De nombreux parents ont décidé d'éduquer leur progéniture sans le bâton, selon le modèle dit occidental.
Berthe Mandeng, 45 ans, est mère de trois adolescents et ne se souvient pas avoir donné une véritable bastonnade à ses garçons, malgré leur caractère difficile. « J'ai tellement été battue par mes parents que je ne suis pas prête à infliger le même traitement à mes enfants », explique-t-elle. Cette enseignante de formation n'a jamais séjourné en Europe, mais les médias et les livres aidant, ses méthodes d'éducation sont un peu calquées sur le modèle occidental. « Je privilégie le dialogue, mais comme il faut garder une certaine autorité, j'use de punitions quand cela s'impose », raconte Berthe Mandeng. Et en termes de châtiments, même s'il est arrivé à cette maman de donner quelques coups de ceinture à la main ou sur les fesses quand ses garçons étaient plus jeunes, ce sont les privations qui dominent. « Quand je n'interdis pas les sorties pendant une période, c'est un achat prévu qui est annulé ou l'argent de poche diminué », précise-t-elle.
Comme Berthe Mandeng, beaucoup de parents camerounais ont abandonné la chicotte quand il s'agit d'éduquer leur progéniture. Et pour ça, de nombreuses raisons sont avancées. « Je veux faire de mes enfants des amis », lance Yvette Ayissi, commerçante. Pour Issa Idrissou, opérateur économique, la bastonnade et la rudesse ne favorisent pas le plein épanouissement des enfants, surtout sur le plan scolaire. « Et quand un enfant est renfermé à l'école, il ne peut rien faire de sa vie. C'est pourquoi je laisse mes enfants faire ce qu'ils veulent, tout en ayant défini des valeurs à la base », souligne ce père de famille. « Quand un parent est trop dur avec ses enfants, c'est plutôt une relation de peur qui s'installe et non d'affection », soutient Berthe Mandeng, se basant sur sa propre expérience.
Et d'une manière générale, pour ces adeptes de la méthode occidentale, quand on a choisi le dialogue, il faut l'instituer dès le bas âge pour garantir un meilleur suivi dans la relation parent enfant. « Même quand on donne une grosse punition à un enfant, surtout pour la première fois, il faut prendre la peine de lui expliquer le bien fondé de la sanction. Parce qu'on ne doit pas corriger un enfant pour le simple plaisir d'avoir le dessus sur lui », soutient Berthe Mandeng. Mais tout ces amoureux de la manière douce sont également unanimes quant à la dose de patiente dont il faut s'armer pour ne pas briser le principe.

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