Republic of Togo (Lomé)

Togo: Energie propre et bon marché

16 Juin 2009


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La société SE2M dépose trois plaintes

Tout part du constat d'huissier fait le 29 mai 2009 dans les locaux de la SE2M, sur demande de Pascal Coti, agissant en qualité de mandataire de justice provisoire «pour les besoins urgents de fonctionnement». En présence du Directeur administratif et financier, du chef informatique et ses collaborateurs. Au finish, les 4 premiers serveurs sont dépossédés chacun de ses 5 disques durs et le 5è serveur de trois disques de données. Des logiciels et l'ensemble des données comptables ont disparu. Le reste du matériel est, lui, toujours en bon état. Aussi, pour le Conseil de la Société d'entreprise de manutentions maritimes (SE2M) et de la Société d'entreprise de moyens et de manutentions maritimes (SE3M), Me Gagnon Toble, il s'agit «incontestablement de vols et de destructions volontaires planifiées et réalisées par leur(s) auteur(s) dans le but de les paralyser dans le cadre de leurs activités et notamment de leurs missions de service public relatives à la manutention portuaire». Il porte plainte contre X pour vol et destruction de biens punis par les articles 97, 98 et 132 du Code pénal.

Une seconde plainte vise le sieur C.B. et autres pour abus de confiance depuis la même date (4 juin 2009). En l'espèce, SE2M a consenti, le 27 août 2008, un emprunt de un milliard de francs Cfa auprès d'une banque à Lomé, pour un besoin en fonds de roulement et la réalisation de travaux ponctuels. Contre le nantissement par le sieur Dupuydauby portant sur une grue de la SE2M pour un montant de 1,3 milliard. En décembre 2008, un contrat est signé avec une société basée à Dubaï par le sieur C.B. pour l'acquisition de 3 matériels de manutention à plus de 4,1 milliards. Contre toute attente, la livraison doit se faire à Dakar où SE2M n'exerce aucune activité. Puis, un ordre de virement est émis au profit de la société fournisseur pour 885,6 millions FCfa (une partie de l'emprunt bancaire). Seulement, près de six mois après, aucune prestation n'est effectuée. On parle d'un contrat fictif qui n'avait pour but que de détourner. Et la banque réclame le remboursement des échéances du prêt et menace d'exiger la réalisation du nantissement de la grue, actif très important pour l'exploitation de la SE2M.

La troisième plainte est dirigée depuis le 9 juin dernier contre Jacques Dupuydauby, Gérard Perrier et autres pour faux et usage de faux, complicité de faux et d'usage de faux, abus de confiance et complicité d'abus de confiance, escroquerie et complicité d'escroquerie. Ici, on cite des remises mensuelles de plusieurs millions sur les tarifs relatifs aux mouvements import/export de conteneurs manutentionnés par SE2M pour une autre unité basée au Port de Lomé. Et ce depuis le 1er janvier 2007. Le Commissaire aux comptes, lui, ne retrouve pas les documents pour se prononcer sur la validité et la sincérité des remises. De sources judiciaires, on découvre plutôt un compte bancaire en Espagne, à Séville, géré par le sieur Jacques Dupuydauby et alimenté par le versement de certains clients de SE2M. Puis, l'ordre est donné pour virer finalement les sommes sur un compte numéroté au Luxembourg n'appartenant pas à SE2M, mais à un titulaire identifié par des chiffres.

Sécurité des consommateurs togolais

L'ATC met à nu le commerce des produits pétroliers

Trois inquiétudes sont soulevées ce 12 juin 2009 par l'Association togolaise des consommateurs (ATC) pour en appeler à l'éveil des pouvoirs publics dans leur rôle de contrôle. «Il arrive des fois qu'au cours des trajets entre le lieu de stockage officiel et les points de vente ou dépôts qu'il y ait des manipulations frauduleuses sur le carburant par rajout de pétrole lampant ou du DDO (Diesel Distilled Oil) dans le gaz oil». C'est le constat dévoilé par Agouta Aladjou, secrétaire général de l'association, pour dire que le contrôle de qualité des produits pétroliers n'est pas régulier dans les stations de service au Togo et dans le circuit de distribution. Et comme pour se déclarer complices d'un manquement, les stations «ne prennent aucune mesure en vue de s'assurer de la qualité des produits». Alors même qu'il doit être respecté leur taux en souffre, plomb, benzène, phosphore, oxygène, etc. Il n'est donc pas superflu de disposer de matériels (pâtes détectrices d'eau, densimètres, explosimètres) pour mesurer la présence d'eau, la densité, la température, la conductivité électrique, les matières explosives, les gaz.

Et, pour corser la mise, on y retrouve une fraude sur le litrage à la pompe. Dans les faits, des «responsables malhonnêtes» truquent les pompes dans le but de diminuer les quantités de carburant, de pétrole ou de gaz oil vendues aux consommateurs.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le consommateur togolais est mal loti. Car, signale l'ATC, il vit sans cesse depuis quatre ans une pénurie de gaz butane désormais prisé par les ménages pour lutter, ensemble avec le pouvoir exécutif, contre la désertification. Une situation liée au monopole «désormais inadapté» du principal fournisseur Total. En attendant, «la pénurie du gaz a favorisé l'émergence de fournisseurs illégaux dans le secteur informel au mépris des règles sécuritaires et des dispositions en la matière», note l'institution de défense des droits des consommateurs. Et de s'inquiéter que des accidents graves peuvent être occasionnés à la suite de stockage hors norme et la vente du gaz dans des endroits non appropriés. Surtout qu'il faut voir des gens se promener à moto avec des bouteilles à la recherche du gaz. L'Etat doit briser le mutisme.

Dans l'euphorie des revendications des agents

Une mission du gouvernement attendue à Fortia Cement

De sources confirmées, le gouvernement entend entreprendre dans les prochains jours une mission de conciliation à l'usine de fabrication de ciment Fortia, à Tabligbo. Le but est de rapprocher les points de vue des parties en conflit, à savoir les dirigeants de ladite société et les employés renvoyés à la maison depuis des mois. Les premiers reprochent aux seconds d'avoir «saboté» le bon fonctionnement de l'usine par leur mouvement de grève qui vise l'amélioration des conditions de travail. Après plusieurs tentatives, rien ne semble se pointer à l'horizon car les dirigeants campent sur leur position malgré les tentatives d'arbitrage de l'inspecteur du Travail de la région Maritime siégeant à Aného.

Aujourd'hui, les employés «licenciés de fait» de Fortia Cement ne jurent finalement que par l'Etat ; ils disent avoir saisi le Premier ministre pour obtenir leur réintégration. En attendant, les employeurs ne veulent comprendre qu'on laisse le travail pour revendiquer ses droits. Ils ont recruté d'autres manÅ"uvres de circonstance et d'autres ouvriers de la société voisine de cimenterie Wacem pour faire tourner l'entreprise en remplacement des grévistes.

Selon le Syndicat démocratique des mines Fortia, d'autres employeurs sont mis à la maison après la levée du mot d'ordre de grève le 1er juin 2009. Depuis 2005, les mouvements de débrayage ont commencé à Fortia pour décrier une grille salariale qui oscille entre 24.000 et 59.000 francs Cfa. Depuis la grève de juillet 2008, la visite médicale a, elle, été obtenue par les employés. La dernière rencontre des parties chez l'inspecteur du travail, le 29 mai 2009, n'a rien donné.

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