Pierre Emangongo
13 Juin 2009
Kinshasa — Le gouvernement kenyan dispose de 10 semaines pour instaurer un tribunal chargé d'enquêter et de juger les présumés responsables des violences post-électorales de l'an dernier, soldées par plus de 1500 morts et des centaines de milliers de personnes déplacées dans le pays, a décidé l'ex-secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan cité par l'agence Misna.
Il a, en même temps averti que l'affaire serait déférée à la justice internationale à l'expiration du délai susdit.
Dans une interview radiophonique à la Bbc, M Annan a précisé qu'à défaut d'un accord avant fin août entre les leaders politiques pour la formation d'un tribunal sur les violences post-électorales, il remettrait à la Cour pénale internationale (Cpi) un dossier. Ce document est élaboré par Philippe Waki, responsable de la commission chargée d'enquêter sur les violences et porte les noms de 10 suspects, accusés d'avoir alimenté les troubles politiques et interethniques qui ont paralysé le pays de janvier à mars 2008.
M Annan a, en outre, affirmé avoir reçu des garanties de la part du président Emilio Mwai Kibaki et du Premier ministre Raila Odinga pour tenter à nouveau de former le tribunal, après l'échec d'une première tentative il y a quelques semaines, les députés ayant rejeté le projet de loi.
M Annan, qui avait déjà mis en garde les acteurs politiques du Kenya contre la possibilité de faire intervenir la justice internationale sur les violences postélectorales de l'an dernier a, enfin, rappelé que les parlementaires étaient liés par leurs obligations à l'égard de leurs électeurs et mis l'accent sur l'opportunité de juger les criminels présumés au Kenya.
La position de M. annan recoupe celle d'un analyste qui estime que la création de ce tribunal permettra de sauver la démocratie et contribuer au rétablissement de la stabilité du Kenya, ce pays important de l'Afrique de l'Est.
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