Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Le contrôle du niobium et de cassitérite passe par la réhabilitation de Somikivu

Kinshasa — L'entreprise d'économie mixte en charge de la gestion des mines de niobium et de cassitérite peine à se mettre en branle. Il est plus que temps de la réhabiliter.

Les mines de niobium et de cassitérite du territoire de Rutshuru ont échappé pendant longtemps à l'autorité de l'Etat congolais à la suite de la guerre qui y avait élu domicile. Des sources ont confié que toutes les forces négatives s'y sont installées. Les FDLR, les Maï-Maï, le CNDP voire les forces invitées ont toutes gouté aux délices des revenus issus des gisements de Somikivu.

Au sein de Somikivu, l'Etat congolais détenait 20% des parts alors que la partie allemande était détentrice de 70% d'actions et 10% à l'ex Sominiki. L'Etat congolais a désigné un comité de gestion pour remettre en marche cette entreprise dont les activités sont officiellement à l'arrêt. La réhabilitation de Somikivu ne touche pas à l'outil de production. Ce qui intrigue dans la remise en route de cette société.

En effet, un partenariat russe a pu doter la Somikivu d'un parc de production entièrement renouvelé en 2007. La première production a été livrée en juillet 2008. Malheureusement, avec l'insécurité créée par le CNDP, l'élan ainsi amorcé a été stoppé. L'actionnariat allemand ayant été dédommagé à la suite de l'insécurité dans le cadre d'un programme initié par leur gouvernement. Dans le cadre de la coopération, l'Etat allemand ne tardera pas à céder ces parts à l'Etat congolais.

La première tentative de reprendre en main Somikivu remonte au 20 septembre à travers la désignation par arrêté ministériel du portefeuille d'un comité de gestion en charge de réhabiliter l'usine. C'est ainsi que le chargé des missions adjoint du comité désigné, Olivier Muhima a tenté de se rendre sur le site, en passant par Goma. Les autorités locales ont été accessibles pour participer aux efforts de remise en service de Somikivu. Il ne pouvait en être autrement pour une entité décentralisée qui tirerait profit du retour en activité de cette unité de production. D'ailleurs, il est de plus en plus indiqué que la reprise effective du contrôle se fasse avant le 30 juin 2009 afin de rassurer l'ensemble des Congolais sur la pacification de cette partie du territoire national après les opérations conjointes militaires entre les armées congolaise et rwandaise.

Apporter toutes les facilités au comité de gestion ainsi désigné est une obligation des autorités à tous les niveaux. Ce challenge touche, un peu plus, à la crédibilité de l'Etat congolais. A quoi servirait l'arrêté de mise en conformité transformé en permis de recherche si, sur le terrain, rien n'est fait dans le sens attendu par tous ? Interrogation pertinente.

L'Etat congolais a tout intérêt à récupérer cette unité de production en cette période de crise financière internationale. Des devises qui font cruellement défaut peuvent être trouvées en canalisant les produits des exportations de niobium et de cassitérite vers le Trésor public. L'effort est à concentrer à ce niveau, en dotant le nouveau comité de gestion des moyens d'exercer.


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