Dakar — Le président de la République, Abdoulaye Wade, s'est dit "effrayé" par l'ampleur du travail à faire en direction de la 3-ème édition du Festival mondial des arts nègres (Fesman) prévue en décembre au Sénégal, bien qu'ayant "le sentiment que les choses sont bien campées".
"Je suis effrayé par l'ampleur du travail à faire. J'ai le sentiment que les choses sont bien campées, mais je suis un peu perturbé et j'aimerais entendre autre chose", a dit le chef de l'Etat qui présidait mardi un Conseil présidentiel sur les préparatifs de la manifestation.
"Je suis effrayé par l'ampleur du travail à faire et j'ai le sentiment que les gens n'en sont pas conscients", a-t-il insisté après avoir entendu un compte rendu détaillé du coordonnateur général du Fesman, Alioune Badara Bèye.
Le président de la République a suivi un exposé sur le travail effectué par les différentes commissions, le comité international d'orientation, le plan de communication, les campagnes de sensibilisation menées en Afrique (Gambie, Cap Vert, Guinée, Ghana, Burkina Faso...), en Amérique (Etats-Unis, Venezuela, Brésil, dans les Caraïbes, en France, etc).
Me Wade a dit que le statut d'intellectuel de la plupart des personnes impliquées fait que celles-ci "travaillent aussi pour une cause". "C'est cette cause qu'il faut promouvoir et défendre. Je peux faire le festival, mais ce n'est pas ça le problème. Il faut que ceux qui sont responsabilisés soient aussi conscients des tâches à mener", a-t-il expliqué.
"Plus on réfléchit, plus on avance et plus on doit s'adapter à l'évolution. Il faudra dire ce que nous attendons des différents thèmes que nous avons choisis", a poursuivi le président Wade qui avait à ses côtés le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye et le ministre d'Etat chargé de l'organisation du Festival, Mame Birame Diouf.
"On peut dire que les choses fonctionnent bien et vont dans la bonne direction", a-t-il relevé, estimant toutefois que la communication sur le Festival au Sénégal "n'est pas suffisante".
Le chef de l'Etat a soulevé cette problématique à la suite de l'intervention du secrétaire permanent de la Commission nationale du Fesman, Abdoulaye Racine Senghor, qui a parlé des "campagnes d'information et de sensibilisation" menées dans les 14 régions du pays.
A ce sujet, Me Wade a répondu : "je suis au centre d'un petit monde dans lequel je rencontre diverses personnes à qui je pose des questions sur le Fesman. Et je sens, dans leurs réponses, qu'elles ne sont pas suffisamment informées".
"Il faut aller vers les populations pour qu'elles s'approprient la manifestation. Il faut aller dans les milieux où les gens se rencontrent et y porter le festival, a suggéré le chef de l'Etat. Il faut que le Sénégalais moyen sache qu'au mois de décembre prochain, ça va se passer ici, que des Noirs du monde entier vont se rencontrer ici. Les Sénégalais doivent avoir une idée de la manifestation."
Pour Abdoulaye Wade, "le festival sera certainement réussi, parce que des intellectuels vont débattre lors de colloques et de conférences, de grands artistes vont se produire". "Mais l'impact final se mesure au niveau du peuple. Il faut leur expliquer le festival pour que, mentalement, chaque Sénégalais soit sensibilisé et se sente concerné et impliqué".
Le Conseil présidentiel s'est déroulé en présence de nombreux ministres (Intérieur, Economie et Finances, Culture, Commerce, Education, Communication, Agriculture), d'acteurs culturels (musiciens, stylistes, artistes plasticiens, entre autres) et de représentants des animateurs et conseillers culturels.
La 3-ème édition du Festival mondial des Arts nègres est prévue du 1-er au 14 décembre prochain sous le thème de la "Renaissance africaine". La première édition a été organisée à Dakar du 1-er au 24 avril 1966, sur le thème : "Signification de l'art nègre dans la vie du peuple et pour le peuple". Lagos avait accueilli du 15 janvier au 12 février 1977 la deuxième édition du Festival mondial des arts nègres, sur le thème : "Civilisation noire et éducation".
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