Tata Sane
19 Juin 2009
L'approche de l'hivernage est source d'inquiétudes chez les habitants des quartiers Fadia et Castors à Dakar, où moustiques et dépôts sauvages d'ordures hantent le sommeil des riverains. Les moustiques hantent le sommeil des populations de la Cité Fadia et environs. Surtout en cette période pré-hivernale. Les habitants ne cachent pas leurs inquiétudes. Ce quartier est limité par un bas-fond peuplé de cocotiers et couvert par des herbes, des plantes rampantes.
Le site est propice à l'explosion des foyers larvaires. Pour s'en rendre compte, il faut faire un tour dans les familles. Près du terrain de Football de ce quartier, une dame livre son témoignage d'une voix où percent ses inquiétudes : « Les moustiques sont nos voisins de tous les jours. Avec l'hivernage qui s'annonce, il faut un bon budget pour échapper à leurs piqûres », informe-t-elle.
Assise à même le sol en train de manger tranquillement son riz au poisson, Fatou Diagne soulève son tee-shirt pour montrer son dos marqué par les piqûres. « Les moustiques règnent en maîtresses dans cette cité. Le nombre de malades augmente plus en hivernage et les autorités tardent à prendre les dispositions idoines », déplore la jeune femme.
Trois jeunes garçons déclarent en choeur : « cette cité souffre de plusieurs maux. Ils ont pour noms : moustiques, saleté, insécurité entre autre. S'agissant des moustiques, nous estimons que les autorités gagneraient mieux à saupoudrer les herbes qui entourent nos maisons. Nous sommes des laissés-pour-compte. Ce n'est pas normal ».
Alimatou Diop, pour sa part, peste contre les dépôts d'ordures. « Si les moustiques font partie de notre atmosphère de tous les jours, l'équation reste les tas d'ordures qui commencent à nous envahir », renseigne-t-elle. Les complaintes de la dame sont loin de finir.
« L'insécurité qui prévaut dans cette cité est plus inquiétante. A mon avis, Fadia est devenue une cité cosmopolite où toutes les nationalités se retrouvent », soutient-elle avec désolation. La cité a, par la force des choses, perdu sa quiétude au fil des années. Et au fur et à mesure que sa population augmente.
Loin de cette cité relativement calme, à Castors, le marché est sujet à la complainte des riverains. Cet espace de commerce offre, chaque année, un visage d'une laideur indescriptible après la tombée de la pluie.
Les rues et ruelles boueuses sont jonchées de détritus. L'odeur ambiante devient rebutante. Ce sont autant de faits qui suscitent la crainte pour ne pas dire l'ire des femmes, des jeunes filles, et des garçons de ce quartier.
Awa Sagne, une habitante de la localité, exprime sa colère. « Gouverner c'est prévoir. Malheureusement les autorités passent tout leur temps à se renvoyer la balle. Et nous pauvres populations, ne connaissons pas la limite des responsabilités des uns et des autres », fustige la dame.
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