KGM
18 Juin 2009
Fini l'hégémonie du G8 ? Pas si sûr, quand bien même les tentatives de remise en cause se multiplient avec comme leitmotiv bonne gouvernance, plus d'éthique, de représentativité et de régulation.
Cet appel a été renouvelé mardi à Ekaterinbourg à l'occasion du sommet des principales économies émergentes mondiales organisées dans une structure dénommée BRIC, qui comprend quatre pays : Brésil, Russie, Inde et Chine, tous représentés au plus haut sommet par leurs chefs d'Etat, notamment le russe Medvedev, le chinois Hu Jintao, le brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et le Premier ministre indien Manmohan. Les quatre pays ont ensemble plaidé pour une plus grande voix et une plus grande représentativité des économies émergentes et en voie de développement dans les institutions financières internationales. «Les économies émergentes et en voie de développement doivent avoir plus de poids et une meilleure représentativité dans les institutions financières internationales, et leurs chefs devraient être nommés par un processus de sélection ouvert, transparent et basé sur le mérite», lit-on dans le communiqué conjoint publié à l'issue du sommet. Ce dernier insiste sur l'engagement des signataires à tout mettre en oeuvre pour une réforme en profondeur des institutions financières internationales à même de refléter les grandes mutations en cours au niveau de l'économie mondiale.
Pour asseoir leurs revendications, les leaders des quatre pays réunis à Moscou ont souligné le rôle capital joué par les sommets du G20 pour faire face à la crise financière mondiale. Avant d'appeler tous les pays et acteurs internationaux impliqués dans la résorption de la crise à agir avec vigueur pour mettre en place les décisions adoptées au sommet du G20 à Londres en avril dernier. Ils ont particulièrement promis de coopérer plus étroitement entre eux et avec les autres partenaires pour garantir d'autres progrès lors du sommet du G20 prévu à Pittsburgh (Etats-Unis) en septembre 2009. Le BRIC a esquissé les grandes lignes de ce que devrait désormais être la nouvelle architecture financière et économique mondiale. Selon le BRIC, cette architecture devrait être basée sur un certain nombre de principes novateurs, notamment un processus de décision démocratique et transparent dans les organisations financières internationales ; une base légale solide ; une compatibilité des activités des institutions régulatrices nationales efficaces et des organismes internationaux des normes ; le renforcement de la gestion des risques et des pratiques de surveillance
." Guerre au dollar Illustration parfaite du déséquilibre sur lequel est fondée l'économie mondiale, le BRIC a mis en garde contre la domination du dollar. « Nous pensons qu'il est vraiment nécessaire d'avoir un système de devises stable, prévisible et plus diversifié », ont déclaré les dirigeants des quatre pays, critiquant ouvertement le rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale. « Le rouble et le yuan méritent d'être inclus » dans le panier de devises de référence du Fonds monétaire international (FMI), a pour sa part indiqué le principal conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovitch, appelant visiblement à élargir le système actuel basé sur les DTS. Les quatre pays ont, dans la foulée, appelé à « réformer » le système financier international, afin de faire plus de place aux pays émergents. Rappelons que les pays du BRIC sont portés par une forte croissance et représentent près de 25 pour cent de la population mondiale. Raison pour laquelle ils entendent être mieux représentés dans les institutions financières internationales. Reste qu'il y a un délai plus ou moins long entre le rêve et la réalité. Il faudra lever bien des obstacles et des réticences pour y parvenir. C'est ce que pense notamment Elena Charipova, analyste à la banque Renaissance Capital à Moscou.
Selon elle, la « transformation de ce groupe en une vraie structure internationale va prendre beaucoup de temps, mais le BRIC apparaît clairement comme un nouveau centre de pouvoir ». Elle ajoute qu'il est cependant « difficile d'imaginer une refonte sérieuse du système financier international dans un avenir prévisible ». Autre nuance apportée par Arkadi Dvorkovitch : « Personne ne veut démolir le dollar », ni provoquer « l'instabilité sur les marchés financiers ». On rappelle que lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS - Chine, Russie et quatre pays d'Asie centrale) organisé plus tôt dans la journée de mardi, M. Medvedev avait déclaré que les monnaies de réserve actuelles, dont le dollar, n'avaient « pas rempli leurs fonctions ». C'est pour peser davantage dans la régulation de l'économie mondiale que la Chine, la Russie et le Brésil se préparent à acheter les toutes premières obligations que le Fonds monétaire international (FMI) va émettre, pour plusieurs dizaines de milliards de dollars. Dans le même sens, Pékin a annoncé un crédit de 10 milliards de dollars pour les pays de l'OCS, afin de les aider à faire face aux conséquences de la crise.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Le Phare. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.