La Tribune (Algiers)

Afrique: Le président américain entame sa tournée en Arabie saoudite - Que dira Obama dans son discours du Caire ?

Le président américain Barack Obama a entamé hier à Riyad une virée au Proche-Orient, placée sous le signe de l'ouverture et de la réconciliation avec le monde musulman. Sa mini-tournée sera ponctuée par le discours dans la capitale égyptienne à l'adresse du 1,5 milliard de musulmans dans le monde. Un discours qu'il prononcera aujourd'hui au Caire, après huit ans de tensions sous son prédécesseur George W. Bush. Cette ouverture de l'administration Obama au monde musulman a suscité l'inquiétude de l'allié israélien en raison des divergences sur la relance du processus de paix avec les Palestiniens. Obama effectue sa première visite en Arabie saoudite depuis son intronisation. Il a été accueilli par le roi Abdallah.

Avant son arrivée, Obama s'est voulu ferme. Il a dit vouloir «remettre sérieusement sur les rails» le processus de paix au Proche-Orient. Obama a surtout souligné la nécessité d'une certaine fermeté à l'égard d'Israël sur la création d'un Etat palestinien et la colonisation juive, véritable obstacle à la paix. Le monde musulman attend avec curiosité les effets sur le terrain de cette fermeté vis-à-vis du gouvernement extrémiste de Benjamin Netanyahu. Ce dernier refuse clairement d'accepter l'idée d'un Etat palestinien et de geler totalement la colonisation en Cisjordanie occupée. Le roi Abdallah avait été à l'origine de l'Initiative de paix arabe, adoptée en 2002 et prévoyant une normalisation entre les Arabes et Israël en échange d'un retrait total des territoires palestiniens occupés en 1967. L'initiative a été accueillie avec dédain par la partie israélienne. Américains et Saoudiens devaient également tenter d'élaborer une stratégie vis-à-vis de l'Iran, véritable hantise des Etats arabe dits modérés.

Pour les deux capitales qui constituent les deux étapes de la tournée d'Obama, l'Iran demeure une menace. Certains dans le monde arabe semblent avoir une attente démesurée du discours du président Obama. Croire qu'un rééquilibrage de la politique américaine est possible, c'est faire preuve de naïveté.

En fait, la seule chose que pourra offrir Barack Obama au monde musulman sera une énième affirmation de ses divergences avec Israël sur la poursuite de la colonisation des territoires occupés et sur la création d'un Etat palestinien. Mais ce constat de divergences ne se traduira pas par des actions et encore moins par de réelles pressions sur Israell. Obama fera surtout en sorte d'essayer de corriger l'image de l'Amérique sérieusement dégradée aux yeux du monde musulman par la guerre en Irak et le scandale lié à Abou Ghrib et Guantanamo.

Difficile de dire que la politique américaine entamera dès aujourd'hui un changement dans les actes.

Le président américain avait averti qu'un «seul discours ne va pas résoudre tous les problèmes» mais estimé que son déplacement dans les pays musulmans représentait «une opportunité de faire en sorte que les deux parties s'écoutent un peu plus».

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