Agnan Kayorgo
21 Juin 2009
Ils sont 40 027 candidats à l'assaut du diplôme qui leur ouvre les portes de l'université. Le top de départ de cet examen a été donné le samedi 20 juin 2009 au lycée Nelson Mandela de Ouagadougou, par le professeur Joseph Paré, ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique. Pendant que les élèves de la série D dissertaient en français sur la crise économique, leurs camarades de la A philosophaient, dans une fièvre qui s'était emparée de la capitale en rapport avec le match de football opposant les Etalons du Burkina Faso aux Eléphants de Côte d'Ivoire.
Lycée Philippe-Zinda-Kaboré (LPZK). Samedi 20 juin 2009. Sous les arbres qui peuplent la vaste cour de cet établissement, des candidats à l'examen du baccalauréat par petits groupes. Les uns devisent, les autres révisent. Ils venaient de subir les premières épreuves.
Le français pour les candidats de la série D, et pour ceux de la A, la philosophie. Il est 12h 00. Le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Joseph Paré, 5 heures plus tôt avait procédé au lancement symbolique de l'examen du bac.
C'était au lycée Nelson Mandela de Ouagadougou, qui abrite 4 jurys dont deux pour la série A et deux autres pour la D. Rien à signaler, sauf que des surveillants manquent à l'appel, pour x ou y raisons, a signalé, le président du centre, Pierre Alexis Bassinga. Même observation, chez ce président de jury au LPZK, Gérard Zombré.
L'élève Francis Pawendtaoré Tapsoba est candidat libre, il dit passer l'examen pour la première fois. Il s'est inscrit en série A. Son jugement après avoir composé en philosophie. « Apparemment, c'est passable », a-t-il laissé entendre. Notre candidat a traité le deuxième sujet, « La distinction du bien et du mal dépend-elle de notre niveau d'instruction ? ».
D'un niveau moyen, Francis Tapsoba est optimiste, même si l'espagnole lui donne du fil à retordre. Nous n'aurons pas les impressions de son camarade du Prytanée militaire de Kadiogo (PMK) avec qui il causait : « Nous ne sommes pas autorisés à parler sans l'aval de la hiérarchie ».
En attendant l'après-midi pour la suite, Hyacinthe Tiendrebéogo et Boubacar Tapsoba, tous deux du collège privé Ramondgwendé, reprenaient des forces en grignotant un sandwich. Etant en série D, leur première épreuve était le français. Un sujet qui portait sur la crise économique mondiale. C'est l'actualité donc, et selon Hyacinthe, pour celui qui suit les informations, c'est un jeu d'enfant.
Ce groupe de candidates qui ont tenu à garder l'anonymat (nous ne vous donnons pas nos noms, écrivez seulement trois filles du Zinda), pensent qu'elles ont fait l'essentiel. Elles se sont refusées à faire tout pronostic, car, pour elles, dans la série littéraire, domaine du subjectif, rien n'est joué d'avance.
« Tout candidat qui passe le bac souhaite réussir, mais tout dépend des correcteurs et de la décision de Dieu », a lancé une d'elles. Et une autre d'ajouter : « Ayant préparé l'examen pendant 9 mois, on espère réussir ».
Une autre encore d'ironiser : « Notre professeur nous a bien dit qu'il ne nous reste plus qu'à prier ; l'autre jour à la grotte, à l'église Saint-Pierre de Gounghin, la Vierge Marie était débordée de prières ». La prière, les candidates du Juvénat de Saint-Camille en savent certainement quelque chose.
Reconnaissables par leur habillement et par leurs cheveux coupés, bas-relief de croix suspendue visible au cou, ces aspirantes attendaient sagement qu'on leur apporte à manger. Elles en profitaient pour revoir quelques cours sur la langue de Shakespeare pour l'épreuve d'anglais de l'après-midi. L'une d'entre elles, Ameline Kaboré, nous dira qu'elle ne peut pas encore dire quelque chose. « Comme c'est la philosophie, je ne peux rien dire », a-t-elle expliqué.
Mais l'impression générale qui se dégage, chez nos soeurs, c'est l'espoir, parce que le « niveau de la classe est bon », selon elles. Cette année, ils sont 40 027 candidats dont 14 731 filles, répartis dans 171 jurys logés dans 79 centres, à se lancer à la conquête du premier diplôme universitaire. Les candidats libres en lice, selon les statistiques, sont au nombre de 13 834. Les premiers résultats sont attendus une semaine après la fin du premier tour des épreuves.
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