Les peuples pygmées constituent en RDC, comme dans le bassin du Congo dans son ensemble, la population la plus anciennement représentée. Ces peuples qui possèdent une identité et une culture propres, ainsi qu'un mode de vie et un savoir faire ancestral, sont depuis la nuit des temps, victimes de discrimination et de marginalisation, parce qu'ils ignorent leurs droits et ne savent pas comment les défendre dans leur pays. Bien qu'ils aspirent au développement, ils souhaitent par contre, vivre dans leur habitat naturel, la forêt, et mener une existence conforme à leurs traditions ancestrales.
Voilà pourquoi ils font aujourd'hui, l'objet de nombreuses enquêtes scientifiques et intéressent particulièrement les centres de recherche et des ONG, ainsi que des organisations internationales comme la Banque mondiale, au point que l'Unesco a érigé ces peuples en patrimoine culturel pour l'humanité. Organisé par le ministère de l'Environnement, grâce à un financement de la Banque mondiale, l'atelier national de validation de la stratégie nationale de développement des peuples autochtones pygmées en RDC, a été ouvert hier à l'Hôtel Memling, par le ministre José Endundo Bononge, en présence de Mme Marie-Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la république du Congo. Le ministre de l'Environnement, Conservation de la nature et Tourisme a félicité les responsables de la Banque mondiale pour avoir rendu possible, l'organisation de cet atelier qui permettra de valider la stratégie nationale de développement des populations autochtones pygmées, avant de louer l'appui que la Banque mondiale ne cesse d'apporter à notre pays, depuis la reprise de sa coopération structurelle.
José Endundo a déploré le fait que les populations pygmées vivent toujours dans des conditions difficiles, marginalisées et malnutries, malgré les efforts déployés par les différents gouvernements. D'où la détermination de son ministère d'oeuvrer pour que les droits de ces populations soient reconnus Et respectés. Pour terminer, il a émis le voeu de voir les travaux de cet atelier Favoriser une prise en compte des réalités du terrain, grâce à la contribution des experts et l'apport de communautés pygmées représentées à ces assises, et aboutir à la validation d'une stratégie nationale de développement de ces peuples. Marie-Françoise Marie-Nelly pour la promotion des peuples pygmées de la RDC Dans son allocution, la directrice des opérations de la Banque mondiale a indiqué que la préparation de la stratégie nationale S'appuie sur une démarche participative qui a commencé par un atelier de consultation préliminaire en juin 2008, ayant réuni la plupart des ONG d'accompagnement des pygmées dans les neuf provinces où ils vivent.
Cette session d'orientation, a rappelé Marie-Françoise Marie-Nelly, avait défini les termes de référence d'une enquête participative pour obtenir une meilleure connaissance de ces peuples, identifier et analyser les causes du processus de leur appauvrissement en RDC. C'est hier qu'ont été discutés, les premiers résultats devant constituer les piliers de la stratégie nationale. Face aux conditions de vie difficiles, la directrice des opérations de la Banque mondiale s'est appesanti sur le sort et la sédentarisation des pygmées qui accroît leur dépendance vis-à-vis des agriculteurs traditionnels auxquels ils sont souvent assujettis. Et bien que ces peuples possèdent des droits civiques au même titre que leurs concitoyens, leur précarité économique augmente, et ils font parfois l'objet de dénis de droit de la part de leur environnement social et administratif. Elle a déploré aussi le fait que leur état de santé est également précaire et met en cause jusqu'à la reproduction de certaines communautés.
En somme, tous leurs indicateurs - de revenus, d'éducation, de santé, de capital social, de sécurité - sont inférieurs à ceux de leurs voisins. Pauvres, vulnérables et marginalisés, telles sont aujourd'hui les qualifications les adéquates de la situation des peuples pygmées de la RDC. Elle a fait valoir que cette stratégie est en droite ligne avec les objectifs de lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité fixés par le DSCRP de la RDC. La Banque mondiale qui porte une attention particulière à la protection des peuples autochtones et a déjà accompagné la réalisation des cadres de politiques de développement pour les peuples autochtones et des plans de développement dans le cadre de plusieurs projets qu'elle finance ( PNFoCO, Puspres, Pro-routes). Ce document stratégique de référence permettra, a-t-elle fait savoir, de mieux organiser les interventions des différents partenaires dans un cadre national élaboré et validé par toutes les parties prenantes. La clôture de cet atelier intervient cet après-midi, à l'Hôtel Memling.

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