L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Afrique Australe: Réunion urgente de la SADC

Iloniaina Alain

19 Juin 2009


Dès la suspension des négociations au Carlton, la SADC prend le relais. Une réunion extraordinaire se tiendra samedi à Johannesburg pour résoudre la crise. Ravalomanana «applaudit».

Lasuspension des négociations en vue de l'adoption d'une charte de transition fait déjà son effet. La Communautéde développementdel'Afrique australe (SADC) convoque un sommet d'urgence pour étudier le dossier malgache.

Un Sommet extraordinaire des dirigeants des 15 pays membres, à l'exception de ceux de Madagascar, est prévuà Johannesburg samedi, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères sud-africain dont le pays assure la présidence de la SADC. Le rendez-vous est précédé de la réunionde la Troïka, l'organe de la coopération en termes de politique, de défense et de sécurité de la SADC, la veille.

Les réunions ont pour objet l'examen du «dossier Madagascar». Elles visent à la «recherche d'une solution politique durable à Madagascar»,toujours selon le communiqué. En tout cas, les rencontres devront permettre de connaître l'évolution de la position du bloc régional après la prise depouvoir d'Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition.

Interrogésurle sommet, Ny Hasina Andriamanjato, ministre des Affaires étrangères, a confirmé que «aucunedélégation malgache ne participera aux réunions car nous sommes suspendus de la SADC». Et de se demander : «Le Sommet va-t-il se pencher sur la question de l'envoi de militaires ?» En outre, il rappelle l'évolution de la position du bloc régional tendant vers la recherche d'une solution discutée.

Action urgente

Pour sa part, l'ancien président Ravalomanana sefrotte les mains à l'officialisation de la tenue du Sommet. «J'applaudis la décision de la SADC de convoquerunsommet extraordinaire le samedi 20 juin,dans le but de résoudre la crise à Madagascar», s'est-il réjoui. «Il est clair qu'une action urgente est nécessaire pour atteindre ces objectifs (retour à l'ordre constitutionnel et gouvernement démocratique)», a-t-il ajouté avant de laisser entendre sa possibleprésenceà Johannesburg.

Lesdiscussions en marge du Sommet vont s'intensifier dans les prochaines48 heures.Dramé Tiébilé, émissaire des Nations unies,s'estrendu en Afrique du Sud hier. Il va rencontrer les autorités sud-africaines afin d'évoquer la situation à Madagascar. Un rendez-vous avec le ministre des Affaires étrangères sud-africain est prévu ce jour.

La SADC avait été parmi les premières organisations à avoir condamné d'une manière ferme le mode de transfert de pouvoir du 17 mars. Elle avait même exigé le retour immédiat et sans discussion de l'ancien président Ravalomanana au pouvoir. Mais Absalom Dlamini, son émissaire aux négociations, avait mis beaucoup d'eau dans son vin lors de son arrivée à Madagascar au mois de mai. Il a mis en avant le termede sonmandat, tournant autour de la «facilitation dudialogue entre les parties prenantes à Madagascar».

Cela n'empêche pas l'existenced'une position radicale au sein de la SADC. Le nouveau président sud-africain, Jacob Zuma, avait annoncé le soutien de son pays à l'ancien président Ravalomanana lors de son discours sur l'état de la Nation, son premier discours officiel après son élection.

Des pressions en cascade

La communauté internationale met la pression pour trouver une issue consensuelle à la situation politique à Madagascar. Jean Claude Boidin, l'ambassadeur de l'Union européenne (UE), a officialisé la tenue d'un «dialogue politique» entre l'UE et le gouvernement de transition, soit le 6 ou le 7 juillet, à Bruxelles.

Une réunion de la Sadc pour une solution de crise

L'Union européenne attend la feuille de route la plus consensuelle possible de la part de la Haute autorité de la transition (HAT) pour le retour à l'ordre constitutionnel, sous peine de voir tomber des sanctions allant jusqu'à la suppression des aides d'ici le mois de septembre.

Pour sa part, le gouvernement des États-Unis a réagi à la suspension des négociations. Les Américains «regrettent la suspension du processus de médiation», selon le communiqué du département d'État d'hier. Il insiste également sur le «processus politique aboutissant à des élections dans les plus brefs délais» comme «seule voie à la sortie de crise», tout en avertissant sur «le recours à la force pour tenter de résoudre cette crise».

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