2008 ».

L'homme est impliqué dans la vie artistique sénégalaise en tant que collectionneur et amateur d'art, mais surtout comme un mécène soucieux de voir le développement de l'art contemporain sénégalais. L'entreprise prend depuis quelques années en charge l'édition d'une plaquette présentant de façon détaillée la centaine de manifestations « Off » de la Biennale de Dakar.

Eiffage-Sénégal a célébré sa première année d'existence, sous son nouveau nom, au mois de janvier 2009, en convoquant justement 15 jeunes plasticiens sénégalais autour d'une exposition très éclectique intitulée « Ku gëstu guiss » (Qui cherche trouve). C'était la continuation d'une tradition de partenariat et de mécénat très appréciée par le monde artistique. S'expliquant dans l'entretien qu'il nous a accordé, Gérard Sénac affirme que le concept « art et entreprise » fait partie des objectifs de l'entreprise. « Il y a la recherche des talents, nous nous sommes intéressés à plusieurs secteurs et en quinze ans nous avons découvert des talents, mais également des familles et nous nous sommes faits des amis », soutient le Dg d'Eiffage.

« Je suis content lorsqu'on a pu aider la jeunesse sénégalaise, des artistes entre autre à se servir de leurs mains. La main de l'artiste, comme celle d'un travailleur d'Eiffage, c'est la même main, elle lui sert à gagner de l'argent pour manger et vivre lui et sa famille...C'est un même métier ».

Son entreprise s'est intéressée aux artistes, mais a également aidé des personnes dans divers domaines de création comme la littérature et l'édition, le cinéma, la mode, les arts de la scène, etc.

M. Sénac rappelle une action récente : « on a soutenu le cinéma avec le documentaire « Mere bi » d'Ousmane William Mbaye, pour son avant-première. Quand le réalisateur, fils du personnage principal du film, m'a parlé du projet, cela m'a tout de suite emballé parce qu'il s'agissait d'une femme, Annette Mbaye d'Erneville, que j'admire. Elle s'est illustrée dans de nombreuses actions au plan national, elle est une doyenne de la profession de journaliste. On a soutenu ce projet pour ces raisons ».

L'art et l'entreprise dans la conception de Gérard Sénac est un concept qui ne se limite pas seulement à un soutien formel. Il va plus loin et met le rapport humain en avant. « Dans notre entreprise, lorsqu'il y a une manifestation artistique et culturelle, c'est l'occasion de voir des gens, faire des rencontres, retrouver des amis, autour d'un cocktail ; c'est convivial et nous sommes fiers de voir les gens venir chez Eiffage sans nécessairement que ce soit pour parler de routes et de Travaux publics. C'est aussi un moment de détente appréciable pour nos cadres et leurs familles ».

Selon le directeur général d'Eiffage, il est tout aussi important de faire du lieu de travail, un lieu de rencontre à l'occasion de ces manifestations culturelles où des relations se tissent et des amitiés naissent entre personnes de divers domaines, de l'artiste au journaliste, de l'agent d'administration à son ministre, etc.

« Nous participons ainsi à la vie culturelle en regroupant les gens, c'est une force. Autant on peut être fiers de réaliser une belle route, l'échangeur du Cices, ou encore la route et le mur écologique à la Mosquée de la Divinité, on est tout aussi fier d'admirer un beau tableau, un bon film. On est dans ce concept de l'art et l'entreprise. Quand on a démarré, l'une des premières grandes expos dans notre siège c'était avec Kalidou Kassé et Paul Anne. Depuis lors, Kalidou est resté notre ami comme il l'est pour de nombreuses personnes qui l'on connu à cet époque et je suis heureux de voir le chemin qu'il a parcouru depuis cette expos, comment il s'est bonifié et s'est forgé une personnalité dans le monde de l'art ».

Mécène des arts, Sénac tient à faire profiter ses employés des oeuvres de l'esprit sorties de l'imagination fertile de nos artistes : la création. C'est ainsi qu'il a constitué une bonne collection que l'on appelle déjà « la collection Eiffage ».

« Je n'ai rien inventé, avance-t-il. Dans de nombreuses entreprises au Sénégal, qui ne font pas du mécénat comme nous, on voit des tableaux dans les bureaux, dans les halls, etc... Notre but, en développant une collection artistique, était d'abord d'avoir une collection répertoriée, nous avons aujourd'hui une centaine d'oeuvres d'art. Cette collection Eiffage appartient à l'entreprise et je voudrais en faire profiter d'abord le personnel ». Les cadres se sont appropriés une, deux ou trois oeuvres qui leur plaisent pour les mettre dans leur bureau, c'est important. Le travailleur a ainsi la possibilité d'avoir une partie de cette collection, de vivre avec. Cette collection a été exposée en partie à Ziguinchor et les artistes sont venus par la suite à Dakar. Il est envisagé de la faire tourner dans les autres villes du Sénégal comme Saint-Louis, Tambacounda, etc...

