Sidwaya (Ouagadougou)

Afrique de l'Ouest: Lancement officiel du Prb-Uemoa à Bamako

Kader Patrick Karantao

19 Juin 2009


Un programme pour prévenir les risques liés aux OGM. Adopté en 2007, le programme régional de biosécurité de l'Union économique et monétaire Ouest africaine (UEMOA) (PRB-UEMOA) a été officiellement lancé le mercredi 17 juin 2009 à Bamako au Mali, par le ministre malien de l'Environnement et de l'Assainissement, Tiémoko Sangaré. Avec ce projet communautaire, l'UEMOA entend prévenir les risques liés à l'usage des Organismes génétiquement modifiés (OGM) dans son espace.

L'honneur est revenu au ministre malien de l'Environnement et de l'Assainissement, Tiémoko Sangaré, de lancer officiellement le programme. Consciente des risques (conséquences sur la santé humaine, l'environnement, etc.) des OGM, malgré leurs avantages (accroissement de la productivité, lutte contre les insectes ravageurs...), l'UEMOA a pris le devant des choses pour se prémunir d'éventuels problèmes dans son espace.

C'est dans ce sens que l'Union s'est doté du PRB-UEMOA en 2007 afin de prévenir les risques potentiels qui pourraient découler de l'usage ou de la manipulation des OGM dans ses huit pays membres (Burkina Faso, Mali, Togo, Bénin, Niger, Sénégal, Côte d'Ivoire et Guinée-Bissau).

Ce programme, de l'avis de ses promoteurs, est une initiative qui vient à point nommé dans la mesure où certains pays, comme le Burkina Faso, en vue d'accroître leurs rendements agricoles, ont introduit les OGM dans leurs pratiques culturales, notamment le coton transgénique. Cette option politique, somme toute, n'est pas sans controverse eu égard aux risques liés aux OGM, que certaines sensibilités redoutent fort bien.

D'où le bien-fondé du PRB-UEMOA, rendu opérationnel depuis 2008. Avant tout discours, ce programme a été présenté, dans les détails, par sa coordonnatrice régionale, Zourata Lompo, à la faveur de la cérémonie de lancement, tenue au Centre international de conférence (CIC) de Bamako.

Cette cérémonie a connu la présence d'experts, de ministres en charge de l'Environnement des pays de l'UEMOA ou de leurs représentants, de responsables d'institutions telle la Banque mondiale, de membres de la société civile et autres personnalités.

Le Burkina Faso y était représenté, au plus haut niveau, par le secrétaire général (SG) du ministère de l'Environnement et du Cadre de vie, Mama Christine Liehoun et celui de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques, Adama Compaoré, tous deux répondant au nom de leurs ministres respectifs. La directrice de l'Agence nationale de biosécurité (ANB), Chantal Zoungrana/Kaboré, faisait aussi partie de la délégation burkinabè.

Aperçu sur le PRB-UEMOA

Entretenant l'assistance sur le PRB-UEMOA, sa coordonnatrice régionale dira d'emblée qu'il marque le début de la mise en oeuvre du programme triennal 2009-2011 de la politique commune d'amélioration de l'Environnement (PCAE) de l'UEMOA, adoptée en janvier 2008. Mieux, a-t-elle expliqué, le programme s'inscrit dans le cadre du Protocole de Cartagena (Colombie) sur la prévention des risques biotechnologiques, signé en 2000 et ratifié par des pays tels le Burkina Faso ou le Mali.

Le PRB-UEMOA, a-t-on appris de la communicatrice, ambitionne d'instituer un cadre institutionnel et juridique communautaire de biosécurité. Cette notion, pas toujours connue du public, constitue l'ensemble des «mesures prises pour réduire ou éliminer les risques potentiels découlant de la biotechnologie moderne et l'utilisation de ses produits».

Le PRB-UEMOA qui, sera exécuté sur une période de 4 ans pour un coût de réalisation de plus de 12 milliards de francs CFA, entend poser des actes concrets en conjuguant les efforts des Etats membres de l'Union.

Il s'agit, a relevé sa coordonnatrice régionale, d'adopter et de mettre en oeuvre des méthodologies communes d'évaluation scientifique et de gestion des risques biotechnologiques et de créer un laboratoire de référence de biosécurité à vocation régionale.

Loin de se limiter à ces actions, a-t-elle soutenu, «le PRB-UEMOA compte aussi et surtout organiser des campagnes de sensibilisation et d'information des populations sur les risques associés aux OGM».

Voulant oeuvre à la protection de la biodiversité régionale, le programme bénéficie du soutien du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), de l'Association internationale pour le développement (IDA), de la Banque mondiale et autres institutions de la sous région (CILSS, CEDEAO...). Piloté par une unité de coordination régionale, située au sein de la Commission de l'UEMOA à Ouagadougou, que dirige Zourata Lompo, le PRB-UEMOA est assisté de deux organes consultatifs.

Ce sont le Comité d'orientation scientifique (COS) et le Comité scientifique régional (CSR). Pour conclure son exposé, Mme Lompo a insisté sur la nécessité pour les Etats membres de contribuer de façon efficiente à la mise en oeuvre du PRB-UEMOA soit mise en oeuvre de façon efficiente.

A l'issue de la présentation du programme dont ils ont pris connaissance, les ministres en charge de l'Environnement ou de l'Agriculture des Etats de l'UEMOA dont celui de la Côte d'Ivoire, Aka Daniel Ahizi ou leurs représentants ont travaillé à huis clos.

Ils ont amendé et adopté, dans la stricte intimité, une déclaration commune de soutien au lancement et à la mise en oeuvre du PRB-UEMOA. Après coup, cette déclaration, rédigée par les experts à la faveur de leur réunion préparatoire, a été lue par le SG de l'Environnement et du Cadre de vie du Burkina Faso, Mama Christine Liehoun. Passé cette étape, il y a eu trois interventions relatives au PRB-UEMOA.

La représentante de la Banque mondiale, Fily Bouaré Sissoko, a réaffirmé le soutien de son institution au projet «stratégique» qu'est le PRB-UEMOA. Le porte-voix du président de la Commission de l'UEMOA, en l'occurrence le commissaire chargé du département du développement rural, des ressources naturelles et de l'Environnement, Ismael Binguitcha-Faure, a soutenu que le programme résulte d'«une vision partagée de protéger l'environnement communautaire contre les risques liés à la circulation des OGM».

En lançant officiellement le PRB-UEMOA, le ministre malien de l'Environnement et de l'Assainissement, Tiémoko Sangaré, s'est réjoui de cette «heureuse initiative» qui témoigne de l'engagement des dirigeants de l'Union à protéger l'environnement communautaire.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Mali

Rubriques