Alain Noah Awana
4 Juin 2009
Le colloque ouvert depuis lundi 2 juin 2009 cherche à structurer le cinéma du continent noir pour en faire une véritable industrie. Rencontres, colloques et autres festivals se tiennent depuis de longues années en Afrique pour tenter d'apporter une solution réelle aux différents problèmes qui minent le cinéma du continent. "Les Ecrans Noirs", 13ème édition, ne dérogent pas à cette règle. En marge de ce festival qui se déroule à Yaoundé, un colloque sur le " Cinéma et l'économie " a démarré lundi 1er juin au Centre culturel français François Villon (Ccffv).
La question principale étant de savoir s'il faut industrialiser le cinéma africain. L'objectif principal de ce colloque, comme l'expliquent ses organisateurs, est de trouver " enfin " le scénario idéal pour le décollage du cinéma africain. Plusieurs cinéastes reconnus ont ainsi fait le déplacement du Ccfvf. On peut citer notamment le producteur nigérian Kingsley Ogoro, Boubakar Diallo, Idrissa Ouedraogo, Robert Minangoy, Thierry Michel (réalisateur de Mobutu roi du Zaïre), etc. Tous apportent leurs expériences personnelles tout en faisant des suggestions.
C'est ce qui a fait l'essentiel des débats d'hier, 2 juin 2009. Mais, l'on a surtout parlé des expériences du Nigeria et du Burkina Faso. Des pays où, s'il n'existe pas une réelle industrie du cinéma, on est tout au moins avancé. Le Nigeria par exemple a déjà son Hollywood, en référence à Hollywood. " Nous n'avons pas une réelle industrie du cinéma comme Hollywood. Mais il y a une véritable envie de création et surtout de structuration de ce secteur dans notre pays ", explique Kingsley Ogoro. Il insiste sur le fait que le Nigeria est un modèle en Afrique en ce qui concerne la consommation interne des vidéos.
Difficultés
Seul problème à cette " éclosion " du cinéma au Nigeria : il y a trop de films vidéos sur le marché nigérian et la piraterie est très féroce. Ce n'est d'ailleurs pas un cas spécifique. Cependant, les participants au colloque de Yaoundé estiment que d'autres problèmes existent et sur lesquels l'on ne se penche pas assez. Le débat sur la professionnalisation du cinéma en Afrique est une fois de plus relancé. Très peu de professionnels sont présents sur la scène africaine, et d'ailleurs ceux qui le sont ne sont pas connus. Résultat : des productions de faible qualité tant sur le plan technique qu'artistique. Ce qui donne lieu à une consommation inférieure aux potentialités incontestables.
Mais, il existe aussi d'autres blocages. C'est ainsi que le problème du doublage, technique qui permet d'avoir le même film en plusieurs langues et donc de s'attaquer à plusieurs marchés, tarde à se développer. Alors que c'est un secteur qui pourrait donner beaucoup de travail aux jeunes. Il peut également permettre de " relancer " un film sur un marché inexploité. Mais, au regard de ce qui se fait avec les films nigérians notamment, l'on est bien loin des résultats escomptés. D'autres pistes sont à explorer pour booster le cinéma africain.
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