Rita Diba
19 Juin 2009
Le Joeleng's group se produit tous les vendredi et samedi à l'hôtel Hilton de Yaoundé.
Pour les mélomanes, la troupe du Congolais José Lenga offre des prestations de qualité. Entre reprise de standards, de découvertes parfois pour le public, d'airs à la mode et interprétation des morceaux du groupe, on savoure le moment. Pour remettre chacun dans cette ambiance feutrée, retour sur la soirée du vendredi 5 juin.
Ce soir-là, aux environs de 22 h, la soirée commence sur des notes de jazz, mêlées à de la rumba congolaise. La guitare solo double-manche de José Lenga donne la mesure. Peu après, Diane Besa Abeme joint ses cordes vocales aux instruments du groupe. Coup d'envoi avec un morceau emprunté à un autre band, celui du regretté Jeannot Hen's, Ndando. La voix, très soul, prend le public par les tripes, elle est légèrement rauque, voilée, fêlée. Les sonorités sont reggae-jazz, aux forts accents ragga. Ensuite, on puise dans le registre Rnb et on revient à un autre morceau du Hen's band, Longuè.
Problème avec la chanson, comme avec Ndando, pour qui connaît le texte, l'oreille est blessée par le manque de maîtrise des paroles en duala. Mais la musique n'en souffre pas tant. Pour Longuè, le batteur, Joker Wandji, délaisse caisses et cymbales pour le djembé. Comme pour bien démarquer sa version de l'originale, la chanteuse y mêle de l'anglais. Les instrumentistes ne sont pas en reste. Surtout Jean-Marc Noah, virtuose aux claviers. Toute cette suave folie est calmée par la sérénité de Mangnans à la basse.
Et les voyages musicaux sont nombreux tout au long d'une prestation qui va durer plus de deux heures. Pour une musique pleine de rencontres et d'influences, ponctuée par de la variété française, marquée par un mix de reggae, soul et blufunk, comme illustration, une reprise magistrale de Jailer de la Ghanéenne Asa. Aussi, une interprétation de Get out of my way de la Nigériane Ayo. Ailleurs, swing et twist s'enchevêtrent pour Rehab d'Amy Winehouse. Aïcha de Khaled est aussi revisité pour un genre de raï pop and blues. L'ensemble est agréable, sauf que la vocaliste a mal à sa tessiture. Sa voix prend un coup quand il faut descendre dans les gammes graves ou monter dans les aiguës.
Parfois, José Lenga prend sa place au micro pour un Lady de Fela Kuti plus haletant, avec un tempo accéléré. Mais sa voix, dans la lignée des chantres de la rumba congolaise, est moins rugueuse que celle de Fela. La soirée se poursuit avec une ou deux chansons du groupe et le retour de Diane au micro pour Pata Pata. Bref, le Joeleng's group vaut le détour.
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