Chokri Gharbi
18 Juin 2009
Lutte contre les moustiques : tous les gîtes larvaires traités. Les indicateurs de l'environnement et du développement durable sont au vert pour le grand bonheur des habitants. C'est la preuve que les projets mis en oeuvre depuis des années ont commencé à porter leurs fruits. Ces résultats ont pu être réalisés grâce à une politique réfléchie initiée par le Chef de l'Etat depuis le Changement du 7 novembre 1987 et qui a permis d'améliorer le cadre de vie dans les différents gouvernorats.
Lors d'un point de presse tenu hier matin au siège de son département, M. Nadhir Hamada, ministre de l'Environnement et du Développement durable, a indiqué que la démarche adoptée dans le programme présidentiel «Pour la Tunisie de demain», qui s'étend de 2004 à 2009, a été renforcée par d'autres dispositions et initiatives visant l'amélioration du cadre de vie et de l'esthétique urbaine. En outre, les projets ont concerné le développement des espaces verts et la préservation durable des ressources naturelles et des écosystèmes.
L'approche tunisienne en matière de préservation de l'environnement lui a valu en février 2009 un classement honorable, à savoir le premier pays arabe dans le domaine de la qualité de la vie par le très sérieux établissement «International Living», en se basant sur des indicateurs relatifs à l'infrastructure de base et l'environnement, au mouvement culturel, à la diversité des activités de loisirs, à l'infrastructure sanitaire et au niveau de vie.
Capacité de traitement des déchets renforcée
La préservation de la qualité de l'environnement n'aura pas été possible sans le développement du réseau des stations d'épuration dont le nombre est passé de 70 en 2004 à 103 actuellement. Le taux de raccordement aux réseaux d'assainissement est passé, quant à lui, de près de 70% à 88% actuellement.
Le programme d'assainissement des quartiers populaires - dont l'exécution a été ordonnée par le Chef de l'Etat en 1989 - a permis jusqu'à 2004 d'assainir 672 quartiers au profit de plus d'un million d'habitants. De 2004 à 2010, le programme devrait permettre d'assainir 236 autres quartiers.
À noter que le programme présidentiel relatif aux quartiers populaires limitrophes au Grand-Tunis qui englobe d'autres villes concerne l'assainissement de 28 quartiers dans 14 gouvernorats au profit de 30.000 habitants pour un coût de 7 millions de dinars. Mieux, le programme supplémentaire adopté pour la période 2010/2012 concerne 21 zones où seront posées des conduites sur près de 49 km pour un coût total de 9,7 MD.
Evoquant la question de la gestion des déchets, le ministre a rappelé que «depuis 2004, des systèmes complémentaires ont été mis en place pour une gestion optimale des déchets sous toutes leurs formes». Au cours du Xe Plan, neuf décharges contrôlées et 50 centres de transfert au profit de 105 communes ont été créés, ce qui a permis d'améliorer la capacité de traitement des déchets ménagers et similaires de 40% en 2004 à 85% actuellement.
Durant le XIe Plan en cours, les décharges contrôlées seront généralisées à toutes les régions. Le taux de gestion des déchets sera porté à la faveur de ces réalisations à 93% au niveau national. Avant la fin de l'année en cours, près de 140 décharges anarchiques seront fermées.
Le ministre a également parlé du centre de gestion des déchets industriels à Jradou - inauguré le 5 juin par le Chef de l'Etat - dont les investissements ont dépassé les 35 MD.
Pour ce qui est de l'esthétique urbaine, il a été possible d'augmenter le taux de boisement de 12,3 m2 par tête d'habitant durant la saison 2004/2005 à 15,37 m2/habitant au cours de la saison 2007/2008.
Les parcs urbains réalisés sont au nombre de 34 répartis sur 22 gouvernorats. Suite à des instructions présidentielles et pour alléger le fardeau aux communes, le secteur privé a été impliqué dans l'exploitation et la maintenance de ces parcs.
Les gîtes larvaires pulvérisés
Par ailleurs, les préparatifs de la saison estivale ont commencé à temps. Un programme d'intervention pour la lutte contre les insectes est mené en collaboration avec le ministère de l'Intérieur et du Développement local et le ministère de la Santé publique.
Les interventions se font par voie aérienne et terrestre en utilisant les produits nécessaires. Cette année est considérée comme «exceptionnelle» vu l'abondance des pluies jusqu'au mois de mai. Les gîtes larvaires ont été identifiés avant leur traitement massif.
Pas moins de 26 équipes ont été mobilisées pour mener les campagnes de traitement dans toutes les zones urbaines du Grand-Tunis. Les cours d'eau et les oueds dans les régions ainsi que 72 caves dans la commune de Tunis ont fait l'objet de curage.
Les interventions aériennes ont concerné les forêts, les lacs, y compris ceux de Séjoumi, de l'Ariana, de Soliman ainsi que certaines zones côtières au Cap Bon (entre Nabeul et Tazarka), à Enfidha, à Kairouan et à Sousse.
La superficie traitée est estimée à 16.000 hectares. En outre, «le pompage des eaux se fait de façon continue sur toute l'année au niveau des lacs de Séjoumi et de l'Ariana», estime M. Hamada, ajoutant que «plusieurs régions ont bénéficié d'un appui matériel et en nature, à savoir des quantités de pesticides et des journées de travail».
La recherche scientifique mène des travaux en vue de développer les méthodes de traitement efficaces susceptibles de réduire la prolifération des insectes en plus des actions de suivi et de contrôle. Les interventions des équipes en question vont se poursuivre jusqu'à la mi-juillet.
D'autre part, une équipe a été mobilisée depuis 2007 pour enlever les ordures et les restes des matériaux de construction en appuyant les efforts des communes pour la lutte contre les insectes.
Le contrôle et l'analyse chimique, biologique et bactériologique des eaux de mer - qui se fait en coordination avec les services du ministère de la Santé publique - concerne 566 points répartis sur toutes les zones côtières. L'alimentation artificielle en sable a nécessité une quantité de l'ordre de 100.000 m3 dans les gouvernorats de Tunis, Ben Arous, Bizerte, Sfax et Médenine.
Dans le cadre de la prévention de l'érosion marine, 50 km de plages dans les gouvernorats de Bizerte, Sousse, Monastir, Sfax et Médenine ont été classés comme prioritaires. Le programme de l'été comporte aussi le nettoyage du sable dans 76 plages publiques dans dix gouvernorats côtiers sur près de 85 km ainsi que l'enlèvement des plantes marines dans 11 plages.
Les quantités déjà collectées sont de près de 40.000 m3. De grands conteneurs ont été installés dans différentes plages - où les différentes prestations ont été améliorées - à l'intention des estivants. Le pavillon bleu, garant d'une qualité de service irréprochable, répond à des critères précis.
A l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la désertification le 17 juin sur le thème «La préservation du sol et de l'eau, une garantie pour notre avenir commun», le ministre a donné quelques détails sur les réalisations accomplies.
Ainsi, grâce aux stratégies nationales dans la conservation de l'eau et du sol (CES) de réduire les terres menacées par la désertification de 24% en 1990 à 17% en 2006. Les superficies forestières sont passées, quant à elles, de 7% en 1987 à 12.86% actuellement.
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