Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Transport - L'axe Douala-Yaoundé rapporte moins qu'avant

Face à une concurrence déloyale, les agences ont sombré dans la débrouillardise. Bruno Etaba, agent immobilier informel raconte son calvaire qui illustre l'ambiance qui prévaut dans les compagnies qui assurent la ligne Douala-Yaoundé : « En matinée du 26 mai dernier, je me rends à Buca voyages aux environs de 11h. Aux renseignements, l'on m'apprend que le seul départ qui peut m'embarquer est programmé à 16h. Je grimpe derrière un bend skin qui me dépose à Centrale voyages où je trouve un bus prêt pour le départ. La caissière me fait savoir que pour l'heure, le départ du prochain voyage ne lui est pas encore communiqué. » Lorsque Bruno Etaba revient à Garanti Express, il embarque dans un bus qui mettra deux heures avant de démarrer. Le temps de faire le plein.

C'est alors qu'avec nostalgie, il se rappelle de l'époque des débuts de cette activité. « En allant chez telle ou telle compagnie, se souvient Bruno Etaba on savait à quoi s'attendre. On savait par exemple que chez Centrale voyages, les bus démarraient à des heures précises, qu'ils soient pleins ou pas. Chez Garanti, les bus prenaient la route toutes les 30 minutes. Chez Beauty, on était moins pressé, mais le client épargnait 500 francs par rapport aux premières cités. »

Pourquoi deux des quatre premières compagnies évoquées ont-elles mis la clé sous le paillasson ? Et que les deux autres survivantes n'en mènent plus large au profit de Buca débordé ? Approché, Victor Mvele, le directeur commercial de Centrale Voyages situe les causes à deux niveaux : tout d'abord l'arrivée massive des aventuriers qui, à la faveur du non respect des textes réglementaires, installent un désordre indescriptible. En second lieu, la mise en circulation des véhicules ne répondant à aucune norme prescrite par la loi.

Pour ce qui est de l'activité elle-même, Victor Mvele rappelle que, conformément à la réglementation en vigueur, seuls deux points de chargement sont homologués à Douala : les sites aménagés par les compagnies ayant choisi d'investir, et les gares routières gérées par les communes pour ce qui est des transporteurs dépourvus de site. « Mais que voit-on ? De nombreux aventuriers viennent se positionner sur la chaussée, à proximité des agences régulières, pour forcer les passagers à rentrer dans leurs bus, à des tarifs dépouillés », déplore Victor Mvele. Il précise : « Or, les tarifs, sur Douala-Yaoundé sont fixés à 3640 francs par l'Etat. » Comme les aventuriers ne supportent aucune charge de fonctionnement, ni fiscale, parce que imposés sur le régime de base et non du réel, ils peuvent transporter les passagers à la moitié du prix pratiqué par les agences. Dans ce contexte, les aventuriers ont pris les compagnies reconnues en étau. Et la strangulation s'opère tranquillement. Inexorablement ?


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