Moussa Dramé
20 Juin 2009
Les populations accusent l'entreprise en charge de la construction de la route. Au moins dix huit foyers des communautés rurales de Bambaly et de Djirédji à l'Ouest de Sédhiou sont inondés suite aux pluies qui se sont abattues dans la localité. Les sinistrés pointent un doit accusateur à l'entreprise chargée de la construction de la route. Celle-ci dément et s'explique. La nuit du jeudi 18 au vendredi 19 juin a été plus longue que d'ordinaire pour les populations riveraines de la route du Boudié communément appelée « Boucle du Boudié ». Suite aux fortes pluies tombées dans la région, les eaux de ruissellement ont envahi les habitations faisant d'importants dégâts matériels.
Sadio Sadio le porte parole des populations note avec amertume que « rien n'est surprenant dans cette situation car dès le démarrage des travaux de construction de ce tronçon, nous avions manifesté notre inquiétude sur les conséquences que pourraient entraîner la modification de la situation topographique de la route. Les maisons étaient très basses par rapport au niveau de la route. Pire, on nous déverse de l'argile qui est présentement devenue très boueuse donc ne permettant plus de passer une fois que le ciel ouvre ses vannes ».
Certes, ajoute M. Sadio « il n'y a pas de perte en vie humaine mais les dégâts sont considérables : lits, téléviseurs, postes radio, vivres, habits entre autres sont emportés par les eaux ».
Ces populations en veulent amèrement à l'entreprise en charge de la construction de cette route. « En son temps, nous avions posé le cas aux responsables de l'entreprise. Mais ils ont défié qui conque contesterait l'ouvrage. Nous interpellons les autorités à réagir très vite pour abréger notre calvaire, nous en avons plein le dos » conclut Sadio Sadio.
De leur côté, les responsables de la société en charge des travaux dénommée « Société des grands travaux internationaux » (Sgti) déclarent avoir réalisé les ouvrages en fonction de leur cahier de charges. « C'est tout juste une réhabilitation de l'axe. Nous y avons investi plus que ce qui nous a été demandé.
D'abord, je tiens à préciser qu'on n'a pas mis de sable sur la route alors que le projet initial prévoyait l'utilisation du sable sur l'axe. Mais pour une meilleure qualité des services, nous avons, de notre propre chef, décidé d'y mettre de la latérite. Nous avions au préalable procédé à une étude technique de la nature de cette latérite » a précisé Papa Diallo N'diaye, directeur de ladite société.
Pour ce qui est de l'étroitesse et de la chaussée et des ponts, M. N'diaye a souligné : « Nous tenons à préciser que dans le projet initial, nous n'avons pas mission de construire la route mais de la réhabiliter donc on ne doit pas retoucher à la dimension des ouvrages.
Toutefois, nous avons tenu à casser les ponts, environ une quinzaine, de six à huit mètres de large. C'est une zone de marécages, c'est pour cette raison aussi que par endroits, nous avons mis des radiés submersibles pour un bon écoulement des eaux ».
Dans ce même sillage, Eleli Alain Alfred, chef de mission de contrôle de l'entreprise a fait savoir que « les populations ne comprennent pas techniquement la nature des travaux sur le terrain ; pour elles, il faut tout refaire alors que c'est juste pour entretenir », a-t-il souligné en exhibant à la presse le manuel du cahier des charges.
Au sujet des inondations, Papa Diallo N'diaye fait remarquer que « l'entreprise a mis en oeuvre une couche de forme et la couche de roulement ». Selon lui, « les travaux d'assainissement qui sont faits notamment la réalisation de fossés en terre, de fossés maçonnés et de prés maçonnés permettront de drainer convenablement les eaux de ruissellement ».
Aujourd'hui, la situation est tout autre. Les eaux de ruissellement envahissent les habitations, les populations qui vivent dans des maisons en banco redoutent de graves sinistres les jours à venir d'autant que la saison des pluies ne fait que commencer
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