Ismael Bicaba
18 Juin 2009
Cela fait trois ou quatre bons jours que le Ouagalais respire mieux. Il ploie moins sous l'effet de la chaleur accentuée par les coupures intempestives d'électricité. Parce que tout simplement, Ouagadougou a reçu deux pluies et le temps a changé. Alors que du côté de la lagune Ebrié, l'on pleure des morts du fait de pluies diluviennes qui se sont abattues sur Abidjan, ces derniers jours, chez nous, on se morfond et l'on craint le pire pour nos paysans parce qu'il n'y a pas comme de par le passé en cette même période, suffisamment de pluies. Que se passe-t-il au juste ? Les analystes météorologues de la sous-région nous ont prédit une saison pluvieuse en demi-teinte. Les uns et les autres ont vite fait de parler de changement climatique.
Il faut comprendre que tout au long de son histoire, la terre a connu des fluctuations de son climat du fait de causes naturelles (éruptions volcaniques, modification de l'énergie solaire) et le climat varie dans le temps et dans l'espace.
Les chercheurs relèvent d'ailleurs que depuis les années 1970, on constate en Afrique de l'Ouest, une dégradation des conditions climatiques se traduisant par une sécheresse qui perdure, une hausse des températures moyennes , la baisse des débits des cours d'eau et la baisse du niveau des nappes phréatiques.
Ce n'est donc pas étonnant. Les changements climatiques désignent une transformation à long terme, du climat d'un lieu donné. Une mesure de cette transformation se fait à travers les modifications que subissent des paramètres climatiques comme la température, le vent et les précipitations, par exemple.
Par contre, ce qu'il faut comprendre, c'est que les phénomènes climatiques actuels telle la vague de chaleur qui nous a longtemps secoués, les inondations, par-ci et l'augmentation de la température à la surface de la terre par-là, sont par exemple, des conséquences qui peuvent entraîner les changements climatiques.
Les changements climatiques actuellement en cours sont d'origine anthropique ; ils sont la conséquence du renforcement du phénomène de l'effet de serre par le rejet dans l'atmosphère de gaz à effet de serre (notamment le dioxyde de carbone) par certaines activités humaines.
Parce que l'homme est ce qu'il est, il nous faudra s'attendre à davantage d'augmentation de la température terrestre, d'augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements extrêmes (inondations, sécheresses), d'augmentation de la variabilité du climat. A moins que la culture de l'écocitoyenneté ne varie d'échelle inférieure à supérieure. Gageons bien !
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