La collection Eiffage est constituée à 98% d'oeuvres réalisées par des artistes sénégalais. Dans le lot, on retrouve des pièces de 1980 et que la société a acheté, ainsi que des oeuvres d'artistes aujourd'hui disparus. « Notre fierté, c'est la possibilité de pouvoir léguer à nos enfants, à nos successeurs une collection qui a marqué la vie culturelle, nous continuons à enrichir cette collection avec des oeuvres nouvelles avec des nouveaux talents », confie Gérard Sénac.

Il a pris le parti de poursuivre dans cet accompagnement de la vie culturelle : « nous continuerons de faire du mécénat. Mais avant tout, on est entrepreneur, tant qu'on aura des marchés, on continuera à faire notre travail et lorsqu'on aura fini, le soir on continuera à faire des activités artistiques et culturelles avec les moyens modestes dont nous disposons ».

Dans les prochaines semaines, l'entreprise, avec quelques-uns de ses employés qui font de la musique en dilettante, vont marquer de façon inédite la Fête de la musique (21 juin) en proposant un concert. Pour Sénac, qui encourage la créativité, la Culture est avant tout un facteur de développement et il faut la vivre en y mettant tout son coeur.

Social : priorité à la santé et à l'éducation

L'activité débordante hors entreprise fait partie de l'option de participer au développement socioéconomique du pays. De l'actionnariat ouvert au personnel, en passant par les actions sociales individuelles, jusqu'aux oeuvres de plus grande envergure comme le soutien à l'Ong « Kinkéliba », Eiffage se veut « une entreprise citoyenne ».

A côté du mécénat culturel que Gérad Sénac explique comme une manière d'aider les artistes à vivre du travail de leurs mains, il y a tout un bouillonnement dans les secteurs sociaux allant des services de base à l'agriculture. Surtout dans les zones reculées et défavorisées, comme Tambacounda.

Rien n'illustre mieux cet engagement au service de son prochain que le soutien apporté à l'Ong « Kinkéliba » dans laquelle le directeur général est, par ailleurs, membre du Conseil d'administration. Peut connue en ville, elle apporte une grande contribution dans l'offre de soins dans les zones inaccessibles, comme dans sa maison médicale de Sinthian où plus de 6.200 personnes ont été consultées en 2008, celles de Pierre-Fabre et de Belly Wamedaka.

Ces soutiens touchent également le centre de Santé de Wassadou. Après un bilan élogieux pour 2008, divers projets sont dans le pipeline, notamment la construction de logements et l'électrification à Sinthian, pour des équipes de passage, pour un coût approximatif de 10.800 euros, la réhabilitation des cases en hospitalisation, la construction d'une case -laboratoire à la maison médicale Pierre-Fabre et d'une autre maison médicale à Belly Wamedaka sur un financement de 300.000 euros. Au centre de Santé de Wassadou, « le passage régulier de médecins, pour une grande part français, va permettre d'instituer des consultations de spécialité et d'aider les équipes médicales sur place. Les spécialités sélectionnées en 2009 sont outre l'infection et la parasitologie, la diabétologie, la cancérologie », annonce un article paru dans le journal « Le Kinkéliba ». La prise en charge chirurgicale de la cataracte est au programme de l'année 2009. Le professeur Bernjard Rouveix, par ailleurs co-fondateur du « Kinkéliba », n'écrivait-il pas : « l'accès à la santé étant un droit universel fondamental, il est primordial de poursuivre l'édification d'établissements de Santé de proximité dans les zones les plus fragiles ». Le programme de vaccination en brousse se déroule sous la responsabilité d'Anne-Marie Sène en collaboration avec le médecin-chef. Au total, 1.315 actes ont été posés. Plusieurs projets verront le jour dans le domaine de l'Education, en plus de l'embellissement du jardin d'enfants de Koar, de celui de Saal et de Goumbayel.

« L'école élémentaire de Koar va faire l'objet d'une première phase de travaux de réfection, en plus de la construction d'une clôture de 300 mètres avec portail et portillon, un puits, une pompe solaire. Le montant de ces travaux est estimé à 10.100 euros. L'Ong dotera l'école de Niéménéké d'une pompe solaire sur le puits, d'une cuisine et réserve Pam.

A cela, il faudra ajouter la construction de deux classes, de trois logements pour les instituteurs, une agora et des sanitaires pour une enveloppe de 26.300 euros. Un jardin d'enfants sera construit dans tous les villages disposant d'un centre médical. Le domaine de l'agriculture sera aussi investi par l'Ong « Kinkéliba ». Puisque le programme « Tilo-tilo » devrait offrir ses premières récoltes en 2009. Les périmètres agricoles seront aménagés dans les abords du Parc de Niokolo-Koba.

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