Youssouph Badji
19 Juin 2009
Délestages intempestifs, des politiques « hasardeuses et suicidaires » en matières d'approvisionnement en combustibles, de maintenance des centrales et en politiques commerciales. C'est ainsi que le Syndicat unique des travailleurs de la Senelec (Sutelec) décrit la situation qui prévaut à la Société nationale d'électricité (Senelec). C'est au cours d'une conférence de presse tenue hier jeudi 18 juin 2009 au siège de l'Unsas au Front de Terre. Le syndicat exige, par la meme, une gestion rationnelle de la société.
Le syndicat unique des travailleurs de la Senelec (Sutelec) exige une gestion rationnelle de la Société nationale d'électricité (Senelec) et déplore la situation dans laquelle est plongée leur société. Il l'a fait savoir hier jeudi 18 juin 2009, au siège de l'Unsas, au cours d'une conférence de presse. Ce syndicat dénonce aujourd'hui, dans la façon dont la société fonctionne, des disfonctionnements caractéristiques sur la production. Ces manquements ont pour nom politique " hasardeuse et suicidaire", des insuffisances dans le transport, la distribution et enfin le commerce de l'électricité.
Selon madame Aby Dieng, sécrétaire général adjointe du Sutelec, « avec toutes ces nouvelles centrales, la Senelec s'est engouffrée dans l'importation du combustible qui n'est pas son métier. Et cette activité engendre aujourd'hui un surcoût de 4OO millions rien que pour le deuxième semestre de 2008, alors qu'elle aurait pu s'approvisionner au niveau des pétroliers traditionnels aux prix du marché et éviter de grever davantage sa trésorerie ». Et de faire remarquer que « l'importation est faite sans aucun respect en matière de passation de marchés ».
Or la politique de la Senelec, définie par la loi d'orientation numéro 98-29 du 14 avril 1998 relative au secteur de l'électricité stipule, à son article premier, que la Senelec a la responsabilité du développement de la production, en recourant à des installations de productions nouvelles qui lui sont propres ou à la production indépendante. A en croire Abdoulaye Sène, chargé des questions de formation au Sutelec, la société s'est résumée "malheureusement" à l'installation des centrales privées (Ipp) tels que Gti, et Kounoune Power. La première est en panne depuis dix mois et la seconde est incapable de fournir la moitié de sa puissance contractuelle renseigne-t-il.
A cela, s'ajoute ce que les syndicalistes appellent « l'aberration du contrat de concession » entre l'Etat et la Senelec qui oblige cette dernière à mettre toutes ces nouvelles acquisitions en gestion privée(O-M). Cette entité reçoit 213 millions par mois de la Senelec en sus des frais de combustibles et de personnels à la centrale C6 de Bel Air pour une production mensuelle d'à peu près de 46 mille Gwh contre 60 mille pour une centrale comme celle de la C4, pour ne citer que celles-là.
Pour faire face à cette situation d'insuffisance de la capacité de production durant certaines périodes, avance M Sène, la Senelec préfère procéder à la location de groupes à des coûts exorbitants sur de longues durées, alors qu'il est démontré que des économies substantielles peuvent se faire sur ce chapitre avec un programme de maintenance respecté sur les groupes de la société. « Il faut que l'Etat s'arrête pour évaluer concrètement les problèmes du secteur avant qu'il ne soit trop tard » a-t-il conclut.
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