Les pouvoirs publics camerounais mènent depuis plusieurs années une lutte acharnée contre les sévices corporels perpétrés sur les enfants.
Le gouvernement camerounais est résolument engagé dans la lutte contre les violences faites aux enfants. Ce combat se traduit par la ratification de plusieurs accords internationaux tendant à protéger leurs droits. C'est le cas de la convention des Nations unies relatives aux droits de l'enfant de 1989, ratifiée par le Cameroun en 1993. Ou de la charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant. Et au niveau national, ce souci figure en bonne place dans la constitution camerounaise. Selon Jean Pierre Edzoa, délégué régional des Affaires sociales pour le Centre, «nous informons les populations sur les droits des enfants.
Ceci, parce que beaucoup pensent que leurs enfants sont leur propriété et qu'ils peuvent leur faire ce qui leur plait. Nous les sensibilisons aussi sur les conséquences causées par les violences». Au delà de l'aspect préventif, ajoute Jean Pierre Edzoa, le Minas intervient aussi dans les situations flagrantes de maltraitance. «En cas de signalement de cas, nous sécurisons l'enfant. Ceci consiste à l'enlever du milieu dans lequel la violence a été exercée, à panser l'atteinte sur les plans physique, psychologique et moral. Enfin, nous lui trouvons un toit moins contraignant. Sans oublier que des poursuites judiciaires peuvent être engagées contre l'auteur des violences», poursuit-il.
Dans les établissements scolaires, la lutte contre les bastonnades est également une préoccupation de premier plan. «Nous avons envoyé des circulaires qui interdisent les bastonnades dans les établissements scolaires. Et certains contrevenants ont été punis. Il y a quatre ans, une jeune fille est morte au lycée de Mendong suite à des sévices corporels. L'auteur, une enseignante, a été envoyée en prison.
De même, l'an dernier, j'ai convoqué un responsable d'établissement pour avoir mis des enfants à genoux sous le soleil », soutient Simon Pierre Amougui, délégué régional du ministère des Enseignements secondaires pour le Centre. Au niveau du primaire, les instructions viennent également du haut, avec comme objectif la suppression du fouet et des soufflets dans les salles de classe. « La violence est interdite à l'école depuis plusieurs années. Les enseignants essaient d'utiliser de moins en moins la chicotte. Mais la turbulence des enfants ne facilite pas les choses. Alors, lorsqu'on voit un enseignant avec un fouet, on l'arrache », confie Adèle Melingui, directrice de l'école publique du centre administratif, groupe II B.

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