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Centrafrique: Le "Who's who" des groupes armés

18 Juin 2009


Bangui — La sécurité durable reste hors d'atteinte dans le nord et le nord-est de la République centrafricaine (RCA), malgré les trêves conclues avec les groupes armés et la conférence nationale tenue à la fin de l'année 2008 pour tenter de sortir le pays du cycle de violences destructeur dans lequel il se trouve piégé plus ou moins depuis l'indépendance, en 1960.

Ces deux ou trois dernières années, différents cessez-le-feu ont été signés par le gouvernement et divers mouvements rebelles, et un Accord de paix global a été finalisé en juin 2008. En décembre de la même année, un Dialogue politique inclusif a été tenu, qui réunissait les représentants du gouvernement, de plusieurs groupes rebelles et de la communauté internationale. En janvier 2009, un « gouvernement d'union nationale » a été formé, dont certains postes ont été attribués à des chefs rebelles.

Mais le conflit se poursuit en 2009, en partie parce que certains groupes armés estiment que le gouvernement a manqué à ses engagements, pris au cours du dialogue.

Voici un aperçu des différents groupes politico-militaires armés, gangs de criminels, forces de sécurité gouvernementales et missions militaires internationales qui opèrent dans le pays.

L'armée nationale compte quelque 5 000 hommes, mais moins de la moitié seraient disponibles en même temps pour servir dans l'armée. Presque toute l'armée est basée à Bangui, la capitale.

Les organismes internationaux de défense des droits humains ont accusé les FACA d'avoir attaqué des centaines de villages pendant leurs opérations contre les groupes rebelles entre la mi-2005 et la mi-2007. Au cours de diverses crises, survenues depuis l'indépendance, selon un rapport publié en mai 2009 par Philip Alston, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, « des meurtres fréquents ont été commis par les forces de sécurité, dont les abus restent souvent impunis. Les forces de sécurité ne sont capables ni de protéger les droits humains, ni de les respecter, et le gouvernement est tour à tour peu disposé à sanctionner ces violations, ou incapable de le faire ».

Ces violations ont provoqué de vastes déplacements de population internes en RCA, où plus de 100 000 personnes vivent encore dans la brousse, dans des constructions rudimentaires.

En plus d'être en sous-effectifs, l'armée ne dispose pas d'assez de ressources, ni d'assez d'armes, elle est mal formée et sa structure de commandement et de contrôle est faible. Mais elle doit subir une réorganisation de grande envergure dans le cadre d'un vaste programme de réforme du secteur de la sécurité.

Un village incendié, abandonné, près de la ville de Paoua, dans le nord-ouest de la RCA

Connu sous l'appellation officielle de Bataillon de protection et sécurité des institutions, ce service spécial chargé d'assurer la sécurité présidentielle compte parmi ses membres des officiers de police et des gendarmes, mais il est majoritairement composé de soldats des FACA. Certaines de ces unités opèreraient de manière plus ou moins autonome, indépendamment de la hiérarchie de commandement des FACA.

La garde présidentielle a été montrée du doigt par les organismes de défense des droits humains et M. Alston pour sa violence et son manque de discipline. M. Alston a accusé un lieutenant du nom d'Eugène Ngaïkossé d'avoir « commandé les soldats responsables des cas les plus extrêmes de villages incendiés, [d'exactions] ciblant les civils, et du meurtre de rebelles présumés ». Bien que la garde présidentielle ait par la suite amélioré sa réputation sous les instructions directes du président François Bozizé, des atrocités ont été signalées en 2009, qui ont incité de nombreux civils à fuir.

Les groupes politico-militaires

L'Armée populaire pour la restauration de la république et la démocratie - APRD

L'Armée populaire pour la restauration de la république et la démocratie est apparue à la suite des élections de mai 2005, qui ont légitimé la présidence de François Bozizé, après que celui-ci eut renversé Ange-Félix Patassé à la suite d'un coup d'Etat, deux ans auparavant. Un grand nombre des quelques centaines de membres de l'APRD avaient servi dans la garde présidentielle de M. Patassé et étaient consternés par son exclusion du scrutin.

Les membres des groupes d'auto-défense villageois formés aux quatre coins du nord de la RCA pour protéger les populations des bandits (cf ci-après) et autres menaces font partie de l'APRD. L'APRD est majoritairement composée de membres de l'ethnie des Sara-Kaba.

L'APRD dispose de peu d'armes, de véhicules et autres équipements. Nombre de ses armes à feu sont des fusils artisanaux.

Des affrontements entre l'APRD et l'armée ont éclaté en juin 2005. En janvier 2006, l'APRD a attaqué la ville de Paoua (nord-ouest), dans la préfecture d'Ouham-Pendé, dont une bonne partie est aujourd'hui encore sous son autorité ; dans cette zone, les activités du mouvement et les représailles du gouvernement ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers d'habitants. Le groupe est également actif dans les préfectures d'Ouham et de Nanagrebizi.

Le dirigeant politique de l'APRD est Jean-Jacques Demafouth, avocat qui a occupé les fonctions de ministre de la Défense sous le régime d'Ange-Félix Patassé et candidat potentiel aux élections de 2010, bien qu'on ignore dans quelle mesure M. Demafouth contrôle les opérations des forces de l'APRD sur le terrain.

Les dirigeants du groupe affirment que son objectif principal est de protéger les civils des bandits, des forces du gouvernement et des soldats alliés du Tchad voisin, dans les zones sous son autorité, et d'assurer une meilleure représentation de la région au gouvernement, et non de renverser le gouvernement de M. Bozizé.

Toutefois, M. Alston a cité des cas d'exécutions extrajudiciaires menées par l'APRD, et les organismes de plaidoyer en faveur des droits humains ont accusé le mouvement de se livrer à des violences, et notamment de se rendre coupable d'enlèvements, d'extorsion et de taxation illégale.

L'APRD participe au processus de paix en cours en RCA, et les combattants mineurs qu'elle compte dans ses rangs sont en cours de démobilisation et de réinsertion.

Si aucun affrontement n'a éclaté récemment entre l'APRD et les forces du gouvernement, des échauffourées ont eu lieu avec des bandits et des éleveurs peulhs, qui ont sapé les efforts déployés en vue de rétablir la sécurité.

L'Union des forces démocratiques pour le rassemblement - UFDR

L'Union des forces démocratiques pour le rassemblement a été formée en septembre 2006. Composée en grande partie de membres des Gula, une ethnie essentiellement musulmane, elle opère dans les préfectures arabophones de Vakaga et Haute Kotto (nord-est). Son commandement opérationnel est assuré par Damane Zacharia, également connu sous le nom de Capitaine Yao, bien que d'autres commandants contestent son autorité.

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