La Presse (Tunis)

Tunisie: De grandes potentialités pour exporter plus de produits agricoles

Chokri Gharbi

17 Juin 2009


Le rendement des secteurs à forte valeur ajoutée dans lesquels la Tunisie dispose de fortes potentialités de développement sera renforcé au cours de l'étape à venir pour améliorer le positionnement des entreprises tunisiennes sur le marché mondial. Parmi les secteurs prometteurs, on peut citer certains segments du secteur agroalimentaire comme l'huile d'olive, les produits de l'agriculture biologique, les dattes et les agrumes. La richesse de la terre peut être d'un grand apport pour l'économie tunisienne qui accorde aux exportations une place prioritaire.

En effet, le marché mondial et particulièrement européen est demandeur de produits agricoles du terroir qui contribuent dans une large mesure à équilibrer un tant soit peu notre balance commerciale. Toutes les structures professionnelles et techniques sont mobilisées en vue de soutenir les producteurs et leur permettre de réaliser des performances en termes de productivité et de qualité, afin qu'ils puissent continuer à exporter vers les marchés traditionnels et les nouveaux marchés.

La stratégie d'exportation des produits agricoles devrait être renforcée d'autant plus que les capacités de production sont disponibles. Grâce aux périmètres irrigués et aux nouvelles techniques utilisées, les facteurs climatiques défavorables peuvent être contournés en atténuant leur impact direct sur les récoltes.

Les mesures présidentielles relatives à l'octroi des terres domaniales sous forme de concession sur un certain nombre d'années aux techniciens bien rôdés dans le travail agricole ne manqueront pas de valoriser ces terres à la faveur d'une production de qualité qui trouvera certainement sa place dans les marchés importateurs.

Cependant, certaines parcelles agricoles souffrent d'un abandon et d'un manque de suivi. Cet état de fait est dû parfois à l'absence de jeunes techniciens en mesure de prendre en charge les activités agricoles qui se font désormais selon des méthodes scientifiques en appliquant les résultats de la recherche sur le terrain.

Les laboratoires de recherche disposent déjà de plusieurs résultats encourageants en mesure d'être appliqués sur toutes les parcelles en vue d'augmenter la production et d'améliorer la qualité. Les autorités publiques ont déployé, il est vrai, des efforts louables en vue de rapprocher les résultats de la recherche des agriculteurs - en impliquant l'organisation professionnelle à cet effet - mais ce lien entre la recherche et les activités sur le terrain est resté durant plusieurs années un maillon faible pour diverses raisons.

Heureusement que les perspectives de commercialisation de certains produits agricoles s'avèrent prometteuses. D'où l'importance de la mise à niveau des parcelles agricoles qui a été déjà entamée, permettant d'utiliser les nouvelles techniques de production et d'irrigation - dont le système goutte-à-goutte qui a le mérite d'économiser d'importantes quantités d'eau -, le choix des plants sélectionnés et des semences adaptées à notre climat et le recours aux techniciens dans ce domaine.

Un autre point faible est souvent décrié, à savoir le morcellement des terres qui a toujours constitué un problème dans certaines régions. En effet, l'éparpillement des petites parcelles ne permet pas de produire de grandes quantités pour subvenir aux besoins locaux et dégager un excédent à l'exportation.

La stratégie cohérente mise en oeuvre pour l'exportation, qui ne consiste pas à vendre le surplus de la consommation locale - certains produits sont destinés dès le départ à la commercialisation à l'étranger -, a déjà donné des résultats encourageants à confirmer au cours des années à venir. Les normes de qualité, les délais, l'emballage et tout récemment la traçabilité sont autant de conditions qui doivent être remplies pour pouvoir vendre et satisfaire une demande de plus en plus exigeante.

Malgré la crise financière et économique, certains produits agricoles sont encore très demandés sur le marché mondial car les consommateurs - même si la récession de la demande menace plusieurs secteurs - ne peuvent pas s'en passer.

La demande de l'huile d'olive extra-vierge, à titre d'exemple, est appréciée par des millions de consommateurs de par le monde vu ses qualités nutritives. Le marché de l'huile d'olive - notre pays occupe une place de choix dans ce domaine - connaît chaque année une concurrence rude, mais les opportunités de commercialisation sont importantes non seulement dans les marchés traditionnels mais aussi dans les marchés considérés comme nouveaux, à savoir ceux de l'Asie et de l'Amérique notamment.

En plus des produits biologiques dont les possibilités de vente sont illimitées pour celui qui sait explorer les marchés, il y a aussi les produits frais et congelés de la pêche écoulés dans plusieurs points de vente dont ceux qui se trouvent en Europe, notre premier partenaire.

Chaque année, la Tunisie exporte ses produits agricoles dans les quatre coins du monde, mais les potentialités ne sont pas entièrement exploitées et les possibilités d'augmenter les exportations sont réelles.

L'activité agricole - à rajeunir en termes de ressources humaines - est devenue aujourd'hui une véritable industrie qui se fait dans une entreprise à part entière avec son effectif de techniciens, ses moyens de production modernes et performants et ses méthodes de gestion et de comptabilité à jour.

Même si le secteur se caractérise par des petites et moyennes parcelles, il est possible d'introduire la culture entrepreneuriale au sein des parcelles agricoles pour travailler selon des contrats-programmes et en fonction de la demande du marché demandeur et des transformateurs.

Les nombreuses mesures présidentielles prises en faveur du secteur, pour stimuler la production et améliorer le revenu des agriculteurs, doivent encourager ces derniers à restructurer davantage leurs parcelles en tirant le meilleur profit de l'opération de mise à niveau.

Les prix de vente sont souvent un souci pour les producteurs qui sont pénalisés par l'augmentation du coût de la production suite au renchérissement des prix des intrants et des matières premières sur le marché mondial.

De ce fait, ils se trouvent dans une situation difficile et devant une rude concurrence offrant un rapport qualité/prix très intéressant obtenu suite à une politique de compensation très généreuse. D'où la nécessité de trouver les moyens de comprimer les coûts sans pour autant négliger ou sacrifier l'aspect qualité.

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