A. Lemili
20 Juin 2009
Pour les footballeurs algériens, jouer en Zambie dans de telles conditions psychologiques équivaudrait presque pour des galériens à aller, l'estomac noué, au biribi. Ce n'est plus une rencontre de football dans le cadre d'une concorde continentale mais littéralement une expédition... un safari digne des fameux comics américains. Bien sûr, la FIFA a essayé de faire faire son travail, qui consiste à ce que soient disponibles les conditions minimales à même de permettre non seulement le déroulement d'une rencontre entrant dans un cadre international.
A commencer par une aire de jeu qui réponde aux normes, ce qui, loin de tout procès d'intention pour qui y pense, relève de la gageure sur un continent où les conditions climatiques naturelles ne sont pas maîtrisables parce que vraiment capricieuses et, si tant est qu'elles peuvent l'être, compte tenu de l'évolution des technologies, font malheureusement défaut dans des pays dont les habitants se sont plus ou moins habitués à évoluer, non sans évidentes difficultés, dans un environnement hostile et dont les responsables, pour des raisons fallacieuses, ne font rien pour y remédier sauf quand il y a nécessité absolue et, dans ce cas de figure, que ce soit le Zimbabwe, le Togo, l'Algérie, le Cameroun, etc., il n'est surtout pas question de rater l'opportunité de disputer un Mondial de football.
C'est ce qui a fait que notre pays s'échine à préparer le stade du 5 Juillet, d'une part, et a délocalisé son équipe nationale à Blida, seule ville encore susceptible de disposer d'infrastructures à même de répondre au cahier de charges de la Fédération internationale de football.
Son adversaire du jour est, toutes proportions gardées, dans la même situation, d'où l'injonction de la FIFA à la fédération zambienne de se mettre au diapason des manifestations à venir et à commencer à partir d'aujourd'hui en créant les conditions idoines à même de faciliter l'accueil, le séjour, la sécurité à l'intérieur et en dehors du stade des équipes appelées à y évoluer au cours de ces éliminatoires.
Ces mises en garde n'ont pas été lancées gratuitement ou dictées par une quelconque forme de parti pris, sinon d'a priori. Elles viennent subséquemment à de graves et fâcheux précédents qui ont eu lieu dans cette même infrastructure de Konkola Stadium, à Chililabomwe, il y a presque deux ans jour pour jour, lors d'une rencontre officielle disputée par le Zimbabwe et qui s'est terminée dramatiquement parce qu'elle s'est soldée par le décès de 12 personnes et de dizaines de blessés suite à l'effondrement d'une partie du stade... des escaliers plus précisément.
Plus récemment encore, la rencontre des Zambiens face aux Rwandais (1-0) a été émaillée de nombreux incidents et a suscité le courroux de la FIFA qui a tout de suite réagi, exigeant de la FAZ qu'elle prenne les mesures urgentes devant prévaloir lors de Zambie-Algérie. La menace d'une délocalisation du match dans un autre pays ayant même été agitée pendant quelques jours afin de «secouer» les autorités sportives zambiennes.
Cela étant, la Fédération internationale de football, au-delà de préserver l'intégrité physique des spectateurs et, évidemment, des joueurs, avait tout autant déploré l'état de la pelouse, une pelouse qui, probablement, va fausser la nature des débats, en ce sens qu'elle ne se prête pas du tout d'abord au football très technique des Algériens et garde de fortes probabilités d'avantager les locaux, en ce sens que ne peut y être développé que l'aspect physique, un avantage surmultiplié par une meilleure adaptation au climat des Zambiens.
Bien entendu, tout cela répond quelque part aux malices qui ne sont pas le seul apanage de l'adversaire de l'équipe nationale algérienne et sont, est-il besoin de le seriner, de bonne guerre même si les artifices utilisés ailleurs peuvent être plus soft. Un tel argumentaire n'a donc pas pour objectif de justifier un possible revers de
l'EN algérienne et encore moins de diminuer une éventuelle victoire des Zambiens mais juste de dire que Ziani et ses coéquipiers ne vont pas évoluer à leur juste valeur parce que les conditions de jeu ne répondent pas aux normes, qu'on le veuille ou non.
Il y a quatre jours, la fédération zambienne a vraisemblablement répondu aux injonctions faites par la FIFA et le rapport de son inspecteur, l'Egyptien Tarek El Deeb, conforterait cette assurance matérialisée par l'aménagement de voies d'entrée multiples pour les spectateurs, l'identification des sièges, une reprise «potable» et entretien du stade et disponibilité d'un terrain avenant.
Il reste toutefois paradoxal que les pays africains continuent à traîner ce grave défaut de porter un très minime intérêt à l'état des infrastructures qui sont pourtant des plus nécessaires dans la mesure où elles restent les garantes de l'émergence du sport en général et du football en particulier en plus de l'épanouissement des valeurs et évidemment de la pratique sportive dans des conditions qui font que toutes les activités en ce sens allient plaisir et santé et non crainte et danger.
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