B. Khalifa Ndiaye
19 Juin 2009
On ne va certainement pas se mettre d'ores et déjà à tirer des plans sur la comète. On est bien à un peu moins d'un an du coup d'envoi de la prochaine coupe du monde de football, la première en terre africaine. Et tout peut arriver entre-temps. D'ailleurs, il n'est même pas sûr que l'Egypte soit du rendez-vous sud africain, car, après deux journées dans la dernière phase des éliminatoires, les « Pharaons » pointent à la dernière place du Groupe 3.
Incapables de battre la Zambie à domicile (1 - 1), ils ont été nettement dominés en déplacement par leurs grands rivaux nord africains, les « Fennecs » d'Algérie (1 - 3) lors de la deuxième journée. N'empêche, la belle victoire signée hier à Johannesburg par l'Egypte, double championne d'Afrique en titre, sur l'Italie, championne du monde en titre, nous remplit d'aise.
Elle n'a peut-être pas le même impact que celles d'entrée du Cameroun sur l'Argentine au Mondiale 1990 en ... Italie et du Sénégal sur la France au Mondial 2002 en Corée du Sud, mais elle renseigne sur les potentialités du football africain. Surtout, elle sonne comme un cinglant démenti aux propos d'un certain Otto Pfister.
Ce technicien allemand qui a acquis sa notoriété comme ... mercenaire du football sur le continent africain (du Sénégal au Cameroun en passant par l'ex Zaire ou le Togo, entre autres escales) a eu l'outrecuidance de soutenir, au lendemain de son départ de la tête des « Lions indomptables », il y a quelques semaines, qu' « une équipe africaine ne gagnera jamais la coupe du monde ».
Qu'on s'entende bien ! Battre le champion du monde ne veut pas dire être champion à sa place. Sinon, le Sénégal l'aurait été et le Cameroun 12 ans auparavant. Et tous deux n'avaient été "qu"'en quarts de finale.
Ce qui reste d'ailleurs la meilleure performance africaine en coupe du monde. Mais, cela aide, au besoin, à décomplexer. Pour ce qui la concerne, l'Egypte, longtemps réputée fragile hors de ses bases, a encore prouvé (après ses titres continentaux en 1998 au Burkina et en 2008 au Ghana) qu'elle savait être solide loin du Caire ou d'Alexandrie.
Dans cette 8è Coupe des Confédérations, la première à se dérouler sur le sol africain, les « Pharaons » avaient été un peu trop respectueux du grand Brésil avant de le pousser dans ses derniers retranchements pour perdre sur le fil (3 - 4).
Voici qu'hier, ils ont frappé un énorme coup en faisant plier l'Italie. De la part d'une équipe essentiellement constituée de joueurs évoluant sur le continent et, en plus, entraînée par un technicien du cru, c'est encore plus symbolique.
C'est la preuve qu'à force de travail et de foi, le football africain peut rivaliser avec tous les autres. Et pourquoi pas leur damer le pion ? Comme hier, avec l'Egypte face à l'Italie. Comme dans un an, au bout de la première coupe du monde en terre africaine ? Pas si vite ! Ce qui est sûr, c'est que cela va donner des idées à toutes les équipes africaines qui disputeront ce Mondial sud africain.
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