Léger Ntiga, à Bonn
17 Juin 2009
Ils l'ont indiqué au cours de la récente conférence de Bonn en même temps qu'ils se disaient favorables aux plans d'atténuation.
Il va de soi que les objectifs de réduction annoncés par le Premier ministre japonais Taro Aso, de réduire de moins 15% des émissions de gaz à effet de serre (Ges) d'ici 2020 comparé à 2005, soit moins 8% par rapport à l'année de référence 1990, ne peuvent satisfaire aucun experts. Nous du Cameroun disons donc que c'est très insuffisant. A côté de cet avis d'experts, il a l'action politique qui se situe à un autre niveau. Comme Kaisa Kosonen de Greenpeace, à travers ce raccourci, le point focal du Cameroun sur les questions du changement climatique Joseph Armathe Amougou, ne cache pas sa lassitude de voir les débats tourner en rond.
Pour autant, il note une avancée au niveau de l'avancée des travaux des experts. Notamment en matière des "engagements de long terme encore appelés action concertée, d'atténuation où, dit-il, il faut se situer par rapport à un chiffre et surtout, la question des plans d'atténuation par rapport aux pays forestiers". Sur chacun de ces points précisément, le groupe des experts du Cameroun fait savoir la position scientifique du pays. "A propos des plans d'atténuation (Namas), nous disons que contrairement à la proposition qui est faite par les pays industrialisés, contrairement au rejet de certains pays en développement, nous sommes favorables aux Namas. Cependant, nous suggérons que les Namas soient dissociés du projet des ressources sur le développement durables (Redd), déjà en cours dans notre pays", indique M. Amougou qui dit tenir aux acquis pour le Cameroun, liés à cet engagement de lutte contre la désertification.
Face au groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le Cameroun a reprécisé ses centres d'intérêts en matière d'adaptation. Il s'agit notamment, des secteurs agricole, pastoral, piscicole et industriel. Comme le reste de l'Afrique, le Cameroun propose que toutes les autres transactions liées à l'activité forestière soient mises à contribution. Aux côtés des autres experts du bassin du Congo cependant, ceux du Cameroun se sont mis avec les latino-américains pour bloquer la proposition indienne sur la prise en compte dans les projets d'adaptation des plantations mises en place dans ce pays en lieu et place des forêts. La proposition indienne est dans une impasse qui s'est renforcée à ce sujet au cours de la conférence de Bonn.
Au rebours de ces avancées des experts camerounais d'entre leurs pairs, "la situation globale du pays sur la question du changement climatique marque le pas, on dirait sur place", note Michel Takam, l'un des représentants de la société civile du pays à Bonn. Il s'appuie sur une étude rendue publique au cours de la conférence par un cabinet américain sur le potentiel du carbone d'un pays comme le Gabon, parmi les plus avancés dans le bassin du Congo (en matière de changement climatique). Selon cette enquête, en matière des facteurs d'ajustement, en supposant que la tonne de gaz carbonique rapporte 05 dollars, le Gabon s'en tire avec 250 millions de dollars chaque année. De l'agent donc à la portée du Cameroun qui vit un décalage inexplicable entre le discours la participation scientifique de ses techniciens et la matérialisation de la volonté politique.
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