Issa Niang
16 Juin 2009
Une campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées à longue durée d'action, couplée aux journées nationales de supplémentation en vitamines A et au déparasitage, telle est la ceinture de sécurité mise en place pour assurer aux enfants âgés de moins de 5 ans une prévention maximale contre le paludisme et la carence en vitamine A.
D'une pierre, trois coups. Du 22 au 30 juin, une campagne pour la sauvegarde de l'enfant se déroulera sur toute l'étendue du territoire nationale. Cette campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées à longue durée d'action (Milda), couplée aux journées nationales de supplémentation en vitamines A et au déparasitage, vise à assurer aux enfants âgés de moins 5 ans une prévention maximale contre le paludisme et la carence en vitamine A. Hier, la Direction de l'alimentation, de la nutrition et de la survie de l'enfant (Danse), le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) et la Fondation Youssou Ndour, en présence de l'artiste, l'Oms et les autres partenaires faisaient face à la presse pour dresser les grandes lignes de cette campagne intégrée.
Au Sénégal, 61 % des enfants seraient exposés au risque de carence de la vitamine A. Selon les indicateurs, la carence en vitamine A constitue un véritable problème de santé publique dans un pays dont la mortalité infanto-juvénile serait supérieure à 70 %. Ce taux se situe à 121 pour mille.
Autrement dit, un enfant sur 8 décède avant son cinquième anniversaire. L'Enquête démographique et de santé de 2005 avait montré que 84 % des enfants âgés de moins 5 ans sont anémiés. Un tableau sombre qui pousse les autorités sanitaires à mettre les bouchées doubles. C'est ainsi qu'une campagne de supplémentation en vitamine A de masse a été initiée depuis 1995. Ces campagnes permettent de maintenir des couvertures élevées et soutenues, conformément aux directives sur l'administration de la vitamine A en routine qui prévoit une campagne biannuelle de supplémentation. Selon le Colonel Youssouf Gaye, Chef de la Direction de l'alimentation, de la nutrition et de la survie de l'enfant (Danse), l'objectif de cette campagne est d'atteindre au moins 85 % des enfants. De son avis, les carences des enfants sont souvent associées à des problèmes de parasitoses. D'où les séances de dépistage qui seront associées à cette campagne de supplémentation. 'La vitamine A est indispensable dans la lutte contre les maladies de l'enfance à l'image de la rougeole, des diarrhées, des infections respiratoires aiguës et du paludisme', souligne le Colonel Youssouf Gaye.
S'agissant du paludisme, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans payent le plus lourd tribut. Fort de ce constat, une campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées à longue durée d'action est couplée à ces journées de supplémentation et de déparasitage. En effet, une méta-analyse de 22 essais randomisés menée par le groupe Cochrane a montré que les moustiquaires imprégnées peuvent réduire à 50 % la morbidité due au paludisme et à 17 % la mortalité chez les enfants moins de 5 ans. Coordonnateur du Pnlp, le Dr Pape Moussa Thior a annoncé que 2 millions 246 mille 520 moustiquaires imprégnées sont prévues pour la campagne de distribution gratuite, alors que les besoins de la population cible sont estimés à environ 2 millions 76 mille 895. L'enjeu est de couvrir 85 % des enfants âgés de 6 à 59 mois. Présentement ce taux d'utilisation des moustiquaires imprégnées chez les enfants de moins de 5 ans se situe à 29 %. En 2006, ce taux était de 17 %.
Cependant, le coordonnateur du Pnlp a tenu à apporter des précisions sur les types de moustiquaires imprégnées recommandées. Il s'agit de Permanet, Interceptor, Duranet, Netprotect, Olyset net. Selon le Dr Thior, l'utilisation à large échelle des moustiquaires imprégnées permet une diminution de la transmission du parasite agent du paludisme et réduit l'infectivité des moustiques vecteurs du paludisme. De même, poursuit le spécialiste, l'usage des moustiquaires imprégnées limite les contacts homme/vecteur et réduit la longévité de ce dernier. En somme, elles contribuent à la réduction de la morbidité et de la mortalité dues au paludisme.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.