Abdelkrim Ghezali
22 Juin 2009
L'éruption juvénile après les deux victoires de Fennecs face à l'Egypte et à la Zambie n'a surpris personne. Cependant, la quête de l'emblème national par ces millions de jeunes qui ont envahi les rues des villes du pays, et dont chacun voulait porter de façon ostentatoire les couleurs nationales, a créé une situation où la demande a dépassé l'offre. L'affairisme s'est vite saisi de cet engouement des jeunes pour l'emblème national pour en faire une affaire rentable et monnayer ainsi le symbole suprême de la nation qui n'a pas de prix.
Les Fennecs renouent avec la victoire et semblent être décidés à poursuivre ce rythme. Les supporters de l'équipe nationale n'en demandent pas moins et semblent être, eux aussi, décidés à réinvestir les rues à chaque victoire. Mais cette tradition magnifique de communion collective, cette ambiance de fête et de joie spontanée, dont les jeunes ont tant besoin et qui sont utiles, ont besoin d'être canalisées et encadrées afin d'éviter le pire qui risque de gâcher la fête.
En premier lieu, il s'agit de mettre un terme aux agissement des opportunistes et affairistes qui ont mis en place un marché de l'emblème national. A ce propos, c'est la responsabilité des collectivités locales, des organisations de moudjahidine, des enfants de chouhada et de moudjahidine et du ministère des Moudjahidine qui est engagée. C'est dans ce genre de circonstances
que ceux qui se réclament de «la famille révolutionnaire» doivent occuper le terrain non pas pour récupérer les sentiments des jeunes mais pour leur fournir ce symbole tricolore qu'ils réclament. Ces jeunes ont prouvé qu'ils ont l'Algérie au coeur, qu'ils sont attachés à ses symboles et qu'ils veulent juste exprimer cet attachement en portant les couleurs nationales haut et sur le corps.
En second lieu, les villes d'Algérie ne disposant pas de grandes places à même de servir de lieu de ralliement et de regroupement pour exprimer collectivement la joie et faire la fête, il ne reste que les rues comme déversoirs de ces milliers de jeunes et de véhicules.
A ce titre, il est nécessaire que les services concernés, tout en continuant à être compréhensifs comme ils l'ont été, doivent maintenir l'ordre public et empêcher tout débordement de nature à empêcher le fonctionnement normal des différents services économiques, commerciaux,
administratifs et sanitaires. Si les usagers de la voie publique se sont montrés à chaque fois compréhensifs et vont même jusqu'à partager cette joie qui est aussi la leur, il n'en demeure pas moins que les urgences ne doivent pas s'arrêter et que certains véhicules ont besoin de la voie dégagée.
Enfin, les collectivités locales peuvent faire preuve d'imagination et anticiper sur les événements en prévoyant un espace adéquat pouvant accueillir les jeunes fêtards et tous les citoyens qui désirent vivre une ambiance de fête nationale après chaque victoire de l'équipe nationale.
Les responsables communaux peuvent même attirer les citoyens vers ces espaces en installant des écrans géants et des moyens sonores. Jusque-là, ce sont les jeunes dans différents quartiers qui débordent d'imagination en improvisant des datas show pour rêver avec leur équipe.
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