Faouzia Ababsa et Hasna Yacoub
18 Juin 2009
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Elle dira qu'elle devait marier son fils et pour ce faire il fallait confectionner des gâteaux pour la circonstance. C'est la maman de Hassiba qui s'en est chargée parce qu'elle avait pignon sur rue en la matière. Puis, chemin faisant les deux femmes sympathisent et deviennent des amies.
La cavalerie des avis de sort
Medjadji, 43 ans, occupait le poste de chef de section portefeuille à l'agence BNA de Bouzaréah. Ce troisième accusé auditionné par la cour était chargé, selon lui, de réceptionner les chèques barrés. «Je les soumettais avant toute procédure à ma hiérarchie, qui devait m'instruire soit de les encaisser soit de les escompter.» Il reconnaîtra avoir reçu des ordres de son directeur, Timidjar Omar, puis de son intérimaire, Mme Mesrani Akila, de verser les chèques de la société National Plus à l'encaissement.
«J'ai traité 25 ou 35 chèque», dira-t-il sans pour autant se rappeler le montant. Le président de l'audience lui demandera si l'opération est légale. Il répondra : «Dans un premier temps, cela m'a paru illégal, mais je n'ai aucun pouvoir de décision.» M. Belkherchi lui rappellera qu'on n'exécute pas des ordres en transgressant les lois.
A la question de savoir combien de fois Abderrahmane Achour se rendait dans l'agence, Medjadji répondra : «Tous les jours. Puis, après le départ en congé du directeur, il se présentait une à deux fois par semaine.» Devant l'assistance du magistrat, le prévenu dira qu'il ne faisait qu'appliquer le règlement intérieur de l'agence. «C'est votre règlement intérieur, pas celui de la banque», réplique le président de l'audience. M. Belkherchi appellera le représentant de la partie civile afin qu'il pose ses questions à l'accusé.
En vain, ce dernier restera muet à chaque invitation du magistrat. Ce qui fera dire à ce dernier : «Pauvre argent public !» Le procureur général prend le relais pour demander au prévenu si tous les chèques étaient transmis au directeur général ou seulement ceux appartenant au groupe Abderrahmane Achour. Medjadi dire que tous les chèques, sans exception, lui étaient systématiquement soumis.
Après quoi il transmettait le chèque à l'agence de Cherchell qui devait répondre par l'envoi d'un avis de sort confirmant ou infirmant la provision du compte. Il se trouve que certains avis de sort revenaient avec la mention «payé», tandis que d'autres revenaient sans mention. Ils étaient de nouveau soumis au directeur de l'agence de Bouzaréah qui demandait de les renvoyer. Des va-et-vient qu'on qualifie communément de cavalerie.
Consistant à dissimuler les opérations irrégulières d'encaissement. Puisque les chèques en question ne sont enregistrés ni à Cherchell ni à Bouzaréah. Et, par conséquent, indétectables au niveau des inspections et des contrôles. Ils finissent dans un compte d'ordre caché appelé dans le jargon bancaire «compte des valeurs égarées».
L'un des avocats de Abderrahmane Achour, profitant de l'occasion pour disculper son client du délit d'émission de chèques sans provision, demandera à la cour de mettre à la disposition de la défense le millier de chèques en cause dans cette opération de cavalerie.
Me Ksentini dira que les avocats n'ont jamais pris connaissance de ces documents bancaires. Les auditions se poursuivent et le procès s'annonce long. Un procès qui, à bien des égards, ressemble à celui de l'affaire Khalifa avec des nuances. Le procédé reste le même : encaissements irréguliers, cavalerie d'avis de sort, exécution d'instructions non écrites...
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