18 Juin 2009
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On retrouve, dans les rangs de l'Union, des hommes qui ont aidé le président Bozizé à renverser Ange-Félix Patassé en 2003, mais que le manque de récompense a ensuite mécontentés. Les dirigeants du groupe affirment chercher à inverser le sous-développement chronique et la marginalisation politique de la région.
Peu de progrès ont été accomplis en vue de mettre en à "uvre les dispositions de l'accord de paix de 2007, le gouvernement ayant prévu la pleine réintégration des combattants de l'UFDR au sein de l'armée nationale. Ses forces travaillent néanmoins aux côtés de l'armée. Mais des dissensions internes entre ses dirigeants politiques et militaires ont donné lieu à une hostilité ouverte entre factions rivales.
Les combattants de l'UFDR (au nombre de 1 200 environ, selon les dires du mouvement) sont mieux entraînés et mieux armés que les autres groupes politico-militaires du pays.
Le Front démocratique du peuple centrafricain - FDPC
Le Front démocratique du peuple centrafricain est dirigé par Martin Koumtamadji (plus connu sous le nom d'Abdoulaye Miskine), un proche d'Ange-Félix Patassé. D'abord composé d'un petit nombre de combattants, il ne contrôlait initialement qu'une zone exiguë, située près de la frontière tchadienne.
Abdoulaye Miskine a signé un cessez-le-feu en décembre 2006, mais il a depuis lors réduit sa participation au processus de paix.
Le FDPC s'est développé à la fin de l'année 2008, à l'approche du dialogue national, lançant des attaques contre l'armée. En février 2009, le FDPC, soutenu par le MLCJ (cf ci-après), a menacé de déclarer la reprise de la guerre ouverte, accusant François Bozizé de revenir sur les engagements pris dans le cadre du processus de paix et de faire preuve de mauvaise foi. Plus tard, le même mois, le FDPC et le MLCJ ont fomenté deux attaques contre les forces du gouvernement. Au cours de l'attaque menée dans la ville de Batangafo, le groupe a fait main basse sur les armes de l'armée et les vivres stockés dans les entrepôts des organisations humanitaires. De nouveaux affrontements ont eu lieu en avril et en mai.
La Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP)
La Convention des patriotes pour la justice et la paix a été formée à la fin de l'année 2008 et opère dans le nord-est du pays. Son aile politique est dirigée par Charles Massi, ministre sous le régime d'Ange-Félix Patassé. Le groupe a fomenté au moins deux attaques au début de l'année 2009. L'attaque menée par les forces du gouvernement contre une base de la CPJP à Akoursoulbak, un village situé à 75 kilomètres au nord de N'délé, dans la province de Bamingui-Bangoran (en représailles, à la suite d'une attaque lancée par les rebelles dans un commissariat de police, le mois précédent), a incité 5 000 civils à fuir, essentiellement au Tchad, et nombre d'organisations humanitaires à évacuer temporairement N'délé.
Des affrontements entre le groupe et l'armée ont eu lieu en mars 2009 et de nouveau, à N'délé, à la mi-juin. M. Massi a été arrêté au Tchad au début du mois de juin 2009 alors qu'il tentait de franchir la frontière pour se rendre en RCA. Il doit être jugé pour « tentative de déstabilisation d'un pays voisin ».
Le lien entre les dirigeants politiques de la CPCJ (à l'étranger ou à Bangui) et leurs combattants sur le terrain est minime, et on ignore les effectifs du mouvement.
Le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ)
Mené par Abakor Sabone, le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice s'est désolidarisé de l'UFDR en août 2008. Il a signé l'accord de paix global en décembre 2008, mais a annoncé, aux côtés du FDPC, en février 2009, qu'il reprenait les armes. M. Sabone a en effet accusé M. Bozizé d'avoir fait preuve de mauvaise foi, et s'est plaint que ses hommes avaient été exclus du processus de DDR.
L'Armée de résistance du Seigneur (LRA)
La LRA, mouvement rebelle ougandais formé au milieu des années 1980, dans le but déclaré de renverser le gouvernement du président ougandais Yoweri Museveni, a un long passé de violations sanglantes des droits humains. Depuis quatre ans, le mouvement est principalement basé dans le parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), et sa présence a été signalée pour la première fois en RCA au début de l'année 2008, lorsque le mouvement a lancé des incursions dans l'extrême sud-est du pays, sans doute pour se ravitailler en vivres et autres équipements, et recruter des civils de force.
Les « Zaraguinas » sèment la terreur dans une bonne partie du nord de la RCA
Ses forces en RDC ont été dispersées au cours de l'opération Lightning Thunder, menée par l'Ouganda, la RDC et le Sud-Soudan.
Les bandits
Connus à la fois sous le nom de coupeurs de route, de Zaraguinas, ou simplement de bandits, ce sont essentiellement des gangs de criminels bien organisés et bien armés qui tuent, enlèvent contre rançon, pillent et incendient les habitations. En l'absence de forces de sécurité nationales efficaces, ils agissent en toute impunité. Les éleveurs peulhs sont leurs principales cibles, en raison de la valeur de leur bétail.
Leurs attaques ont incité des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs villages pour mener une vie précaire dans la brousse ; l'accès aux champs et aux marchés s'en trouve entravé ; les importations acheminées par les principaux itinéraires commerciaux ont été réduites, en particulier en provenance du Cameroun, et le rapatriement des Centrafricains réfugiés au Tchad est retardé. Les Zaraguinas ne sont représentés dans aucun accord de paix.
Les braconniers
Des braconniers soudanais lourdement armés opèrent également en RCA. On estime qu'en 2007 seulement, ces braconniers ont été responsables du massacre de 2 000 éléphants dans l'est. S'ils ciblent rarement les civils, ils sont un symptôme du manque de sécurité général et de l'absence d'Etat de droit.
Les forces internationales
La Mission des Nations Unies en RCA et au Tchad (MINURCAT)
La MINURCAT est une force des Nations Unies dont le rôle est d'entraîner la police et d'améliorer les infrastructures judiciaires. Elle est composée de 350 policiers et militaires et a pris le contrôle des opérations de l'EUFOR, une force de l'Union européenne, autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies à opérer à la fois dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la RCA, où elle a pour mandat de protéger les civils, de faciliter les opérations d'aide humanitaire et d'assurer la sécurité du personnel des Nations Unies.
La Mission de consolidation de la paix en Centrafrique - MICOPAX
La Mission de consolidation de la paix en Centrafrique est une force multinationale qui a pour mandat de contribuer à l'instauration durable de la paix et de la sécurité en RCA, et de faciliter le dialogue politique.
Elle est composée de 500 soldats et civils originaires de République du Congo, du Gabon, du Tchad et du Cameroun. Elle opère sous l'égide de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale.
Sources : UNICEF, HCR, IPIS, archives d'IRIN, Groupes armés transnationaux et non-étatiques
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