Paule Kadja Traore
19 Juin 2009
Le Syndicat unique des travailleurs de l'électricité annonce le retour des délestages dans l'ensemble des régions du Sénégal. Le Suletec accuse l'Etat d'être à l'origine de ce désagrément. 'Si la Senelec persiste à maintenir les anciennes centrales au second plan, les délestages vont revenir en force durant l'été dans l'ensemble des régions du Sénégal'. C'est l'annonce qui a été faite, hier, par la présidente adjointe du Syndicat unique des travailleurs de l'électricité (Sutelec).
Aby Dieng, qui faisait face à la presse, indique que la Société nationale d'électricité n'a pas intérêt à laisser de côté ses acquis pour louer des groupes électrogènes qui, en plus d'être coûteux, ne couvrent pas les besoins de la population en matière de distribution d'électricité.
Ainsi, le Syndicat unique des travailleurs de l'électricité tient à alerter l'opinion publique et les autorités, sur les graves dangers que court la société d'électricité. En effet, soutiennent les syndicalistes, les politiques hasardeuses et suicidaires en matière d'approvisionnement en combustibles, de maintenance des centrales et en politique commerciale conduiront à terme à l'effondrement du faible tissu économique sénégalais.
Selon Aby Dieng, depuis la rupture avec le consortium Elyo Hydro Québec, de nouvelles tentatives sans fin sont en cours pour la re-privatisation de la Senelec, mettant ainsi tous les travailleurs dans une situation d'attente, de travail au ralenti.
C'est pourquoi, soutient la présidente adjointe du Sutelec, il est urgent que l'Etat mène de larges concertations avec les travailleurs du secteur pour trouver les meilleures solutions pour le redressement de la Senelec. A l'en croire, les difficultés auxquelles la société d'électricité est confrontée proviennent de son engouffrement dans l'importation du combustible. Une activité qui, précise la conférencière, n'est pas de son ressort.
En plus, cette activité lui engendre un surcoût de 400 millions de francs Cfa rien que pour le 2e semestre de 2008. 'Alors que la Senelec aurait pu s'approvisionner au niveau des pétroliers traditionnels au prix du marché et éviter de grever davantage sa trésorerie', estime la présidente adjointe du Sutelec. Abondant dans le même sens, le chargé de la formation au niveau du Sutelec, Abdoulaye Sène, avance que les responsables de leur structure préfèrent procéder à la location de groupes à des coûts exorbitants, sur de longues durées ;
alors qu'il est démontré que des économies substantielles peuvent être faites sur ce chapitre, avec un programme de maintenance respecté sur les groupes de la Senelec. En outre, le Syndicat unique des travailleurs de l'électricité rejette la politique de gestion de la boîte qui favorise des investissements importants dans des sociétés extérieures au détriment des productions nationales.
Aussi, pour éviter le syndrome des Industries chimiques du Sénégal ou d'Air Sénégal international à la Senelec, le Sutelec propose-t-il la mise en place de politiques au service des populations et des travailleurs pour une pérennité de l'entreprise et pour le strict développement du pays. 'Il est temps de briser cette conspiration du silence qui ne peut-être que condamnable et combattu, car nous sommes les seuls à pouvoir sortir notre société de l'instabilité dont elle fait l'objet depuis 1998', lance Aby Dieng.
Pour y parvenir la présidente adjointe du Sutelec invite ses camarades à se mobiliser et à unir leurs forces pour repousser les intrus qui utilisent les rentabilités de la société à leur propre compte. Revenant sur la question de l'approvisionnement, Aby Dieng estime que 'la Senelec doit promouvoir les énergies renouvelables pour se tirer d'affaires à moindre coût en valorisant nos ressources naturelles en l'occurrence l'énergie solaire et le barrage de Manantali'.
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