Propos recueillis par J.M.
22 Juin 2009
interview
Les précisions de Samuel Ndjock, délégué régional des Affaires sociales pour le Littoral.
Comment vivent au quotidien ces orphelins et enfants vulnérables (Oév)?
Ce sont des personnes en difficulté. Elles sont fragilisées moralement, psychologiquement et même sur le plan affectif. La rupture brusque avec les parents est un gros problème pour ces enfants. Plus grave encore, ils vivent la stigmatisation, le rejet de leur entourage. Tout ceci malgré les efforts qui sont faits autour de la stigmatisation contre le VIH. Ils sont étiquetés dans tous les milieux où ils vont. A l'école, par exemple, les regards sont terribles sur ces enfants. Sans oublier qu'ils sont infectés par la maladie. Tous sont confrontés à des problèmes de prise en charge sanitaire, éducationnelle et psycho-sociale. Le parent ou les deux parents qui meurent et laissent cinq enfants par exemple. Ce n'est pas facile pour le frère, l'oncle, la tante ou alors les grands-parents de s'en occuper. Parfois, les cinq enfants ne peuvent pas toujours être regroupés au sein d'une même famille. Ils sont alors éparpillés et cela crée d'autres problèmes et conflits. Il y a environ 22.000 Oév dans la région du Littoral.
Combien d'enfants sont infectés?
Une centaine est infectée. Il n'y a pas toujours quelqu'un qui essaie de les remonter. Ils bénéficient de toutes les prises en charge qui existent chez les personnes infectées dans le programme du ministère de la Santé publique. Le seul véritable souci c'est celui du bilan de santé. Ces évaluations de santé coûtent cher. A ce niveau, le Minas apporte une aide médicale ou sollicite des exonérations auprès du Minsanté.
Quelles sont les autres aides que l'Etat apporte à ces enfants vulnérables ?
Tout d'abord, la plupart de ces enfants vivent chez leur oncle ou leurs grands-parents. Ceci afin d'éviter la stigmatisation. C'est même pour cette raison que nous n'avons pas voulu mettre sur pied, un centre spécial pour eux. Ils sont en famille malgré les soucis quotidiens. Au niveau des pouvoirs publics, ils bénéficient de deux programmes qui existent pour leur porter assistance. Le programme multilatéral pour l'amélioration de la prise en charge des enfants orphelins et vulnérables en contexte de VIH de sida. L'autre aide est le programme de soutien des orphelins et enfants vulnérables. Le premier c'est l'appui de la Coopération française et l'Unicef et le deuxième est financé par le Fonds global et la Banque mondiale.
Vous dites que les bailleurs de fonds se retirent de ces programmes ?
Toutes ces structures sont appuyées par des fonds, mais ces fonds tendent à diminuer avec la crise financière internationale. Il faut une mobilisation supplémentaire au niveau local à travers une mobilisation de ressources par les communautés et les localités au sein desquels vivent ces enfants.
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