Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Rutshuru - coups de feu à Kisharo, 4 morts, des femmes violées

Kinshasa — Quatre personnes civiles tuées, une autre blessée, des femmes violées et plusieurs biens pillés, c'est le bilan de la panique semée par les militaires de l'armée régulière de la 18e brigade, le dimanche 14 juin à Kisharo, à 100 kilomètres au nord-est de la ville de Goma. Le commandant des opérations au Nord-Kivu reconnaît les faits. Il s'engage à punir systématiquement les auteurs de ces actes.

Plusieurs sources concordantes dans le secteur de Nyamilima, environ 100 kilomètres au nord-est de Goma, indiquent que des militaires de la 18e brigade dernièrement intégrée et déployés il y a 3 semaines dans cette localité, ont tiré des balles en l'air samedi et dimanche. Ils réclament leur solde de 6 mois impayés ainsi que la ration auprès des autorités militaires.

Ces incidents ont causé la mort de 4 personnes et une blessée. 3 femmes ont été violées et plusieurs biens pillés dans des habitations et boutiques des habitants, affirment les sources administratives sur place. Cette situation a créé la panique jusqu'à hier lundi matin parmi les habitants qui sont restés terrés chez eux. Les écoles n'ont pas ouvert leurs portes.

Le commandant des opérations au Nord-Kivu, le Colonel Bobo Kakudji, confirme l'arrestation d'une dizaine de militaires qu'il qualifie d'indisciplinés, en relation avec ces incidents. Il promet des sanctions sévères aux auteurs de ces actes. Cette panique avait commencé samedi dernier dans la cité de Nyamilima où ces militaires avaient tiré quelques coups de balles en l'air, causant la mort d'une personne. Par ailleurs, 5 femmes ont été violées dont 2 mineures, plusieurs habitations et boutiques pillées systématiquement, indiquent des sources sur place.

SITUATION HUMANITAIRE PLUS PREOCCUPANTE A KALEHE

Par ailleurs, la population de Kalehe se dit submergée par des sollicitations des familles de déplacés qui affluent chaque jour en provenance, notamment de Bunyakiri, Katasomwa, Bulambika et Ziralo. Si une bonne partie de ces déplacés sont regroupés dans quatre sites, d'autres sont dans des familles d'accueil.

L'incidence de ces nouveaux venus sur la situation socio-économique se fait déjà ressentir sur le vécu quotidien des habitants autochtones, notamment avec une forte demande par rapport à une production agricole au départ faible. L'autorité territoriale souhaite que les humanitaires qui sont opérationnels dans cette région fassent un peu plus, sinon la famine risque de frapper très fort le territoire de Kalehe. Un habitant de la place se plaint : «Depuis qu'ils sont venus, le prix des produits alimentaires ne cessent de monter du jour au jour. Ces déplacés vivent difficilement étant donné qu'ils sont en train de manger de ce que nous avons produit, malheureusement nous ne produisons plus assez pour le moment, nos productions ne répondent même pas aux besoins de la population locale. Nous vivons tous dans une situation difficile».

Ce déficit alimentaire s'accompagne aussi de la flambée des prix sur le marché pendant que la population est démunie. Les rares interventions humanitaires, notamment de Caritas, sont loin d'améliorer la situation. L'administrateur ad intérimaire du territoire, Dédé Mwamba Tshibuabua, dit avoir mis sur pied une structure pour essayer d'y faire face, avant qu'il ne soit trop tard.


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