Kinshasa — Au cours du point de presse animée, le mercredi 3 juin au quartier général de la Monuc, la rapporteuse spéciale de l'Onu chargée des droits de l'homme, Margaret Sekaggya, a stigmatisé l'impunité en RDC. Parmi les personnes ciblées, les policiers, militaires, agents de renseignement ainsi que les membres de groupes armés. Elle a relevé que les défenseurs des droits de l'homme considérés comme des « ennemis ou des opposants », se heurtent à de nombreuses difficultés qui entravent leurs activités légitimes et sont victimes de harcèlement judiciaire lorsqu'ils dénoncent les violations des droits de l'homme.
Pourtant, a-t-elle ajouté, les défenseurs des droits de l'homme sont essentiels et jouent un rôle clef dans le processus de démocratisation en RDC. La rapporteuse spéciale se dit préoccupée par l'enchevêtrement des pouvoirs et des prérogatives de la police, des militaires et des services de renseignement. Elle a indiqué que les défenseurs des droits de l'homme sont placés au secret dans des centres de détention de l'ANR (Agence nationale de renseignement) auxquels la Monuc n'a aucun accès et qui échappent au contrôle de la justice.
S'agissant de l'opération militaire conjointe Kimia II menée par les FARDC et la Monuc contre les FDLR, Mme Margaret Sekaggya a dit qu'elle expose davantage les défenseurs aux agressions et aux représailles de la part des deux parties au conflit. Elle a recommandé à l'Assemblée nationale d'adopter le projet de loi portant création de la commission nationale des droits de l'homme approuvé par le Sénat, laquelle, selon elle revêt d'une importance indéniable en RDC.
RECOMMANDATIONS
La rapporteuse spéciale de l'Onu s'est félicitée des activités des comités de suivi créés conjointement par la Monuc, les FARDC et la Police nationale pour examiner les plaintes concernant les violations commises par les forces de sécurité. Mme Sekaggya qui présentera son rapport au Conseil des droits de l'homme lors de sa 13ème session en mars 2010, a fait plusieurs recommandations au gouvernement, aux autorités locales, à la Monuc et à la communauté internationale.
Elle a recommandé au gouvernement « d'engager un dialogue soutenu et constructif avec les acteurs de la société civile en vue d'améliorer la situation des défenseurs sur le terrain, de lever les restrictions illégitimes de l'exercice du droit à la liberté de réunion en octroyant immédiatement la personnalité juridique aux Ong qui remplissent toutes les conditions administratives et de respecter le régime d'information qui régit l'exercice du droit à la liberté de rassemblement pacifique sans aucune interférence arbitraire de la part de l'Exécutif ».
A rappeler que Mme Sekaggya a séjourné en RDC, notamment à Kinshasa, Kananga et Bukavu, à l'invitation du gouvernement, du 21 mai au 3 juin 2009. L'objectif de sa visite était de constater la situation des défenseurs des droits de l'homme au regard des principes de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'homme adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1998.

Comments Post a comment