Fara Sambe
18 Juin 2009
Alors que l'Ocde et la Fao publiaient, ce 17 juin, leur rapport conjoint « Perspectives agricoles 2009-2018 », en insistant sur le fait que l'agriculture résiste mieux à la crise mondiale que les autres secteurs, les acteurs africains se réunissent à Dakar autour de l'implication du secteur privé agricole dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme détaillé de développement de l'agriculture en Afrique (Caadp- Pddaa en français) adopté au Sommet de Maputo, en 2003.
Sous l'égide des commissions de la Conférence des ministres de l'Agriculture en Afrique de l'Ouest et du centre (Cma/Oac), de la Cedeao, de l'Ua et du Nepad et en présence des partenaires au développement et de la société civile, la rencontre de Dakar doit plancher sur des propositions concrètes en vue du Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement prévu à Syrte, en début juillet, prolongement de celui de Maputo, en 2003.
Mais, aujourd'hui, un certain optimisme est perceptible chez Ousmane Badiane, le Directeur Afrique de l'Ifpri, qui constate que l'Afrique a repris le train de la croissance, avec plus de 10 ans d'un essor soutenu et même accéléré et plus étendu en termes de nombres de pays.
Auparavant, ouvrant la série des présentations, le coordonnateur de la Cma/Aoc, Baba Dioum, a planté le décor en déroulant les objectifs concrets du Pddaa pour l'atteinte notamment de l'Omd 1 qui est de réduire la pauvreté et la faim de moitié d'ici à 2015.
Il s'agit de maintenir un taux de croissance de 6 %, d'affecter un taux plancher de 10 % des budgets au secteur, de renforcer la transparence et la responsabilité (accountability) des acteurs, d'optimiser les complémentarités régionales et de privilégier une démarche inclusive.
A cet effet, estimant que le secteur agricole africain est constitué à 80 % par les petits producteurs, M. Dioum a estimé que « c'est par là qu'il faut commencer » grâce à un système organisé, à travers des chaînes de valeurs.
C'est ainsi qu'il est attendu de la réunion de Dakar la production d'un cadre pour guider le secteur privé agricole dans ses investissements et d'arriver à un consensus sur des partenariats, notamment entre le public et le privé (Ppp).
« Il faudrait faire en sorte que les petits producteurs ne soient pas exclus, que les réformes favorisent le développement des marchés domestiques et leur accès aux marchés internationaux et que soient harmonisées les normes de qualité », a-t-il dit en substance.
La cérémonie d'ouverture a bénéficié de plusieurs allocutions de qualité. Le coordonnateur Baba Dioum a invité les participants à l'action plutôt qu'à la rhétorique. M. Carlos M. Costa, représentant le secteur privé international, a dit leur disponibilité à ne ménager aucun effort en termes d'investissement et de savoir-faire, tout en appelant à rejoindre l'alliance globale pour le développement.
Au nom des partenaires au développement, l'Usaid et la Banque mondiale en tête, Mme Ann Tutwiller a estimé qu'il faut partir d'une stratégie devant être articulée au niveau politique. Quant à M. Yamar Mbodj de la Cedeao, il a insisté sur la nécessité d'organiser le partenariat entre le secteur privé et les institutions publiques.
Enfin, le ministre Conseiller au Nepad, Ibrahima Mbaye, a cité l'exemple de la Goana comme une réponse du Sénégal à la crise alimentaire et une illustration de la vision du président Wade pour inverser la tendance à la marginalisation, voire l'exclusion du continent africain..
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.