Wal Fadjri (Dakar)

Guinée Bissau: Appui au programme de réforme - La Banque Mondiale s'engage à hauteur de huit millions de dollars

Abdoulaye Sidy

18 Juin 2009


Le Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale a approuvé, mardi, un don de huit millions de dollars à la Guinée-Bissau. L'argent devra servir à une meilleure mise en oeuvre du processus de la Stratégie pour la réduction de la pauvreté (Srp) du pays.

Il y a deux ans, dèjà, le document de la stratégie pour la réduction de la pauvreté (Dsrp) de la Guinée-Bissau faisait l'objet de discussion sérieuse au Conseil d'administration de la Banque mondiale en vue de son approbation.

C'est désormais chose effective. Celui-ci a, en effet, examiné ce mardi la Note de stratégie intérimaire définissant l'appui du Groupe de la Banque mondiale au programme de réforme entrepris par le Gouvernement de la Guinée-Bissau pour la période 2009-10. L'Institution s'engage à hauteur de huit (8) millions de dollars pour aider le pays du défunt président Joao Bernardo Vieira à redresser les secteurs vitaux de son économie nationale.

'La Note de stratégie intérimaire constitue, à n'en pas douter, un message fort indiquant que la Banque est déterminée à appuyer le gouvernement dans ses efforts visant à exécuter un programme transitoire de base dans un contexte marqué par des difficultés', a déclaré, dans un communiqué, Mme Barbara Weber, chef de l'équipe de projet de la Banque mondiale chargée de la Note de stratégie intérimaire.

Dix ans après la première stratégie d'aide à la Guinée-Bissau, cette Note préconise, à moyen terme, une démarche plus déterminée et plus ambitieuse qui fait appel à une masse critique de ressources provenant des partenaires extérieurs, notamment du Groupe de la Banque mondiale. 'Des efforts déterminés pour renforcer les principaux facteurs susceptibles d'améliorer la situation sont absolument nécessaires pour rompre durablement le cercle vicieux de la faible croissance économique, la gouvernance insuffisante et l'instabilité politique, dans lequel se trouve enfermée la Guinée-Bissau ces dix dernières années, depuis la guerre civile de 1998-99', croit savoir Mme Weber. Et à ses yeux, 'cela passe, entre autres, par la mise à disposition de ressources beaucoup plus importantes par la communauté internationale'.

Ce programme de transition, mentionne le communiqué, s'articule autour de deux axes. Il s'agit de renforcer la gestion économique et poser les bases de la croissance des secteurs productifs actuels d'une part et élargir l'accès aux services de base et en améliorer la qualité d'autre part. L'approche stratégique de la Banque mondiale reposera sur le thème transversal du renforcement des capacités.

Ces axes stratégiques justifient, selon la même source, le premier d'une série de dons pour la réforme de la gouvernance économique approuvé par le Conseil des Administrateurs à l'effet de soutenir les réformes visant à promouvoir l'efficacité, la transparence et la responsabilité dans l'utilisation des ressources publiques, grâce à l'amélioration de la gestion des finances publiques.Pour leur part, Alain D'Hoore et Julien Bandiaky, chefs d'équipe conjoints du projet pour le compte de la Banque mondiale, ont souligné que le don contribuerait aussi 'à encourager le développement du secteur privé, principalement par le biais de la promotion d'un cadre juridique moderne propice à l'investissement privé et à l'amélioration du cadre d'activité économique'.

Selon M. D'Hoore, s'il est vrai que la Guinée-Bissau est un Etat fragile de l'Afrique de l'Ouest présentant des risques fiduciaires et des risques-pays considérables, le 'risque le plus grand reste cependant celui de ne pas parvenir à appuyer le processus de stabilisation et de redressement, et de ne pas saisir l'occasion qui se présente d'aider à stabiliser un État fragile'. Telle est la raison pour laquelle, poursuit-il, 'les réformes proposées dans le cadre du projet ont été soigneusement sélectionnées du Dsrp mis au point par le pays, entre autres mesures jugées techniquement aptes et réalisables sur le plan politique, au terme de nombreuses consultations menées avec les parties intéressées'.

La majorité des mesures envisagées dans le cadre du don reposent sur les engagements pris de longue date par le gouvernement en faveur de l'intégration régionale dans le contexte de la Cedeao et de l'Ohada. Elles contribuent à atténuer les risques de retour en arrière. En plus d'atténuer tout risque potentiel, précisent les autorités guinéennes, 'le projet viendra appuyer le développement du secteur privé pour relancer la croissance économique et obtenir des résultats visibles aux yeux de la population'.

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