Jean-Célestin Edjangue
17 Juin 2009
La levée du corps de la diva camerounaise de la chanson a eu lieu hier mardi matin, au Chu du Kremlin Bicêtre (94), en présence d'une foule nombreuse. "Quelle douleur!" Cette Camerounaise d'une trentaine d'années, a toutes les peines du monde à retenir ses larmes. Son cri, qu'elle vient de lancer juste dans le grand hall de la chambre mortuaire où la dépouille de Charlotte Mbango est encore exposé dans une cercueil de fortune, résume à lui tout seul l'émotion intense qui régnait hier mardi matin, 16 juin, au Chu du Kremlin Bicêtre.
C'est là qu'a eu lieu la levée du corps de la reine du Konkaï Makossa, qui a définitivement avalé son micro d'or le 2 juin dernier. La cérémonie, qui était prévue à 8h30, a débuté avec une petite demi-heure de retard. Les frères de Charlotte, sont d'ailleurs arrivés juste à temps. Respectivement à 8h45 pour Bunya et 8h55 pour Richard Mboulè, le chef de famille.
Avant eux, plus de trois cents personnes, fans, amis, collègues, connaissances et anonymes, vêtus de noir pour la plupart, avaient envahi l'allée qui mène jusqu'à la chambre mortuaire. Puis à 9h00, les services de la morgue ont ouvert la porte afin que les uns et les autres pénètrent dans la salle décorée de manière plutôt sommaire. Quelques photos de la diva souriante étant accrochées sur l'un des murs, d'autres posées à même le sol, contrastaient avec le corps sans vie qui reposait dans le cercueil à moitié couvert.
Dernières formalités
Le pasteur Ewèlè de l'Union des Eglises Baptistes du Cameroun, section de Paris, pouvait alors prendre les commandes. Au cours d'une cérémonie sobre mais profondément émouvante, il a rappelé les conditions dans lesquelles Charlotte est décédée, rendant un hommage appuyé en particulier aux Camerounais de Dublin, sous la houlette de Chantal Ayissi, qui ont permis son évacuation pour exaucer l'une des dernières volontés de Charlotte Mbango: "Rendre son ultime souffle auprès de sa famille d'artistes".
Mais, le pasteur en a aussi profité pour dissiper un malentendu: "C'est d'abord dans sa vraie famille que Charlotte a été aimée. Quand on a une vie d'artiste, il n'est pas facile de se faire comprendre. La famille de Charlotte Mbango l'a entourée dès le départ.", a-t-il précisé avant de conclure: "Nous sommes à l'unisson des Camerounais de Dublin, de France, d'Afrique, et du monde entier.
Ne chantez plus Konkaï Makossa. Mais Konkaï Bikutsi, Konkaï Magambeu, Konkaï Assiko. C'est ce que Charlotte voulait. Elle était contre tout clanisme, elle était ouverte au monde, elle était du monde".
La cérémonie s'est terminée vers 10 heures, la dépouille de l'artiste devant encore subir quelques formalités avant son arrivée au pays. Car, comme l'a souligné son frère aîné, Richard Mboulè, "Charlotte a demandé d'être inhumée dans la terre de ses ancêtres, dans la paix et la sérénité". Elle sera inhumée au cimetière du Bois des singes à Douala samedi prochain.
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